L'entrevue - La sociologue des inégalités

La sociologue Michèle Lamont<br />
Photo: Wissenschaftszentrum Berlin für Sozialforschung La sociologue Michèle Lamont

Michèle Lamont, professeure de sociologie à l'Université Harvard, réalise depuis trois décennies des travaux fondamentaux sur l'inégalité dans les sociétés contemporaines. «Du point de vue de la justice sociale, de la qualité de vie, de l'égalité ou du bonheur même, le Canada obtient toujours de meilleures performances que les États-Unis, dit-elle. Le cas français est plus complexe...»

Les riches s'enrichissent. Les pauvres s'appauvrissent. Et vogue la galère. Les statistiques révélées il y a quelques jours par le Conference Board montrent en plus que l'écart entre ceux d'en haut et ceux d'en bas s'accroît plus rapidement au Canada qu'aux États-Unis. Misère!

La structure des revenus demeure tout de même beaucoup plus inégalitaire de l'autre côté de la frontière, là où la situation se compare dangereusement à celle des années 1920, juste avant la Grande Dépression.

La masse des misérables rassemble maintenant plus de 46 millions d'Américains. Le seuil de pauvreté est pourtant fixé à 22 324 $ par année pour un ménage de quatre personnes. Misère de misère!

«Chaque jour nous ramène de nouvelles données sur l'inégalité», commente la professeure Michèle Lamont, de l'Université Harvard, spécialisée dans l'étude des positionnements sociaux. «Des statistiques viennent tout juste de montrer que le taux de chômage des Noirs américains est deux fois plus élevé que dans le reste de la population. Une de mes étudiantes vient de déposer une thèse sur la mobilité descendante des Noirs. Un collègue sociologue, ici à Harvard, Orlando Patterson, a écrit des ouvrages pour prouver au contraire que tout s'améliore. L'égalité, c'est un très grand sujet de débats.»

Elle-même les alimente depuis trois décennies. Mme Lamont se passionne pour un thème connexe concernant les frontières des groupes sociaux, les interactions et les positionnements au sein des communautés plus ou moins hiérarchisées.

«En tant que Québécois, par exemple, quand on éprouve un sentiment d'injustice ou qu'on fait face à un préjugé, comment réagit-on?, demande-t-elle. Comment s'opère la gestion quotidienne de la stigmatisation? Voilà le genre de questions qui m'occupent. Je les pose surtout en m'intéressant à d'autres groupes, aux communautés noires américaines notamment. Mais mon expérience de Québécoise qui a grandi dans l'Outaouais, dans une famille assez indépendantiste, demeure précieuse.»

Jusqu'à Boston, en passant par Paris


Née à Toronto, Michèle Lamont a été éduquée au Québec. Diplômée en sciences politiques de l'Université d'Ottawa, elle a obtenu son doctorat en sociologie à Paris, au début des années 1980, d'abord sous la direction de Pierre Bourdieu, pape de la discipline à la française, puis sous un autre mentorat. Elle a alors étudié les mutations du «champ intellectuel québécois».

Une bourse postdoctorale l'a ensuite menée aux États-Unis. Elle a commencé par parler du français, enfin, de la philosophie française, aux Américains. «Mon premier article en anglais s'intitulait "How to Become a French Dominant Philosopher: The Case of Jacques Derrida". Je me suis un peu moquée de ce monde, mais je ne voulais pas devenir une spécialiste des intellectuels. Je me suis donc plutôt tournée vers des travaux empiriques pour tester des idées de Bourdieu et les critiquer dans une perspective comparativiste.»

La professeure Lamont a notamment réexaminé de fond en comble la fameuse question bourdieusienne de la constitution des groupes sociaux, des luttes symboliques et de la reproduction des hiérarchies sociales. Dans La Distinction (1979), Pierre Bourdieu analysait par exemple les styles de vie des ouvriers pour comprendre ce qui particularise un groupe, une classe.

Mme Lamont a enrichi et critiqué cette approche dans ses propres travaux, La Dignité des travailleurs (traduit en 2002) ou La Morale et l'Argent: les valeurs des cadres en France et aux États-Unis (traduit en 1995). «Je m'intéresse davantage aux frontières symboliques. Ces frontières sont tracées pour distinguer des groupes, et je m'y intéresse d'une manière inductive, à partir de recherches sur le terrain. Ainsi, Bourdieu présupposait que le snobisme culturel était central dans l'upper middle class française, alors que mes entrevues n'ont rien démontré de semblable.»

Le «plus meilleur» pays du monde

La question des valeurs, de la culture, des idées et des perceptions de soi comme des autres lui permet de déborder de tous bords. Avec son collègue canadien de Harvard Peter Hall, elle a mis en place en 2002, à la demande de l'Institut canadien des études avancées, un groupe d'étude sur les «successful societies», les sociétés qui réussissent le mieux.

«Je n'aime pas l'expression française de sociétés performantes qui prédéfinit les critères de succès. Dans le premier livre sur les questions de santé, nous avons examiné le rôle des répertoires culturels comme tampons dans les systèmes de santé. En épidémiologie, on met beaucoup l'accent sur les individus, leurs intérêts, leurs avantages face aux forces du marché.

«Nous avons plutôt mis en évidence l'importance des communautés de soutien et les structures culturelles qui permettent aux gens de résister à l'aliénation et à la domination. Je crois que mes origines québécoises et ma formation dans les années 1970 me rendent sensible à ces réalités. Lorsqu'on est passés de la période des Nègres blancs d'Amérique à celle d'une affirmation collective positive, ça a fait une grande différence.»

Sa position en porte-à-faux lui permet aussi d'examiner de manière critique ses différentes sociétés d'appartenance, de formation, de vie. Le Canada n'est pas la France, qui n'est pas l'Amérique.

«Quand on regarde les données, évidemment, du point de vue de la justice sociale, de la qualité de vie, de l'égalité ou du bonheur même, le Canada obtient toujours de meilleures performances que les États-Unis. Le cas français est plus complexe: l'idéologie républicaine persiste et continue à s'affirmer même si les groupes minoritaires ne se sentent pas totalement acceptés dans la République. Les jeunes Noirs ou les jeunes Maghrébins veulent être Français, mais ils veulent aussi que la France reconnaisse la couleur de leur peau, les handicaps qui viennent avec cette particularité, leurs défis d'intégration, quoi. Ils ne veulent pas en finir avec le républicanisme, ils veulent le redéfinir.»

Seulement, qui les entendra et qui osera proposer un accommodement raisonnable? «Les politiciens français sont très, très en retard par rapport à la réalité de leur société. Les universitaires français aussi. Ils ont de la difficulté à reconnaître que leur position découle de l'affirmation d'une supériorité française. En tout cas, cette position universaliste ralentit la diffusion d'une position plus favorable à la diversité. Les gens socialisés dans cette croyance en la valeur universelle de la grande culture française, y compris beaucoup d'intellectuels québécois, y compris moi-même, ont du mal à penser le monde autrement. Voyez-vous, même pour les intellectuels, il est difficile de déplacer les repères et les frontières symboliques...»
13 commentaires
  • Jean-Pierre Plourde - Inscrit 26 septembre 2011 06 h 36

    Les Québécois, maintenus de force dans le Canada

    Partie 1:

    Voici ma réponse à ceux qui cherchent une solution à l'identité du Québec dans la Constitution Canadienne.

    La Constitution Canadienne ne nous concerne plus, on en a été rejeté par le rapatriement unilatéral de 1982 par Trudeau.

    Suite à ce rapatriement et l'arrivé de Charest, ce pays a nié notre existence et notre droit à l'égalité entre les provinces en nous en retire le titre:

    1. Il nous oblige à des accommodements raisonnables,
    2. Ces accommodements ont ouvert la porte à l'immigration massive, planifiée, contrôlée et contre nature dans Montréal.
    3. Utilisant le pouvoir qu'on lui a remis (2 mains sur le volant) le gouvernement Charest manipule et manoeuvre l'opinion publique, il nomme quelques Amérindiens amis, puis l'un des dirigeants d'Option canada et président d'une multinationale pour nous représenter dans un traité appelé "approche commune".Dans ce traité le Québec se fait dépouiller de ses territoires et deviennent des Amérindiens sans status, tout en héritant de la tutelle que détient le Canada sur les biens Amérindiens. On cède nos territoires et droits foncier sans tenir compte des conséquence pour les Québécois qui changent de juridiction.
    Notre représentant, nommé par M. Charest, fut également massivement impliqué dans le groupe d'Option Canada pour battre le référendum de 1995, d'où des conflits d'intérêts majeurs contre nous, voir, http://saglacweb.blogspot.com/2007/10/conflits-din

    Québec n'est donc plus une province du Canada mais un territoire fédéral.

    A suivre

  • Jean-Pierre Plourde - Inscrit 26 septembre 2011 06 h 43

    Québec n'est plus une province canadienne, suite.

    Partie 2:

    Charest s'acharne présentement à:

    1. Détruire la Caisse de dépôt, (La seule façon de couvrir une perte de 50 milliards en un an, c'est de vendre à des étrangers l'équivalent de la perte en actifs. Toute autre solution m'apparait tout à fait impossible. On soigne l'image pour donner l'impression d'une bonne gestion.
    Nos pères et grand-pères ont travaillés pendant plus de 50 ans pour construire cette caisse de 150 milliards avec une équipe de gestion reconnue comme l'une des meilleures au monde.
    2. Vendre nos actifs et s'emparer des revenus qu'ils génèrent, c'est ce qui se produit avec l'Hydro-Québecé Il a pris le contrôle de nos territoires en faisant croire aux Montréalais que les régions sont une charge sociale pour eux, voir, http://www.ameriquebec.net/actualites/2008/09/24-m
    3. Il nous crée artificiellement une dette qui deviendra insurmontable, voir, http://www.ameriquebec.net/actualites/2011/04/25/l
    4. Il détruit l'industrie du savoir, notre économie et il contribue sournoisement à détruire notre culture en favorisant la vente de nos firmes d'ingénieurs à des étrangers, voir; http://www.ameriquebec.net/actualites/2010/11/08/e .
    Les centres de décisions se déplacent vers l'étranger, les profits changent de mains. La langue de travail pourra être imposée à nos travailleurs. La présentation des devis en anglais seulement suivra bientôt. Depuis une décennie, la saignée de nos sièges sociaux a atteint 25%, c'est énorme, voir,
    http://www.lesaffaires.com/archives/generale/un-si
    5. Ajoutez à cela les enveloppes de différentes couleurs et le crime organisé, tout s’emboite.

    Suite dans la

  • Jean-Pierre Plourde - Inscrit 26 septembre 2011 06 h 47

    Québec n'est plus une province Canadienne

    Québec n'est plus une province Canadienne, partie 3.
    Conclusion :
    Cessons la discussion sur la Constitution Canadienne, elle ne nous concerne plus depuis 1982.
    En rapatriant la Constitution sans notre consentement, Trudeau nous nous rejette par une stratégie de guerre contre ses citoyens. Le Canada nous considère comme son ennemi et il l'a démontré en 1995 et par l'élection de M. Charest sur de fausses représentations, souvenez-vous du 1 milliard de réductions d'impôt pendant cinq ans...
    On nous dépouiller de nos territoires et de nos actifs. C'est la deuxième déportation massive de citoyens de ce pays. Elle se fait par expropriation au lieu de bateaux, le résultat sera le même pour nous, la disparition dans la honte et la discrimination.

    Notre problème concerne toute la planète.

    Au Québec, les multinationale contrôlent maintenant nos gouvernements par leur financement, puis nos richesses et notre économie. Elles ont contribué à remplacer nos élites locales qui travaillaient pour le bien des populations en fonction de leur culture pour la remplacer par la leur dont il contrôle le financement politique. Le transfert de nos territoires, actifs et richesses dans les mains d’une organisation de dirigeants de multinationales est en cours.
    Cette même organisation contrôle les médias.
    Le Canada a remplacé notre élites politique par la sienne en 2003, il trafique présentement l’économie de tous le Québec en passant le contrôle aux multinationales.
    Le rôle du citoyen est effacé, conditionné par les médias, l’élection devient une façade médiatiquement contrôlée. Les citoyens désinformés sont incités à s’abandonner et à croire que c’est trop compliquer.
    L’enseignement d’une histoire modifiée pour nos enfants est courante.

  • Jean-Pierre Plourde - Inscrit 26 septembre 2011 06 h 49

    Québec n'est plus une province Canadienne

    Les multinationale peuvent profiter au maximum du labeur des populations à leurs profits.
    La loi des mines permet l’expropriation de citoyens sans avis… A chaque entreprise que Charest recrute à l’étranger pour exploiter nos ressources, c’est une parcelle de nos territoires dont il nous retire le contrôle. Le Canada se servira bientôt de ces avantages consentis contre nous auprès de l’ONU afin d’inciter les pays étrangers qui possèdent des « Claims » au Québec à refuser de reconnaître notre droit à la liberté afin de leur permettre d’y conserver les avantages qu’il leur fut concéder.. Pensez-y.

    Terre-Neuve à su y faire avec Abitibi-Consolidated, lorsqu’il à repris les centrales életriques au nom du peuple par ce que la Compagnie ne créait plus d’emplois chez eux. C’était un geste responsable, conforme avec le contrôle et le respect des citoyens habitants son territoire. Pour protéger ses amis, Ottawa à compenser la multinationale à même nos taxes. Le Québec est encore loin d’en arriver là, pourtant il faudra bien mettre le poing sur la table à un moment donné ou accepter de disparaître dans la disgrâce et la honte.
    Apprenons de nos erreurs.

    Citoyens, agissons, il n’est pas trop tard pour comprendre et se prendre en main.

    Le fonctionnement de l’organisation est schématiquement démontrée dans ce texte : http://www.google.com/search?q=vivre libre ou disparaitre + ameriquebec

  • Jean-Pierre Plourde - Inscrit 26 septembre 2011 06 h 50

    Québec n'est plus une province

    Québec n'est plus une province, fin.
    Le jour ou la planète n’aura pas d’autres cultures que l’anglais, le contrôle des richesses, de l’économique et des politiques de la planète sera concentré dans les mains de quelques personnes qui auront droit de vie ou de mort sur l’avenir de tous les humains.

    Les citoyens doivent reprendre le contrôle de leur élite politique de toute urgence et mettre à la porte l’organisation internationale qui se met en place contre les intérêts des citoyens.

    On aura compris cela lorsqu’on aura un maximum de députés souverainistes autant à Québec qu’a Ottawa, peu importe le parti.
    Nos élus devront être suivit par le peuple et avoir les idées claires sur l’affirmation de notre identité et le respect de nos droits comme citoyens faisant partie de la diversité culturelle de la planète ayant le droit international d’en partager les décisions, par exemple, le droit de faire la guerre ou d’y renoncer. Le Canada nous impose de participer à des guerres malgré nous, il l’a fait avec la conscription, contre les Riel et autres, et cela continue avec son implication en Afghanistan. Il a tué de nos citoyens pour nous imposer cet instinct guerrier.

    Bien à vous,

    Jean-Pierre Plourde, Ce texte est tiré de: http://www.saglacweb.blogspot.com