Entrevue - « Heureusement que nous avons les universitaires pour réfléchir... »

Pierre Marc Johnson apprécie tant les Entretiens Jacques-Cartier qu’il a accepté en 2008 de devenir le président du conseil d’administration du Centre Jacques Cartier.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Pierre Marc Johnson apprécie tant les Entretiens Jacques-Cartier qu’il a accepté en 2008 de devenir le président du conseil d’administration du Centre Jacques Cartier.

«Je fréquente les Entretiens Jacques-Cartier depuis au moins 22 ans, rapporte Pierre Marc Johnson. Depuis que j'ai quitté la politique en 1987, j'ai participé à énormément de colloques et d'événements internationaux et je puis vous dire que ces Entretiens ne ressemblent à rien d'autre!»

C'est avec enthousiasme que cet ancien premier ministre du Québec, maintenant avocat-conseil chez Heenan Blaikie, décrit ces rencontres académiques qui rassemblent des chercheurs, des politiciens, des gens d'affaires et des artistes. «Il s'agit de rencontres informelles, dira ainsi Pierre Marc Johnson, et extrêmement stimulantes... J'ai rarement vu quelqu'un de mauvaise humeur au cours des Entretiens! S'il s'agit bien de rencontres académiques au cours desquelles on discute de questions scientifiques de pointe, il y a aussi tout un volet culturel.»

Quelque 400 conférences fort variées


De fait, M. Johnson apprécie tant les Entretiens Jacques-Cartier qu'il a accepté en 2008 de devenir le président du conseil d'administration du Centre Jacques Cartier. «Je me suis lié d'amitié avec Alain Bideau, le fondateur du Centre. Celui-ci m'a demandé, au moment du décès de Raymond Barre, d'accepter de lui succéder (on ne remplace pas un homme tel que Raymond Barre!). Ce n'est pas que j'avais tant de temps à y consacrer, mais j'ai accepté avec grand plaisir!»

À la fois juriste et médecin, Pierre Marc Johnson est reconnu pour son expertise dans les domaines du commerce international, des négociations et des partenariats internationaux ainsi que du droit de l'environnement et du droit de la santé. Il est entre autres négociateur en chef du gouvernement du Québec dans le projet d'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne, ainsi que négociateur en chef du gouvernement du Québec dans le dossier du bois d'oeuvre opposant le Canada et les États-Unis.

«Ce que je trouve intéressant dans les Entretiens, c'est que cet événement réunit jusqu'à près de 800 conférenciers sur des thèmes très variés, poursuit M. Johnson. Il y a par exemple des colloques sur l'urbanisme et le transport, sur des questions qui touchent la culture, les effets de la mondialisation, etc. C'est une rencontre extrêmement stimulante où se tissent également des liens de camaraderie — où les gens se font un plaisir de se retrouver — et même, dans certains cas, des amitiés.»

Thèmes en rafale


C'est ainsi que les 24es Entretiens du Centre Jacques Cartier, qui se dérouleront du 29 septembre au 6 octobre à Montréal, Québec et Ottawa, réuniront 2500 universitaires, décideurs, politiciens, artistes et gens d'affaires issus d'une trentaine de pays des Amériques, de l'Europe et de l'Afrique. Parmi les 29 colloques à l'affiche, on y traitera notamment des nouvelles réalités de l'exploitation des ressources naturelles, de la maladie d'Alzheimer (stratégies gouvernementales et recherche), de l'alimentation et de la santé chez les jeunes, de l'hydroélectricité au coeur de la donne énergétique, des enjeux concernant l'Arctique, de même que de l'aspect «vert» des technologies de l'information, ainsi que de ce que nous réserve l'avenir du transport collectif.

«Concernant l'Arctique, souligne M. Johnson, on parlera des conséquences de la fonte des glaces à la fois pour les collectivités et comme enjeu géostratégique, à partir du moment où le passage du Nord-Ouest sera ouvert. Une autre question de l'heure: les technologies de l'information et des communications (TIC) sont-elles "vertes"? On sait que les TIC consomment énormément d'énergie, et il y aura un colloque au sujet de leurs impacts sur l'environnement. On parlera également de la notion de design dans la renaissance des villes... Pour ma part, je participerai au colloque Ville et savoir, où je ferai le point sur les négociations Canada-Union européenne.»

M. Johnson observe en outre avec joie que les Entretiens «n'ont pas vieilli». C'est-à-dire qu'ils abordent sans cesse des sujets liés à l'actualité, malgré le fait qu'il s'agit avant tout d'es rencontres universitaires. «Nos colloques ne s'inscrivent pas au fil de l'actualité, puisque le monde académique ne vit pas toujours au rythme de la première page des journaux! Heureusement, d'ailleurs, que nous avons les universitaires pour réfléchir...», lance-t-il en riant.

On ne sort pas la politique de...

Retiré de la politique depuis 25 ans, Pierre Marc Johnson mène une existence intense. «Je voyage beaucoup dans le cadre de l'exécution de différents mandats, dit-il. J'ai cependant un peu plus de loisirs que lorsque j'étais en politique et je puis maintenant me consacrer à quelques-unes de mes passions.»

Comme l'un des cinq avocats-conseils chez Heenan Blaikie (au sein d'une équipe qui compte près de 400 avocats), Me Johnson pilote surtout de grands dossiers internationaux. Il a ainsi acquis une vaste expérience en négociations internationales auprès des Nations Unies en matière d'environnement et de développement. Il a entre autres été conseiller auprès de la Commission de coopération environnementale (CCE), alors qu'en 2003 il a joué un rôle semblable dans le cadre de la Conférence des Nations Unies sur la désertification. «Mon travail m'apporte beaucoup de satisfaction, dit-il, et je ne m'ennuie vraiment pas!»

Comme quoi il y a une «vie» après la politique. Néanmoins. M. Johnson s'empresse d'ajouter: «Mais la politique pour moi demeure, avec la médecine d'urgence, la source des plus grandes satisfactions que j'ai connues dans ma vie. Et j'ai beaucoup d'admiration pour les gens qui sont en politique aujourd'hui, parce que je pense que c'est plus difficile que ça ne l'a jamais été!»

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Collaborateur du Devoir
1 commentaire
  • Nelson - Inscrit 22 septembre 2011 20 h 49

    DES SUGESTIONS DE QUESTIONNEMENT POUR LE GROUPE '' ENTRETIENS JACQUES CARTIER''.

    Calculer combien des industries, manufactures, emplois, du Québec, ont été délocalises au cours de derniers 20 ans,

    Combien d'argent en subventions du gouvernement, combien en crédits d'impôts alloués, combien en technologie de nos universités, ont partie avec ces industries délocalisés ,

    Combien en argent de la capitalisation des industries déménagés sont le plus-valeur produits par des travailleurs québécois et appropriées par les industries,

    Est-ce qu'il faudrait faire de la sorte que tous ces sommes soient récupérables avant d'autoriser leur départ ailleurs,

    Et calculer les impacts de tout ça dans la manque des revenus pour L'État, les dettes, les déficits, et les coupures des programmes publiques,

    Que pensent-t-ils, les membres des ''Entretiens Jacques Cartier'', des 14 mesures proposés par le professeur Leopold Lauzon pour régler la dette du Québec,

    Que pensent-t-ils des opinions de Pauline Marois et Bernard Landry dans le sens que le Québec doit recevoir 50% en redevances de l'exploitation de ses ressources miniers et énergétiques,

    Que faire face à la réalité dénoncé par l'économiste Louis Gill, dans son livre ''La crise financière et monétaire mondiale'' :

    '' Du sauvetage des banques par les États au pillage des États et des peuples par les banques '',

    Ainsi que :
    '' De la crise de la dette privé à la crise de la dette publique ''.

    Est-ce qu'il faut (comme pense Louis Gill) nationaliser les banques en faillite des pays du G7, les acheter pour deux fois rien, et mettre le crédit (notre argent) au service des industries et la consommation des ménages (hypothèques, autos, etc).
    En facilitant l'accès au crédit et en neutralisant la spéculation.

    Est-ce que l'argent des québécois dans les banques, la Caisse de Dépôt, etc, devrait financer la recherche et exploitation de nos ressources miniers et énergétiques...et faire profiter à l'ensemble de la population, comme Hydro-Québec, Loto-Québec, S