Un refuge pour aînés abusés

Montréal compte désormais un refuge pour personnes de soixante ans et plus vivant en situation d'abus. Le CSSS Cavendish a en effet officiellement lancé ce centre, ouvert depuis le mois de janvier dernier, hier, à l'occasion de la Journée internationale de sensibilisation aux abus envers les personnes âgées.

Conçu par Sava, qui offre soutien et abri aux aînés victimes d'abus, ce nouveau centre héberge déjà deux aînés, âgés autour de 70 ans, dont l'un a été envoyé par les policiers et l'autre par un travailleur social.

Le refuge de Sava peut ainsi, après analyse des dossiers, héberger un aîné victime d'abus durant 12 semaines, gratuitement. Le centre compte présentement deux places, mais il espère voir essaimer son idée un peu partout au Québec. Car, longtemps tabous, les abus envers les aînés sont bel et bien présents dans notre société, et beaucoup plus courants qu'on le pense, commentaient hier les différents participants au lancement du projet.

Ligne Aide abus aînés


Depuis le lancement de la ligne Aide abus aînés, l'automne dernier, 3400 appels ont été enregistrés, dont 114 demandes de soutien d'intervenants. Alors qu'on enregistrait 20 appels par jour au moment du lancement de la ligne, on compte aujourd'hui 12 appels quotidiens en moyenne. Selon Marguerite Deschamps, gestionnaire de ce projet, environ le tiers des appels proviennent des personnes âgées elles-mêmes, un autre tiers proviennent de proches et le reste provient d'autres membres de l'entourage, des voisins ou des policiers, par exemple.

Selon Mme Deschamps, la nature de l'abus n'est souvent pas dévoilée par la personne qui a recours à la ligne téléphonique. Les intervenants dans ce domaine affirment que les abus envers les personnes âgées sont souvent multiples, c'est-à-dire à la fois financiers et psychologiques par exemple. Selon Mme Deschamps, les abus financiers sont souvent mentionnés par les plaignants.

Selon Mme Deschamps, 60 % des appels reçus à la ligne Aide abus aînés traitent de cas de gens qui vivent encore à la maison, et 20 % environ traitent de cas de gens qui vivent en résidences privées pour personnes âgées.
2 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 17 juin 2011 09 h 40

    Et s'il y avait aussi une ligne Aide abus mourants?

    Ce que je vois et entends depuis quelques dizaines d'années me permettent d'avancer cette hypothèse : des verticaux bien portants imposent des mourirs longs et pénibles, au nom de la Vie et de je ne sais quels dieux.

  • Yvon Bureau - Abonné 17 juin 2011 11 h 57

    Ligne AAA

    Félicitations pour cette ligne.

    Une ligne de solidarité.

    Merci aux personnes qui ont investi tellement d'énergie et de générosité pour l'arrivée de cette Ligne.