Journée nationale des patriotes - Duceppe a passé son tour pour le Gala des patriotes

«Le peuple, uni, jamais ne sera vaincu», ont martelé les manifestants rassemblés hier à l’appel des Jeunes Patriotes devant l’ancienne Prison du Pied-du-Courant sous le pont Jacques-Cartier.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir «Le peuple, uni, jamais ne sera vaincu», ont martelé les manifestants rassemblés hier à l’appel des Jeunes Patriotes devant l’ancienne Prison du Pied-du-Courant sous le pont Jacques-Cartier.

Le chef démissionnaire du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a brillé par son absence hier midi lors du Gala des patriotes, un rendez-vous inscrit à l'encre rouge à l'agenda de la Journée nationale des patriotes des meneurs souverainistes.

Les projecteurs ont illuminé un tant soit peu les lauréats 2011 de cette cérémonie mise sur pied par le Rassemblement pour un pays souverain (RPS): le physicien Pierre Demers, la députée de Pointe-aux-Trembles, Nicole Léger, l'écrivain Louis Hamelin, qui s'est vu décerner le Grand Prix littéraire de La Presse québécoise, et le militant indépendantiste Marius Minier. Mais les regards se sont rapidement tournés vers le siège laissé vacant par M. Duceppe.

Le président du RPS, Bruno Roy, a expliqué que celui qui a, selon lui, défendu bec et ongles les intérêts du Québec à la Chambre des communes passera son tour à l'occasion de cette 7e édition du Gala des patriotes.

«Le 2 mai dernier a laissé des traces difficiles et des blessures à panser. Je n'ai pas insisté en lui parlant. J'ai compris que ce n'était pas encore le moment», a affirmé M. Roy.

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, et l'ancien premier ministre du Québec Bernard Landry, qui étaient tous deux présents, croient que ce revers cuisant asséné au Bloc québécois il y a trois semaines servira à attiser la flamme souverainiste.

«C'est peut-être simplement un électrochoc: après s'être débarrassé des "rouges", des "bleus", on essaie les "orange", pour la dernière fois. Ça peut réveiller le mouvement souverainiste et être porteur d'avenir», a déclaré M. Landry.

«[Il faut] être conscient qu'il y a un poids un peu plus lourd sur mes épaules à moi comme chef du Parti québécois, chef du mouvement souverainiste, mais ce sont tous les souverainistes qui sont interpellés par ce qui s'est passé», a ajouté Mme Marois.

Manifestation

Plus tard, près de 400 personnes s'étaient donné rendez-vous à l'appel des Jeunes Patriotes devant l'ancienne Prison du Pied-du-Courant sous le pont Jacques-Cartier, à Montréal, avant de s'élancer vers le carré Saint-Louis. «Le peuple, uni, jamais ne sera vaincu», martelaient-ils.

«Il faut se souvenir des [...] patriotes qui ont donné leur vie pour la démocratie, pour la lutte contre la corruption politique et l'indépendance du Québec», avait lancé le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Mario Beaulieu, avant le coup d'envoi de la manifestation.

Le comédien Julien Poulin avait pour sa part déclamé le testament politique de Marie-Thomas Chevalier de Lorimier, rédigé le 14 février 1839, soit à la veille de son exécution par pendaison au côté de Charles Hindenlang, Pierre-Rémi Narbonne, Amable Daunais et François Nicolas.

Pas juste une fête d'indépendantistes


L'appellation de ce jour férié du premier lundi précédant le 25 mai a succédé en novembre 2002 aux noms fête de la Reine et fête de Dollard, à la suite d'un décret du Conseil des ministres alors présidé par Bernard Landry.

Les fédéralistes ont tort de manifester leur indifférence à l'égard de cette fête honorant la mémoire des patriotes de 1837-1838, essentiellement soulignée par des indépendantistes, a fait valoir l'historien Éric Bédard sur les ondes de Radio-Canada.

«C'est une fête qui devrait appartenir à tous les Québécois, peu importe leurs allégeances politiques puisque les aspirations des rebelles, les aspirations du parti patriote des années 1830, sont partagées encore aujourd'hui, c'est-à-dire avoir des institutions plus représentatives...», a-t-il souligné.

Il s'agit avant tout de se rappeler «un mouvement de grandes réformes et de changements démocratiques».

La Journée nationale des patriotes offre également l'occasion de s'interroger sur l'état de la démocratie et des institutions politiques au Québec, ainsi que l'avenir de la nation québécoise «dans le contexte de cynisme et de morosité qu'on vit en ce moment», a conclu le professeur agrégé à la Téluq-UQAM.

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Avec La Presse canadienne

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