Québec lance un plan d'action de lutte contre l'homophobie

Québec a annoncé hier le lancement de son plan d'action gouvernemental de lutte contre l'homophobie. «Encore aujourd'hui, nous ne pouvons nier que l'homophobie est présente dans la société, a déclaré le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier. Les mesures que nous annonçons aujourd'hui permettront de prêter main-forte à celles et ceux qui luttent contre l'homophobie et qui combattent quotidiennement les préjugés.» Le gouvernement prévoit pour ce projet un investissement de 7,1 millions de dollars au cours des cinq prochaines années.

Onze ministères se sont engagés dans ce plan comprenant 60 mesures visant à soutenir les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transsexuelles et transgenres (LGBT). Parmi les mesures phares annoncées, deux campagnes nationales de sensibilisation seront menées en 2012 et en 2014. Il y aura aussi 3,6 millions de dollars qui seront dédiés à appuyer les efforts des organismes déjà actifs dans la promotion et la défense des droits des personnes de minorités sexuelles. Autre point fort annoncé, la création à l'UQAM d'une chaire de recherche universitaire sur l'homophobie qui permettra de mener des recherches entre autres sur les causes de l'homophobie et ses incidences sur les individus et leur famille.

Enthousiasme

Ce point a soulevé l'enthousiasme d'Éric Pineault, président de l'organisme Célébrations LGBTA Montréal. «C'est une excellente nouvelle. On a besoin de statistiques pour savoir à quoi on doit faire face», a-t-il dit. Il salue également l'engagement auprès des organismes, mais attend de voir comment l'argent sera distribué sur le terrain.

Pour Laurent McCutcheon, président de la Fondation Émergence, cette annonce est l'aboutissement d'un long processus. «C'est la dernière étape et on arrive enfin avec des mesures concrètes», explique l'homme initiateur de l'idée d'un plan de lutte contre l'homophobie. Depuis une dizaine d'années, il travaille sur ce projet et a participé aux différentes étapes, dont l'élaboration du rapport publié en 2007 sur une stratégie nationale de lutte contre l'homophobie et, en 2009, l'adoption par le gouvernement du Québec d'une politique dans ce domaine. «C'est la première fois que le gouvernement s'engage dans cette voie. Nous sommes contents, car il était primordial d'avoir un engagement et une reconnaissance de l'ensemble des ministères qui ont maintenant une obligation d'intégrer la lutte contre l'homophobie dans leur plan d'action.»

Pour lui, il faudra concentrer les efforts à plusieurs niveaux, dont la famille, l'éducation et le monde du travail. «Il y a aussi le sport, dans lequel l'homosexualité n'est pas admise», a-t-il précisé.

Le plan a également été accueilli favorablement par plusieurs organismes, dont la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ)
2 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 21 mai 2011 09 h 52

    les écoles secondaires

    Savez-vous que des directeurs d'écoles secondaires refusent encore de mettre le numéro de GAi Écoute dans l'Agenda scolaire de peur d'inciter les jeunes à l'homosexualité? Et oui en 2011!!

    Ces directeurs sont indirectement responsables de plusieurs suicide de jeunes homosexuels..

    Le MELS doit se débarasser des directeurs aussi rétrogrades et anti scientifiques..

  • Jean-Léon Laffitte - Inscrit 21 mai 2011 10 h 35

    Respect et Liberté

    Le respect de toute personne, qu'elle soit homosexuelle ou hétérosexuelle est essentielle. Et la liberté de penser, de réfléchir sur les origines de l'homosexualité et sur la promotion de l'homosexualité comme un "bien commun" pour la société l'est tout autant. Si par lutte à l'homophobie on entend la défense de toute critique, de toute réflexion sur la question des changements qu'apportent la redéfinition à l'école et dans la société des orientations sexuelles suggérées aux enfants par exemple, alors les termes de "CENSURE" et "BAILLON" seraient plus justes que l'expression de " lutte à l'homophobie".