Mauvais traitements à Berger Blanc - L'Ordre des vétérinaires pourrait poursuivre la fourrière

La Ville de Montréal n’écarte pas la possibilité de se doter de sa propre fourrière.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La Ville de Montréal n’écarte pas la possibilité de se doter de sa propre fourrière.

L'Ordre des vétérinaires du Québec intentera vraisemblablement des poursuites contre la fourrière Berger Blanc et certains de ses employés qui auraient utilisé des méthodes illégales pour euthanasier des animaux. Au lendemain de la diffusion d'un reportage de Radio-Canada montrant des scènes pénibles de chiens et de chats euthanasiés dans des conditions sordides, le syndic de l'Ordre a passé la journée d'hier dans les locaux de Berger Blanc, afin de recueillir des preuves sur les mauvais traitements qui auraient été infligés à des animaux.

«La situation est illégale, en plus d'être inacceptable, a fait savoir l'Ordre des vétérinaires hier. Le personnel ne porte aucun respect aux animaux et fait preuve d'une extrême cruauté envers les animaux. Les normes de pratique ne sont pas respectées, les méthodes d'euthanasie sont inappropriées, les lieux sont insalubres et les lois et règlements ne sont pas respectés.»

«De plus, de fausses informations sont véhiculées par les dirigeants de la fourrière, ajoute l'Ordre. Un animal ne doit pas agoniser, et un animal paralysé par une euthanasie mal effectuée souffre énormément.»

La visite du syndic

Rappelons que dans le cadre d'un reportage diffusé à l'émission Enquête jeudi soir, à Radio-Canada, un membre de la Société pour la protection des animaux (SPA) Canada a infiltré l'entreprise et a assisté à deux séances d'euthanasie au cours desquelles un employé procède avec désinvolture à des injections intracardiaques pratiquées sur des chiens et des chats. Le reportage montrait aussi que les animaux morts étaient jetés au dépotoir parmi les ordures. Les images de chiens et de chats qui se débattent ou agonisent ont provoqué de nombreuses réactions d'indignation.

Directrice générale de l'Ordre des vétérinaires, Suzie Prince a indiqué hier que l'Ordre menait une enquête depuis plusieurs mois sur les pratiques de Berger Blanc et que des poursuites pourraient être engagées contre l'entreprise. «Tout le bureau du syndic a passé la journée à Berger Blanc avec Anima-Québec pour recueillir des preuves. Le vidéo nous en a donné beaucoup. Nous avons aussi reçu des messages provenant d'anciens employés sur le site Internet. Ça nous donne des éléments pour notre enquête», a-t-elle expliqué.

Indignation

Appuyée par plusieurs personnalités québécoises, parmi lesquelles Georges Laraque, Joëlle Morin, Patricia Tulasne et Jacques Godin, la SPA Canada a réclamé hier la fermeture de Berger Blanc. Elle a aussi demandé que les municipalités cessent de faire affaire avec l'entreprise et se dotent de leurs propres services animaliers, à l'instar de Toronto et de Calgary. «Je suis révoltée [...] de voir que l'argent prélevé de mes taxes sert à subventionner un carnage, un massacre, une extermination massive d'animaux qui sont victimes de la cupidité des uns et de l'irresponsabilité des autres», a lancé la comédienne Joëlle Morin.

Selon Jacques Godin, les autorités devraient adopter des mesures pour exercer une limitation des naissances des animaux de compagnie. Il a suggéré que les villes offrent des services de stérilisation gratuits ou à bas coûts et qu'une réglementation soit adoptée pour obliger les éleveurs à stériliser les animaux avant de les vendre. «On est responsable de toutes ces naissances qui proviennent des usines à chiots, des animaleries et des éleveurs. Ça doit cesser», a fait valoir le comédien.

Plusieurs municipalités québécoises, dont Laval et Terrebonne, et 10 arrondissements montréalais, ont recours à Berger Blanc. Jeudi, le vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Richard Deschamps, avait indiqué que la Ville procéderait à des inspections impromptues plus fréquentes chez Berger Blanc.

Mais Montréal n'écarte pas la possibilité de se doter de sa propre fourrière, a indiqué hier son attaché de presse, Martine Painchaud: «M. Deschamps a dit que tout était sur la table, autant le changement de modèle que les contrats existants avec Berger Blanc.»

Le président de Berger Blanc, Pierre Couture, n'a pas rappelé Le Devoir, mais sur son site Internet, l'entreprise a publié hier une longue lettre ouverte non signée pour accuser les auteurs du reportage d'Enquête de «sensationnalisme» et de «désinformation», leur reprochant de ne s'être attardé qu'à la «faute émise par un employé faible, dépressif, qui surmontait de gros problèmes personnels» sans montrer «les bons soins apportés à nos pensionnaires 24 heures par jour».
2 commentaires
  • France Marcotte - Inscrite 23 avril 2011 08 h 54

    La cause, l'effet, la cause...

    L'Ordre des vétérinaires...
    Chez le vétérinaire, les animaux domestiques sont soignés avec plus de diligence et d'attention que les humains à l'Urgence, c'est bien connu.
    Mais les cliniques vétérinaires sont des entreprises privées et tous les moyens sont bons pour presser le citron au maximum. On ne se gêne pas non plus pour y jouer avec les sentiments des maîtres de pitou minou afin de gonfler outrageusement la facture de soins à la nécessité douteuse et il faut bien s'en remettre "au spécialiste".
    S'il n'en était pas ainsi, si les prix des vétérinaires étaient plus raisonnables, peut-être que moins de gens auraient recours à l'abominable Berger blanc crasseux.
    Puisque les animaux de compagnie sont devenus nécessaires à plusieurs pour combler dans bien des cas une solitude sociale chronique, on pourrait peut-être songer à nationaliser les soins aux animaux?

  • France Marcotte - Inscrite 23 avril 2011 10 h 34

    Hum...

    Mon mot aurait pu avoir plus judicieusement comme titre:
    L'oeuf ou la poule.