Lutte contre la pauvreté - Québec concentre ses efforts sur le logement social, les familles et les aînés

Québec — Dans le domaine social, le gouvernement réitère ses efforts des dernières années dans le logement social, le soutien aux aînés et aux aidants naturels. Or, pour les groupes communautaires, cela ne freine en rien la croissance des inégalités.

Le diagnostic du Collectif pour un Québec sans pauvreté est clair: le budget «tourne le Québec vers un avenir plus pauvre et nettement inégalitaire». Ce groupe de pression montre du doigt l'indexation des droits de scolarité sur la base de 1968 et déplore qu'on n'ait pas fait la même chose pour les prestations d'aide sociale: «Calculées de la même façon, elles auraient dû valoir en 2010 environ 813 $ au lieu des 567 $ que recevaient mensuellement les personnes seules sans contraintes à l'aide sociale la même année. Deux poids, deux mesures...»

Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) n'est guère plus enthousiaste et reproche au budget Bachand d'ajouter 1000 logements de moins que les 3000 par an promis par le gouvernement Charest lors de la campagne de 2008. En attendant, les 2000 logements prévus cette année par le gouvernement représentent une dépense de 8,5 millions sur trois ans.

Le FRAPRU s'inquiète d'emblée de la volonté affichée par le gouvernement de réévaluer le mode de financement du logement social. Le discours du budget signale en effet que la Société d'habitation du Québec «étudiera de nouvelles approches qui pourraient permettre d'améliorer le financement de l'habitation communautaire». En dépit des craintes du FRAPRU, cela se justifierait par la volonté de construire «plus de logements sociaux», selon le discours.

Le groupe de défense des droits des locataires salue en revanche la bonification de l'allocation-logement, qui sera désormais offerte aux personnes en situation de pauvreté dès l'âge de 50 ans au lieu de 55 ans, une bonification qui représente une ponction de 11,4 millions et affecterait 17 000 personnes. À l'exception de cette mesure qui touche les personnes seules et les couples sans enfant, la plupart des efforts du gouvernement en matière sociale visent les aînés et les familles.

Sur le front des garderies, le budget Bachand respecte sa promesse d'ajouter 15 000 nouvelles places à 7 $, mais celles-ci ne seront livrées qu'en 2015. Un bon effort, selon l'Association québécoise des CPE, qui estime toutefois qu'il manquera encore 50 000 places dans le réseau. À cela s'ajoutent des aides à certains organismes communautaires de soutien aux parents (cours prénataux, aide à la grossesse et à l'allaitement, haltes-garderies), mais les investissements sont modestes (1,5 million sur trois ans).

À nouveau cette année, le gouvernement Charest accorde une attention particulière aux aînés en haussant de 11,5 millions les crédits d'impôt aux aidants naturels, qu'on estime désormais à 17 100 personnes au Québec. On a également décidé de soutenir de petits projets, tels la démarche «Municipalité amie des aînés» (1 million de plus sur cinq ans) qui vise à adapter les services municipaux aux populations vieillissantes par la prolongation des feux piétons, par exemple. Les programmes Carrefours d'information pour aînés (2,1 millions sur trois ans) et Maisons des grands-parents (900 000 $ sur trois ans) ont aussi eu droit à une aide accrue.