4e édition de la Grande Dictée Éric-Fournier - «Le frasil fond à vau-l'eau» et autres perles québécoises

Samedi, près de 250 enseignants et étudiants en enseignement ont tenté d’écrire sans faute la Grande Dictée Éric-Fournier, lue par Biz, du groupe Loco Locass. L’exercice vise à accroître la maîtrise du français écrit des participants, mais avant tout à leur donner le goût de toujours la parfaire.<br />
Photo: Francis Bourgouin Samedi, près de 250 enseignants et étudiants en enseignement ont tenté d’écrire sans faute la Grande Dictée Éric-Fournier, lue par Biz, du groupe Loco Locass. L’exercice vise à accroître la maîtrise du français écrit des participants, mais avant tout à leur donner le goût de toujours la parfaire.

Stylo bien en main, quelque 250 enseignants et étudiants en enseignement ont testé leurs connaissances de la langue française en participant samedi à l'UQAM à la 4e édition de la Grande Dictée Éric-Fournier.

«On a battu des records. La salle était pleine. C'était super agréable. Il y avait une excellente ambiance», relate le fondateur de la Dictée Éric-Fournier, Jean-Guillaume Dumont.

C'est un texte de plus de 300 mots truffé d'expressions québécoises de l'étudiante de deuxième cycle Stéphanie Lafortune — qui a été épaulée par un comité de rédaction formé de Sylvie Marcotte et de Mala Bergevin — qu'a lu Biz, de Loco Locass.

«L'idée de Stéphanie Lafortune était excellente. Elle a voulu mettre en valeur non seulement les beautés du Québec, mais aussi les trésors de la langue française qui ont été créés ici», souligne Jean-Guillaume Dumont, qui est également membre du conseil exécutif de l'Association des étudiantes et des étudiants de la faculté des sciences de l'éducation de l'UQAM. Un exemple? En voici un, sucré de surcroît: «Au printemps, lorsque le frasil fond à vau-l'eau dans les ruisseaux dont les orées sont encore tout enneigées, voici déjà venues les parties de sucre, auxquelles tous et toutes sont conviés!» Le «frasil» est une pellicule formée par la glace qui commence à prendre.

«Ce n'est pas quelque chose de ringard, une dictée. Ce n'est pas quelque chose de quétaine et de passéiste. C'est quelque chose qui peut être fait sourire aux lèvres», a fait valoir samedi Biz, qui a aussi animé une conférence intitulée «Pourquoi continuer à parler français en l'an 2000 au Québec?».

La Grande Dictée Éric-Fournier — qui a couronné cette année Anne-Hélène Jutras — vise à accroître la maîtrise du français écrit des participants, mais avant tout à leur donner le goût de toujours la parfaire. «Ce n'est pas un événement qui est axé sur la compétition», explique Jean-Guillaume Dumont.

D'ailleurs, les dictées apparaissent comme un «bon complément» aux outils développés spécifiquement pour réussir le Test de certification en français écrit pour l'enseignement (TECFEE), véritable hantise des aspirants enseignants. «La Dictée Éric-Fournier ne prétend pas préparer au TECFEE. J'ai voulu faire découvrir ce que j'ai moi-même découvert en faisant les dictées de Bernard Pivot, c'est-à-dire redécouvrir les trésors de la langue française tout en retrouvant un plaisir à m'améliorer en français et à enrichir ma culture générale», précise l'étudiant à la maîtrise en éducation de l'UQAM.

À vos stylos

La Grande Dictée, qui honore la mémoire de l'étudiant en enseignement Éric Fournier, décédé subitement il y a quatre ans à l'âge de 22 ans, est accessible sur le site Web www.dictee.ca, à l'instar de plus de 175 autres exercices, dont une série de «dictées de vocabulaire». «Il s'agit de 25 mots de vocabulaire. C'est comme un petit marathon, qui permet de découvrir de nouveaux mots, mais aussi des mots usuels pour lesquels on fait encore des fautes», dit Jean-Guillaume Dumont. «Non seulement on offre le corrigé, mais, en plus, chaque piège orthographique ou grammatical est expliqué. C'est un outil pour apprendre qu'on a voulu développer.»
3 commentaires
  • camelot - Inscrit 7 mars 2011 11 h 31

    Tournure douteuse et faute

    "Au printemps, lorsque le frasil fond à vau-l'eau dans les ruisseaux dont les orées sont encore tout enneigées"

    Il aurait fallu écrire "lorsque le frasil VA à vau-l'eau".

    "dont les orées sont encore TOUTES enneigées".

  • MLA - Inscrit 7 mars 2011 19 h 24

    Camelot

    Allez voir dans votre Multidictionnaire.
    Tout, utilisé comme adverbe au sens de "entièrement, "tout à fait" est invariable, même devant un adjectif féminin.
    Par exemple: "Tu as bu la coupe tout entière."

    L'expression "à vau-l'eau" ne s'utilise pas uniquement avec le verbe aller.
    Fond à vau-l'eau = Fondre au fil du courant.

    La personne qui a conçu cette dictée sait probablement ce qu'elle fait...

  • Dieter Uhlen - Inscrit 8 mars 2011 07 h 45

    encore du boulot !

    bravo pour cette execellente initiative de dictée aux profs et futurs profs ! Ils en ont bien besoin ! ce qui me fait enrager c'est que le test Tecfee est vu comme une épreuve, je cite « extrèmement difficile » avec « des règles de grammaire et d'orthographe compliquées » dixit une des étudiantes interviewvée à Radio-canada ! Dites-moi que je rêve ! ce Tecfee teste les BASES du français.. les BASES !! rien de compliqué là dedans a fortiori pour des profs ou futurs profs !! et ce que tout locuteur devrait savoir au minimum !! le problème est que les élèves et étudiants ne sont pas bilingues comme beaucoup se plaisent à le dire mais ne maîtrisent complètememt ni l'une ni l'autre des langues...au lieu de vouloir implanter l'anglais partout, apprenons leur d'abord à s'exprimer correctement en français plutôt qu'à simplement savoir communiquer et à les noter sur la qualité de leur communication et non sur la qualité de la langue qu'ils emploient !!! on attend d'un prof qu'il en sache quand même un peu plus qu'un simple locuteur lambda ! puisque certaines personnes échouent au test Tecfee plus de 3 fois, on va quand même leur donner leur permis d'enseigner !! pincez-moi je rêve !! je comprends mieux pourquoi mes enfants apprennent le français de travers à l'école de mon quartier !! je suis constamment en train de les reprendre dans leur mauvaises habitudes de langage, inoculées par ces jeunes profs ignorants qui ignorent tout des subtilités de la langue française..et qui truffent leur langage de « genre » « c'est comme » « ça va faire » ou « yon « (pour ils ont) ou qui mélangent les vous et les tu dans une même phrase « passe-moi le sel, s'il vous plaît » m'a demandé mon fils l'autre jour à table !!! bref, c'est bien beau de diplômer à tour de bras, mais les profs n'ont pas la maîtrise de la langue qu'ils enseignent, ils connaissent tout des techniques pédagogiques par contre mais peu de la langue qu'ils devraien