Syndicalisme - Un discours universel

Réginald Harvey Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Du 22 février au 4 mars 2011 s'est tenue à New York la cinquante-cinquième session de la Commission du statut des femmes, sous l'égide de l'ONU. Le thème central de cette rencontre, à laquelle ont participé des représentantes du monde entier, portait sur l'éducation. Louise Mercier, vice-présidente de la FTQ, y était.

Toutes les principales organisations de par le monde, y compris bien sûr les grandes centrales syndicales québécoises, ont pris part à cette session de l'ONU dont le thème était «L'éducation et le travail des femmes»: «Nécessairement, on parle des mêmes sujets un peu partout, on échange sur un accès de qualité à cette éducation pour les femmes dans un cadre de vie où la pauvreté est moins présente; plus celles-ci sont pauvres, plus elles éprouvent des difficultés à envoyer les enfants à l'école. On se rend compte que, dans les pays qui sont moins développés que chez nous, il est difficile d'en arriver à un tel accès.»

Ce vaste échange d'idées entre personnes issues d'horizons multiples fait «le lien entre les problèmes qu'on retrouve un peu partout dans le monde. Même si on vit chez nous de façon plus à l'aise qu'ailleurs, on se rend compte que les femmes font face aux mêmes problèmes: tout tourne toujours autour du travail de celles-ci, de la précarité, de la discrimination, du manque de collaboration et du désengagement des gouvernements. À plus ou moins grande échelle, ce sont les mêmes thèmes qui reviennent et c'est incroyable de voir à quel point les discours se répètent à la grandeur de la planète.»

Sur un plan, le Québec mon-tre tout de même son caractère distinctif: «Il y a une nette différence à cause de notre fameuse loi sur l'équité salariale, que tout le monde réclame. Nous avons le bonheur d'avoir chez nous cette loi, même si elle n'est pas totalement parfaite; il n'en demeure pas moins qu'il est extrêmement important de la garder, car tous les pays aspirent à une telle législation, d'où l'importance de conserver notre Commission sur l'équité, parce que le travail est loin d'être terminé pour son application et pour son maintien; à toutes fins utiles, celle-ci est disparue, de la façon dont le gouvernement en parle, bien qu'il nous ait donné un petit répit avant son transfert définitif dans un autre secteur d'activité.»

Louise Mercier pose le constat que les Québécoises sont en même temps menacées de régression sur plusieurs fronts à la fois dans le contexte de la gouvernance actuelle: «C'est tout à fait le cas. J'ai assisté récemment à la Commission des relations avec les citoyens portant sur l'égalité hommes-femmes; à la suite de quoi, je crois que, s'il n'y a pas de changement de culture, y compris dans notre gouvernement, les femmes subiront un recul majeur, qu'on peut déjà constater.»

Elle dresse un bilan négatif des quatre dernières années: «On s'aperçoit que c'est un problème d'argent. Les budgets n'ont pas suivi les politiques mises de l'avant. On fait des efforts, mais, avec les coupes de Bachand, les femmes écopent à peu près à tous points de vue. En raison des budgets minceurs, on va encore se ramasser avec de la précarité, avec un salaire qui ne sera pas avantageux pour les femmes dans des emplois de service sous-payés. C'est toujours la même chose qui se répète.»

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Collaborateur du Devoir