Fédération autonome de l'enseignement et équité - Toujours en lutte!

Etienne Plamondon Emond Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

En continuant à batailler seule, la FAE a obtenu un gain majeur pour les enseignantes. Depuis décembre, celles-ci ne sont plus pénalisées financièrement lorsqu'elles ont recours à un retrait préventif pendant leur grossesse.

Alors que les grandes centrales du Front commun ont accepté une entente avec le gouvernement, en juin dernier, la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), insatisfaite, a refusé et poursuivi sa lutte. En décembre, après de persévérantes négociations, la FAE a conclu une entente avec le Conseil du trésor, qui a débloqué des sommes «pour mettre fin à l'iniquité que vivaient les enseignantes en retrait préventif», comme l'indique Pierre Saint-Germain, président de la FAE. Il salue au passage la ministre Michelle Courchesne, «qui a été sensible à cette question». Toutes les enseignantes de la province bénéficieront de ce gain. «On n'a pas négocié juste pour nos membres», précise le président de la militante fédération.

Auparavant, de nombreuses enseignantes enceintes, qui devaient se prévaloir d'un retrait préventif pour des raisons de santé, étaient privées de salaire durant la période estivale. «C'étaient des pertes de salaire qui pouvaient aller jusqu'à plusieurs milliers de dollars», se souvient M. Saint-Germain.

Du travail reste tout de même à faire pour atteindre l'équité dans le milieu de l'enseignement. «On pense souvent qu'on a fait des avancées sociales importantes, [mais] des droits des femmes sont constamment remis en question par différentes mesures administratives ou fiscales», car, «en même temps que le gouvernement demande aux profs de s'investir dans la vie démocratique ou dans les processus qui touchent des décisions importantes au niveau de l'école, on ne leur reconnaît pas ce temps pour le faire».

M. Saint-Germain demande donc au gouvernement de prendre des mesures cohérentes pour faciliter la conciliation travail-famille, qui, «convention collective après convention collective», s'inscrit toujours «comme une préoccupation, mais jamais comme une priorité». Du côté de la loi sur l'équité salariale, bien que le rattrapage ait permis une mise à niveau, le président de la FAE considère que, vu l'ampleur des tâches, «l'emploi d'enseignant est un emploi sous-rémunéré en ce moment». L'abolition de la Commission de l'équité salariale, prévue dans le budget Bachand, ne laisse rien présager de mieux.