Communauté juive orthodoxe - Prêtes pour le Québec d'aujourd'hui?

Après avoir enfreint les règles du ministère de l’Éducation, le campus des filles de l’école Belz a redressé la barre depuis quelques années, même si des matières comme la littérature sont plus difficiles à intégrer à son programme. <br />
Photo: François Pesant - Le Devoir Après avoir enfreint les règles du ministère de l’Éducation, le campus des filles de l’école Belz a redressé la barre depuis quelques années, même si des matières comme la littérature sont plus difficiles à intégrer à son programme.

Le campus des filles de l'École Belz, c'est l'école d'Hadassa, l'attachante héroïne du roman du même nom écrit par Myriam Beaudoin, qui y a enseigné le français. En voyant les fillettes sagement assises à leur pupitre, toutes sobrement vêtues de leur uniforme, on reconnaît l'univers discipliné mais coquin dépeint par l'auteure, comme sorti d'une autre époque.

Pourtant, la direction de cet établissement privé subventionné affirme réussir à préparer les jeunes filles pour la vie au Québec au XXIe siècle. «Les filles fonctionnent très bien dans la société, elles ont tout ce qu'il faut», assure Heidi Herzog, directrice du campus Ducharme de l'École Belz. «Elles le sont probablement plus que les garçons.»

Il est vrai que les filles de l'École Belz sont mieux scolarisées, même les rabbins le reconnaissent. Contrairement aux garçons qui, jusqu'à tout récemment, étaient retirés de l'enseignement séculier pour se consacrer — illégalement — aux études juives dès la fin du primaire, les jeunes filles, dont la formation à la vie religieuse est moins importante, sont exposées depuis plus longtemps aux exigences du ministère de l'Éducation (MELS) jusqu'en 5e secondaire.

«Les filles doivent fonctionner dans l'économie domestique, ce qui exige des habiletés en langue et mathématiques, alors que les garçons sont plongés dans un monde un peu éthéré, disons talmudique, qui est très fort sur le raisonnement et la logique, mais qui ne contient pas d'enjeux quotidiens», soutient Pierre Anctil, professeur d'histoire à l'Université d'Ottawa et spécialistes des hassidim.

Combien d'entre elles obtiennent un diplôme d'études secondaires? La direction prétend que c'est au moins 98 % des jeunes filles. «Elles suivent par exemple des cours pour être infirmières ou travailleuses sociales ou en garderie au cégep Marie-Victorin», explique Mme Herzog. Elle-même a étudié en psychologie à l'Université Concordia, mais fait partie d'une minorité.

Un difficile parcours vers la conformité

Si le campus des filles semble aujourd'hui avoir eu plus de facilité à se conformer aux exigences du MELS, force est d'admettre qu'il n'en a pas toujours été ainsi. Certaines enseignantes n'ont pas toujours été qualifiées au sens de la loi et ont longtemps bénéficié — même encore aujourd'hui — d'une tolérance du ministère. Le temps minimal d'enseignement des matières obligatoires n'était pas toujours respecté et les cours d'arts et de géo n'étaient pas enseignés au secondaire. De jeunes filles ont reçu des enseignements en anglais sans toutefois détenir un certificat d'admissibilité et celles qui avaient fait leur primaire au secteur français passaient au secteur anglophone au secondaire, sans être déclarées au ministère.

Mais les temps changent. Récemment, le campus a décidé de se départir de son secteur anglophone au primaire pour n'offrir une formation qu'en français, qui s'étendra progressivement au secondaire. Le matériel est, autant que possible, celui approuvé par le MELS. En littérature, c'est plus difficile, admet Rachel Archibald, directrice du secondaire. «La courte échelle, Jules Vernes, Victor Hugo... Mais on choisit parfois de ne présenter que des extraits», dit-elle en précisant que certains chapitres sont en quelque sorte mis à l'index. «Ceux qui font état de relations, disons qui vont plus loin, entre un garçon et une fille.» Comme quoi les temps changent, mais à leur rythme.
19 commentaires
  • Fr. Delplanque - Inscrit 1 décembre 2010 00 h 44

    Pourquoi des règlements si strictes au Québec?

    À part l'enseignement du français, des maths et des sciences, de quoi se mêlent le MELS sans cesse.

    Est-ce que son programme est si bon que cela.

    Étonnant aussi tous ces gens qui parlent sans cesse de richesse, de métissage, de diversité et qui cherche à supprimer celle-ci!

  • Rodrigue Tremblay - Inscrit 1 décembre 2010 07 h 23

    @delphanque

    Qui parle de métissage?
    Est-ce que les Catalans financent les écoles juives? Les Tibétains? Les Écossais? Les Corses? Les Khurdes?
    Pourquoi un petit peuple (dixit Pauline) comme le nôtre, qui se bat pour sa survie, financerait pareilles écoles complètement archaiques dans notre contexte?

  • Betty Cohen - Inscrit 1 décembre 2010 09 h 18

    Il y a metissage et métissage

    @Tremblay, je ne crois pas que le Québec soit comparable aux Tibétains, ni aux Kurdes.
    Cela dit, je ne comprends pas pourquoi on subventionne des écoles qui ne prônent que la différence. Si on avait cessé de les subventionner, peut-être que ces petites filles seraient moins nombreuses dans ces écoles et qu'elles se seraient intégrées plus facilement ou en tout cas en plus grand nombre. Je parle en tant que Juive moi-même, donc pas de racisme là. Et mon argument vaut pour toutes les minorités qui ne s'intègrent pas.
    Oui à leurs écoles, mais à leurs frais...
    Si on optait résolument pour la laïcité au lieu de laisser les juges décider au cas par cas et selon l'humeur du moment, tout serait beaucoup plus clair, mais pour cela il faut un gouvernement courageux.

  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit 1 décembre 2010 09 h 56

    @ R Tremblay

    Vous oubliez MONSIEUR que le Québec est une province du Canada et que le multiculturalisme est fortement encouragé en ce pays, ne vous en déplaise.

    L'école doit être le reflet des valeurs des parents, et les matière enseignés doivent correspondes au besoin de la société. L'école a deux fonction, le prolongement des choix des parents et la formation des individu pour le marché du travail

    Ou est le mal si des parents transmettent leur valeurs à leurs enfant au niveau des garderies de l'école et à la maison? Si ces valeur ne font pas la promotion de la haine ou de l'illégalité et qu'ils n'imposent pas leurs valeur au autres ou est le problème? Ils feront de bon citoyen qu'il soit religieux Catholique, Musulman ou Juif. Et que l'on paye au privé ou au publique on payera de toute façon et au privé cela nous coute moins cher.

  • Gilles Denis - Inscrit 1 décembre 2010 10 h 21

    Le braves gens n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux.....

    Une société démocratique doit permettre une certaine tolérance mais jusqu'où doit elle aller dans cette tolérance? Les Québécois se perçoivent comme formant une société très tolérante, je les invite à voyager à travers le Canada et les Etats-Unis et ils verront que notre tolérance n'est pas si grande. La Charte Canadienne des droits débute en proclamant la primauté de Dieu et du droit. Devons nous soustraire à la charte la primauté de Dieu? Ou ce Dieu doit il est le Dieu de la majorité et non celui des minorités. . L'intégration est nécessaire au bon fonctionnement d'une société mais de là à l'uniformiser à outrance, il y a toute une marge. La laicité cette religion d'état doit elle devenir obligatoire et hors de ce chemin point de subvention. Comme le dit Brassens dans sa chanson " La mauvais réputation "les braves gens n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux.....