Conférence régionale des élus de Montréal - « La relève, c'est notre oxygène ! »

Chargée de veiller au développement socioéconomique de la région de Montréal, la Conférence régionale des élus (CRÉ) réserve une place de choix à la relève. Les jeunes âgés de 15 à 35 ans sont au nombre d'un demi-million sur ce territoire et, contrairement à la croyance véhiculée, ils s'engagent dans la vie collective.

Tout comme dans les vingt autres régions du Québec où les Conférences régionales des élus (CRÉ) s'appliquent à favoriser l'essor socioéconomique des territoires, la CRÉ de Montréal se charge de remplir ce mandat notamment par la préparation d'un plan de développement quinquennal; celui-ci vient à échéance en 2010 et la conférence déposera d'ici quelques semaines un nouveau plan qui s'étendra jusqu'en 2015: «Notre champ d'action est très large et la loi nous impose, ce dont nous sommes bien contents, de développer notre région en nous assurant de la participation active des jeunes. On axe nos interventions sur la concertation et, à ce sujet, je mentionne que nous avons 400 partenaires actifs et mobilisés avec lesquels on travaille; ils collaborent avec nous sur différents projets», laisse savoir la directrice générale de cet organisme, Marie-Claire Dumas.

Il existe à l'intérieur de la CRÉ un comité autonome des jeunes: «C'est le Forum jeunesse, qui relève du Secrétariat à la jeunesse et qui gère un fonds d'investissement dédié à la mise sur pied de projets régionaux par et pour les jeunes. Dans le forum et à l'intérieur de la conférence, on a plus de 500 groupes jeunesse qui sont mobilisés.» La relève est considérée sous un angle positif par la directrice: «On sait qu'on a une population d'un demi-millio/n de jeunes qui habitent ici et on considère que c'est un atout. Il faut mettre toutes les conditions en place pour s'assurer de leur pleine participation; selon nous, la diversité des âges, c'est une richesse, et ne pas travailler avec cette jeunesse montante, ne pas lui fournir les conditions qui la soutiennent pour construire notre société, cela nous apparaît comme une erreur sur le plan du développement régional.»

La relève répond à l'appel

Mme Dumas considère-t-elle qu'il est difficile de mobiliser cette classe de jeunes? «Pas du tout, répond-elle. Il y a des gens qui rapportent qu'ils ne sont pas engagés et qu'ils sont individualistes; c'est faux. C'est bouillonnant de voir le nombre de ceux-ci qui circulent et qui participent chez nous. On sait qu'ils sont présents dans les réseaux sociaux et on travaille donc avec ceux-ci; ils ne sont pas dans les lieux où les plus âgés, où les vétérans sont habitués d'être, et on se demande: "Comment se fait-il qu'ils ne soient pas là?" Ils sont là autrement et on les retrouve dans les réseaux sociaux; ils sont dans les aventures du mobile, ils sont ouverts sur le monde, ils ont des amis partout sur la planète et ils sont extrêmement vivants. Je me considère comme tellement chanceuse d'être entourée, à la CRÉ, de toute cette mouvance de jeunes-là.»

La conférence occupe une place de choix pour témoigner de leur engagement: «On est une petite organisation, on est souple et on a reçu le mandat d'être ouvert sur l'innovation. On voit passer ces nouveaux courants et on capte, en particulier avec notre Forum jeunesse, toute cette belle mouvance de notre jeunesse; on l'encourage.»

Et, qui plus est, Montréal dispose d'un bassin de jeunes issus de la diversité culturelle. Elle s'en félicite: «Les sujets dont il était question à la commission Bouchard-Taylor font déjà partie intégrante de la vie de ceux-ci. Ils ne sont pas les jeunes du Québec de demain, ils sont ceux du Québec d'aujourd'hui: ils fréquentent des cours d'école où on parle 80 langues, ils vivent la diversité sans la voir et ils sont de réels ambassadeurs pour la construction d'un monde pluriel. Il est important, quand on regarde la relève, de dire qu'elle se trouve là dans cette diversité, qu'elle est très bien formée et qu'elle porte des courants qu'on n'est même pas capable de soupçonner nous-mêmes.»

Un soutien apporté dans plusieurs sphères

La CRÉ fournit à cette relève plusieurs outils qui lui servent au développement de la société: «C'est une occasion de travailler avec celle-ci et on applique cela à la lettre: on se fait les très fervents défenseurs de celle-ci et on la soutient donc à la fois au point de vue politique, artistique et scientifique et sur le plan de l'entrepreneuriat. Outre les interventions du Forum jeunesse, il y a toujours, dans tout ce qu'on fait, un accent qui est mis sur la relève.» Elle donne un exemple de l'aide à apporter: «Je parlais de l'entrepreneuriat et, dans ce domaine, 50 % des entrepreneurs souhaitent prendre leur retraite d'ici huit ans, alors que

70 % des entreprises ne disposent pas d'un plan de relève, ce qui n'a aucun bon sens en matière de développement. On a donc une contribution à apporter pour s'assurer que les jeunes se forment avant que les gens partent.»

Cela dit, Marie-Claire Dumas souligne que ces jeunes-là portent fièrement le dossier de l'environnement à l'avant-plan: «Ce sont eux qui parlent de ces questions-là dès l'école primaire. Nous, on favorise beaucoup leur renforcement envers cette cause et on leur procure des outils pour qu'ils puissent trouver effectivement leur place et s'épanouir là-dedans.» Sur le plan de la science, elle ajoute ceci: «On croit beaucoup que Montréal est une région qui va grandir par le savoir et l'innovation. Il importe de former notre relève et de l'éduquer; il faut que celle-ci soit intéressée aux sciences et aux technologies, ce qui nous apparaît très important. On a toujours dit que l'éducation était notre obsession collective et, en conséquence, on travaille sur les questions de maturité scolaire et de persévérance, on réalise des projets et on fait des mariages entre de jeunes universitaires qui accompagnent des élèves du secondaire pour les encourager à continuer leur trajectoire scolaire. On intervient à différents niveaux d'âge, à partir des tout-petits jusqu'aux 35 ans. La relève, c'est notre oxygène!»

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Collaborateur du Devoir