Les écoliers sont dans la mire des recruteurs des Forces canadiennes

«Bienvenue à bord», clame l’équipe de la frégate NCSM Fredericton qui a jeté l’ancre dans le Vieux-Port de Montréal.<br />
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir «Bienvenue à bord», clame l’équipe de la frégate NCSM Fredericton qui a jeté l’ancre dans le Vieux-Port de Montréal.

Les jeunes écoliers se retrouveront, avec les célébrations du 100e anniversaire de la Marine canadienne, dans la mire des recruteurs des Forces canadiennes, a fait valoir, hier, la coalition contre le recrutement militaire dans les établissements d'enseignement.

Les enfants âgés de 9 à 13 ans sont encouragés, durant les présentations visant à souligner le centenaire, à grossir les rangs des cadets de la Ligue navale, où ils porteront l'uniforme militaire et prendront part à des activités sur des bases militaires, dénonce vertement le regroupement de syndicats enseignants, d'associations étudiantes et d'organismes citoyen formant la coalition.

Les jeunes de 12 à 18 ans sont quant à eux invités à se joindre aux cadets de la Marine royale canadienne, et, ensuite, ils seront incités à s'enrôler dans la force régulière ou la force de réserve.

«L'armée vise clairement à mobiliser les enseignantes et enseignants pour diriger, dès la maternelle, les enfants vers la marine et ses ailes jeunesse que sont les corps de cadets. Jamais nous ne collaborerons à cette initiative d'endoctrinement des jeunes pour la guerre!», s'est exclamée la présidente du Syndicat de l'enseignement de Champlain, Monique Pauzé, qui est décidée à poursuivre la campagne de la CSQ: «Faites l'école, pas la guerre.»

La marine fait appel, cette année, aux enseignants des écoles primaires afin de «faire la promotion de l'engagement militaire dès la maternelle», résume le porte-parole de la coalition Alexandre Vidal. Plus de 45 % des officiers de l'armée régulière britannique étaient dans les cadets, fait-il remarquer, exhortant les Forces canadiennes à faire connaître la proportion d'anciens cadets au sein des troupes.

D'autre part, la coalition déplore que l'équipage de la frégate NCSM Fredericton qui a jeté l'ancre dans le Vieux-Port de Montréal vendredi dernier fasse voir une sélection d'armes utilisées par les soldats au public. «Il y a des soldats en habit de combat qui présentent sur une table des armes, des pistolets, des mitraillettes, puis les jeunes enfants sont invités à manipuler ces armes-là», a affirmé Alexandre Vidal.
2 commentaires
  • YANNICK LEPAGE - Inscrit 30 août 2010 05 h 53

    Les parents auront quand même le dernier mot...

    ...et en tant qu'ex cadet, j'appuie les enseignants et enseignantes au Québec.

    Ces regroupements sont trop locaux et fonctionnent sous l'influence sur les dirigeants en grosse partie.

    Il faut quand même une signature des parents pour le jeune afin de confirmer son inscription. Ces derniers auront le dernier mot!

  • Jean Richard - Abonné 30 août 2010 09 h 40

    Recrutement de cadets : la voie est libre

    Qu'ont en commun la France et le Québec ? Une industrie aéronautique. Qu'offre la France a ses jeunes que le Québec n'offre pas ? Des programmes civils destinés à les attirer vers des carrières aéronautiques, programmes soutenus par l'état, par l'industrie et par les fédérations aéronautiques.
    Des jeunes passionnés d'aviation, il y en aura toujours. Les Forces canadiennes le savent, mais on dirait que l'état civil québécois l'ignore et que l'industrie s'en balance même si les besoins de cette industrie ne sont pas toujours comblés. On laisse donc la porte grande ouverte à nos militaires pour qu'ils viennent recruter nos jeunes.
    La porte d'entrée : les Cadets de l'Air. Les jeunes qu'on y enrôle sont initiés aux valeurs militaires (dont l'environnement et le développement durable ne font surtout pas partie : les riverains des aérodromes de Bromont et de Saint-Jean-sur-Richelieu en savent quelque chose en été). Deux bonbons : le premier, la possibilité d'obtenir une licence de pilote de planeur et le second, l'obtention d'une licence de pilote privé. Pour les jeunes, c'est le début d'un rêve, surtout qu'une grande partie d'entre eux n'ont pas les moyens de s'offrir un tel luxe.
    Bref, aussi longtemps que nous n'aurons pas de programmes incitatifs civils pour orienter les jeunes vers les carrières aéronautiques, les Forces canadiennes auront la partie facile. On pourrait peut-être regarder ce qui se fait ailleurs et parfois s'en inspirer.