Shabbat Shalom!

Le souper du sabbat chez les Wolf, à Montréal. Des visiteurs non juifs y participent régulièrement, et la politique n’y est pas un sujet exclu.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le souper du sabbat chez les Wolf, à Montréal. Des visiteurs non juifs y participent régulièrement, et la politique n’y est pas un sujet exclu.

Rachel Wolf pose sur sa tête une kippa de dentelle et se penche pour allumer les bougies qui consacreront le jour du sabbat. C'est l'une des trois tâches strictement réservées à la femme dans la tradition juive. Tous les convives se souhaitent «Shabbat Shalom», une heureuse fête du sabbat, qui durera jusqu'au lendemain, samedi, à la même heure.

Marocaine d'origine, juive séfarade vivant à Montréal depuis longtemps et mariée à un juif ashkénaze d'origine alsacienne, Rachel Wolf invite régulièrement chez elle des visiteurs qui ne sont pas membres de la communauté juive pour partager le seudah, le repas du sabbat. Mme Wolf, qui travaille aussi pour le groupe Amarrages, spécialisé dans les activités interculturelles à Montréal, y voit une façon de faire mieux connaître la communauté juive aux non-initiés et de combattre l'antisémitisme.

Rachel Wolf ouvre donc les portes de sa belle maison de Circle Road, en compagnie de son mari, le psychiatre Marc-Alain Wolf, qui a participé au livre collectif Le Québec sur le divan, publié chez VLB, et de ses trois enfants, Yael, l'aînée, et les deux plus jeunes, David et Arnaud. Ses trois enfants n'ont pas fréquenté l'école juive, mais ils vont à la synagogue tous les samedis en famille.

La politique n'est pas un sujet exclu de la table des Wolf. David affirme même que c'est un sujet de discussion constant entre les membres de la famille. Seule, l'aînée, Yael, est déjà allée en Israël. «Les autres ne sont pas encore prêts», explique Mme Wolf. Le meilleur ami du plus jeune est originaire d'Iran. «On ne parle pas de politique ensemble», dit-il, même si le sujet n'est pas systématiquement écarté. Selon Marc-Alain Wolf, la très grande majorité des juifs de Montréal qui fréquentent les synagogues sont sionistes, hormis une petite minorité de juifs hassidiques, les Satmar, qui croient que la terre promise doit venir avec le Messie. Les juifs de Montréal témoignent cependant de diverses tendances et de différentes positions critiques envers les politiques du gouvernement d'Israël.

Une communauté très diversifiée

Ce que le discours de Mme Wolf démontre, c'est l'extrême diversité de la communauté juive de Montréal. Aux côtés de groupes de la communauté hassidique ultraorthodoxe, d'autres communautés réunissant des juifs dits libéraux permettent la célébration des offices par des femmes, les rabbines, et consacrent des mariages gais et interreligieux.... Les juifs hassidiques, quant à eux, comptent aussi une communauté de juifs lubavitch, qui fréquentent à Montréal une synagogue de Côte-Saint-Luc. Selon Mme Wolf, ils ne sont pas étrangers au regain d'intérêt qu'aurait la communauté juive de Montréal en général pour la pratique religieuse.

La famille Wolf s'est ralliée quant à elle à une synagogue traditionnelle, la Spanish-Portuguese synagogue, de Côte-Des-Neiges, après avoir fréquenté pendant un certain temps le Temple Emmanuel, qui regroupe des juifs plus libéraux. Évidemment, le fait que le judaïsme soit dépourvu de la hiérarchie qui est propre à l'Église catholique permet une organisation et des orientations plus proches de la base et de chaque communauté.

Chez les Wolf, le jour du sabbat commence donc avec la bénédiction du pain et du vin par le père de la famille. Ce pain, c'est la mère de la maison qui le fabrique, car c'est la deuxième obligation de la femme dans la tradition juive. La troisième est l'abstention des relations sexuelles pendant les menstruations et la purification de son corps par le bain, la mikve, après les menstruations.

«Cette période est prolongée de sept autres jours chez les orthodoxes», précise Mme Wolf, qui ajoute que, dans la religion juive, le mari a l'obligation de faire jouir sa femme, et ce, sous peine de divorce...

Dans la tradition juive, le sabbat est d'ailleurs jour de procréation par excellence. Mais le jour sacré compte également une longue liste d'interdits, comme, en principe, celui d'utiliser l'électricité ou sa voiture. Les commerçants seraient par ailleurs tenus de donner les profits accumulés durant cette période, s'ils sont obligés de faire commerce à ce moment-là.

Rachel Wolf admet pour sa part qu'elle regarde la télévision le samedi et qu'il lui arrive aussi de prendre sa voiture, mais seulement pour mener des activités qui sont conformes à l'esprit du sabbat: visiter des malades, par exemple... Les provisions pour le repas du sabbat ont donc été faites dans les jours précédents de la semaine. Ce qui n'empêche pas le seudah d'être absolument copieux chez les Wolf: soupe ashkénaze, salades variées, poisson, viande et desserts variés.

Viande et poisson

Les juifs ne consomment en principe comme viande que des animaux ruminants (ils considèrent que la rumination les purifie) et qui ont le sabot fendu. Ils tolèrent aussi la volaille. Et ils sont dans l'obligation de manger de la viande et du poisson durant le sabbat. Même les soupes populaires, poursuit Mme Wolf, dispensent des paniers de provisions pour les pauvres dans cette optique. Suivant le passage de la Bible selon laquelle «tu ne mangeras pas le chevreau dans le lait de sa mère», les juifs utilisent souvent de la vaisselle différente, et des cuisines entières différentes dans le cas des plus pratiquants, pour les produits laitiers et pour la viande.

Les treize personnes s'étant inscrites à cette activité d'Amarrages sans frontières font parfaitement honneur au seudah. La famille chante des chants en hébreu. Le lendemain, la famille Wolf poursuivra le sabbat à la Spanish-Portuguese Synagogue, la plus ancienne institution juive du Canada. Elle aurait en effet été fondée en 1768, par un groupe de colons juifs qui se réunissaient jusque-là dans leurs maisons privées. La tradition se poursuit aujourd'hui...
12 commentaires
  • Claude Kamps - Inscrit 29 juin 2010 07 h 44

    Voilà ou le bas blesse

    « Selon Marc-Alain Wolf, la très grande majorité des juifs de Montréal qui fréquentent les synagogues sont sionistes»
    Il faudra m'expliquer pourquoi ces sionistes supportent à grands coups de dons une politique qui assomme les voisins d'Israël et comment justifier ces expansions du territoires à l'encontre de tout accord internationaux sur des terres qui ne leurs appartiennent pas...

    A part de cela tout homme provient d'une femme partout dans le monde....

  • Karina Veitsman - Inscrit 29 juin 2010 09 h 48

    OUIN

    De quelle expension illégale tu parles? La bande de gaza appartenaît à Israël et a été donnée par la suite au peuple palestinien pour alléger le conflit. Peux-tu me nommer un accord internationnel auquel tu fais référence? C'est drôle voir des gens qui ne connaissent rien au conflit prendre position aveugle pour un bord plutôt que pour un autre, le monde n'est pas noir et blanc, il y a plus de profondeur à tous les conflits qui concernent tous les pays du monde. Stop the hate!

  • PierreG - Inscrit 29 juin 2010 12 h 36

    Claude est dans le champs

    Karina a bien raison. Israel a cédé la bande de gaza volontairement sous pression pour alléger le conflit et cela n'a proté aucun fruit bien au contraire. Les terrosites se sont servi de la bande de gaza comme encrage pour attaquer Israel. Les Palestiniens et Israeliens s'entendaient très bien dans la bande de gaza. On demande continuellement à Israel de faire des compromis et lorsqu'ils en fonts cela se tourne contre eux.

    Les propos qu'on entend contre Israel ne sont pas basé sur une comprehension des faits mais plutôt par de la haine pur et simple. La haine ne règle rien!

  • antoine2711 - Inscrit 29 juin 2010 15 h 06

    La mémoire est une faculté qui oublie...

    Dieu que certains ont la mémoire vacillante (ou sélective ?!).

    Les juifs étaient une minorité en Palestine avant 1940. Puis, par la force des fusils, ou par des achats douteux, ils ont expropriés beaucoup d’habitants de cette terre (1 million entre 1945 et 1970... c’est pas négligeable). Sous quel prétexte ?! Que leurs ancêtres habitaient là des centaines d’années avant ?!

    Dans le fond, suivant ce raisonnement, les améridiens seraient encore plus en droit d’expulser tous les habitants issus d’occidentaux de l’Amérique (nord, centrale et sud).

    Mais disons qu’on prend comme référence le choix de l’ONU (Proposition 181) pour la séparation des terres, clairement, les israéliens occupents le territoire des palestiniens. D’ailleurs, à ce propos, voici un extrait intéressant de Wikipedia à ce sujet (les chiffres sont approximatifs, mais donnent un bon ordre de grandeur... le territoire possédé par les futurs Israëliens est passé de 7 % à 60 % !

    « À noter que l’ONU accorda aux sionistes 50 % de plus que le plan Peel de 1937 soit 60 % du territoire alors qu’ils n’avaient jusqu’alors que 7 % de la propriété foncière ; ce territoire comportait de plus 80 % des terres céréalières de la Palestine et 40 % de son industrie. » (2)

    Donc, Gaza pas Gaza, les Israëliens se conduisent comme des occupants, des colonisateurs, ont érigés un mur encore plus odieux que les communistes à Berlin, puisqu’il empiète allègrement encore plus sur les territoires occupés, sépare des villages, séparent les maisons des champs, etc…

    Alors, je suis rempli de haine envers les juifs en disant cela ?! Quand même…

    Référence :
    (1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Conflit_israél
    (2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_de_partage_de_la

  • PierreG - Inscrit 29 juin 2010 15 h 49

    Mémoire sélective

    1- Si je comprends bien les Juifs ont pris de l'expension tandis qu'ils se défendaient contre les Arabes qui avaient initié une guerre contre eux. Les Arabes ont initié plus d'une guerre qu'ils ont perdue mais ils n'ont jamais accepté leurs défaites. À chaque guerre qu'ils initiaient les Arabes perdaient du terrain.
    2- Pour ce qui est du fameux mur comment pouvez-vous oublier tout les martyrs Arabes qui cachaient des bombes sur eux et les faisaient sauter dans les lieux publiques. Le murs étaient et continue d'être la seule solution viable pour se protéger contre les extrémistes.
    Le problème n'est pas les Arabes. J'en connais et nous avons de très belles relations.

    Le problème ce sont les extrémistes qui cherchent à éliminer les Juifs. Il serait dans notre intérêt d'aider les Juifs à se défendre contre ces extrémistes au lieu de défendre les extrémistes. Si ont pouvaient libérer les Palestiniens contre les extrémistes ce serait encore mieux.