Montréal, «négligée» et «autocentrique»

Montréal, une ville qui «commence à changer».
Photo: Olivier Zuida - Le Devoir Montréal, une ville qui «commence à changer».

Montréal stagne au 19e rang du palmarès des meilleures villes où habiter à travers le monde du magazine britannique Monocle. La métropole est «négligée» et «autocentrique», jugent les auteurs.

Montréal demeure à la même position que l'an dernier, quoique trois rangs plus loin qu'en 2008. Le magazine londonien souligne le succès du système de vélos en libre-service Bixi, les projets d'architecture et le plan de réduction des matières résiduelles de la ville. Le Quartier des spectacles ravit les auteurs, qui le qualifient de «développement clé».

Le maigre pourcentage du territoire dédié aux espaces verts — 3,3 % — déplaît toutefois aux évaluateurs. Ils estiment également que Montréal doit faire plus pour «stimuler l'entrepreneuriat», puisqu'on y démarre beaucoup moins d'entreprises qu'à Vancouver ou Toronto.

Côté urbanisme, la ville est trop longtemps demeurée immobile, ajoutent les auteurs. Elle «commence à changer» avec ses sections piétonnières et le développement de ses pistes cyclables. «On n'y manque pourtant pas d'idées créatives: les politiciens doivent simplement commencer à les écouter et à les utiliser», est-il écrit dans l'édition de juillet-août du magazine.

Monocle termine la portion sur Montréal en donnant sa bénédiction au projet de tramway envisagé par l'administration du maire Gérald Tremblay. «Les trams pourraient mettre cette ville [...] sur les rails en direction du haut du palmarès.»

Au Canada, seule Vancouver se retrouve également parmi les 25 villes sélectionnées, décrochant le 16e rang. La ville a toutefois reculé de deux positions depuis 2009. L'équipe de Monocle prescrit un vaste ménage postolympique et plus de trains vers les banlieues pour améliorer la qualité de vie des citoyens.

La première place va cette année à Munich, en Allemagne. On apprécie entre autres la proximité de la nature, ses médias, ses boutiques fermées le dimanche et son programme d'intégration des immigrants.

Le classement de Monocle, qui en est à sa quatrième année, n'a rien de scientifique et a tout d'une évaluation subjective. La présence de chaînes comme Starbuck's et Zara (38 et 2 pour Montréal contre 146 et 1 pour Vancouver) module par exemple les notes à la baisse. Les heures d'ensoleillement, le nombre de cinémas et le taux de criminalité sont d'autres facteurs en jeu.