Des millions d'animaux meurent avant d'atteindre l'abattoir au Canada

Entassés sur de trop longues distances ou par de trop grands froids, de deux à trois millions d’animaux d’élevage arrivent morts à l’abattoir au Canada, selon la World Society for Protection of Animals.
Photo: Agence France-Presse (photo) Frederic J. Brown Entassés sur de trop longues distances ou par de trop grands froids, de deux à trois millions d’animaux d’élevage arrivent morts à l’abattoir au Canada, selon la World Society for Protection of Animals.

De la ferme à l'assiette, la route est parfois très longue pour les animaux d'élevage au pays. De deux à trois millions d'entre eux arrivent en effet déjà morts à l'abattoir alors que des milliers d'autres débarquent des camions de transport malades ou blessés, selon une analyse des rapports de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) effectuée par la World Society for Protection of Animals (WSPA). Le groupe de pression dénonce au passage un cadre réglementaire moins strict qu'aux États-Unis et en Europe et appelle du coup les autorités fédérales à le resserrer.

Pour arriver à ce portrait, la WSPA a passé au crible des centaines de documents produits par l'agence fédérale entre octobre 2008 et janvier 2009 et obtenus par l'entremise de la Loi d'accès à l'information. L'analyse a été amorcée dans la foulée de la crise de la listériose, qui a frappé la chaîne alimentaire canadienne il y a deux ans, tuant 22 personnes au pays.

Sur cette base, l'organisme qui milite contre la cruauté envers les animaux estime à deux ou trois millions le nombre de bêtes qui perdent la vie durant le transport entre la ferme et l'abattoir. Les poulets et les dindes sont les plus touchés, principalement en hiver lorsque les températures chutent rapidement, peut-on lire dans un rapport de 40 pages que la WSPA vient de dévoiler. Des durées de transport accrues, pouvant atteindre 20 heures dans le pire des cas, tout comme une surpopulation des animaux dans les camions de transport sont montrées du doigt.

«Pour différentes raisons — le manque d'inspecteurs et de vétérinaires, des carences dans la formation des employés, mais aussi la pression du milieu pour fermer les yeux sur les violations et le non-respect des règlements — le bien-être des animaux de ferme est relégué au second plan, peut-on lire. Cela peut et doit changer», ajoute la WSPA, qui appelle l'agence fédérale à considérer autrement ses responsabilités en la matière, en augmentant le nombre d'inspecteurs et le nombre d'inspections. Entre autres.

Le groupe demande aussi que les amendes pour les infractions en matière de transport d'animaux soient augmentées afin de forcer de meilleurs comportements dans l'industrie de l'abattage, et ce, partout au pays. Incriminée par l'analyse, l'agence n'a pas pour le moment commenté les grandes lignes du rapport. Il n'a pas été possible de parler à un de ses porte-parole hier.
1 commentaire
  • André Julien - Inscrit 12 juin 2010 21 h 44

    Transport des animaux

    Le transport par rail des animaux était supérieur à tous les points de vue. Le rythme du voyage était plus lent, le mouvements causé par les aléas de la circulation était moins important sur les rails. Du personnel voyageaient avec les bêtes pour les nourrir, les faire boire. Chacune des bêtes avaient plus d'espace.
    Il ne fait aucun doute dans mon esprit la vitesse, les coûts sont la cause de l'abandon de ce mode de transport.
    La solution est de rapprocher l'élevage près des consommateurs pour diminuer le temps de transport. Pourquoi la situation va perdurer ? Le prix du transport de la nourriture pour les bêtes est trop important. Tout ce que j'ai écrit repose sur des voeux pieux alors que l'agriculture, l'élevage sont des commerces non pas pour rendre la vie des animaux moins cruelle. mais pour faire de l'argent. Rien d'autre.
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