Incendies de forêt - Les pompiers resteront en alerte

Les incendies de forêt tiendront en alerte les pompiers encore ce week-end, alors que des vents pourraient alimenter les brasiers qui ont déjà ravagé 400 000 hectares.

Une soixantaine d'incendies faisaient rage hier soir, dont 13 étaient hors de contrôle. À La Tuque, le porte-parole de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU), Marcel Trudel, a indiqué que son équipe s'attendait à une journée plus difficile aujourd'hui, avec vents soufflant à 30 km/h.

Le secteur le plus touché comprend un large corridor est-ouest, de La Tuque jusqu'au réservoir Gouin et Val-d'Or. Des évacuations ont eu lieu dans quatre communautés de Haute-Mauricie. Évacuée, la communauté de Wematoci compose avec un contexte difficile et le chef Simon Coo-Coo a souhaité que les autorités déclarent son territoire «zone sinistrée».

Mais il faudra prévoir plusieurs jours avant de venir à bout du feu dans le secteur du territoire autochtone, qui vient de recevoir l'appui de pompiers venant du Maine.

Par ailleurs, près de la moitié de la communauté de Manawan, soit un peu plus d'un millier de personnes, a été évacuée vers Joliette.

À Obedjiwan, une centaine de citoyens, surtout des personnes ayant des problèmes de santé, ont aussi été évacués. À Parent, une quinzaine de citoyens souffrant de la fumée ont également été évacuées.

Des renforts sont d'ailleurs arrivés hier d'autres provinces et d'États de la Nouvelle-Angleterre. On estime que mille sapeurs-pompiers travaillent à éteindre les brasiers.

Après la pluie...


Selon le chercheur au Centre de foresterie des Laurentides Martin Girardin, ces incendies impressionnent entre autres parce qu'ils se sont faits plus rares dans la forêt boréale ces dernières décennies. «En 1910-1920, 22 % de la forêt en Abitibi a brûlé. On n'a pas vu ça depuis», rappelle ce spécialiste de l'historique des incendies, qu'il reconstitue à l'aide des informations contenues dans les cernes de croissance des arbres. Alors que les périodes de sécheresse extrême sont de plus en plus fréquentes depuis 100 ans au nord, dans la taïga, la forêt boréale a plutôt essuyé davantage de précipitations dans la même période, révèle une étude qu'il a publiée en 2009.

«Depuis deux ans, il pleuvait beaucoup et la SOPFEU n'avait pas beaucoup de travail», contrairement à ce qu'on observe cette année, dit le chercheur. «Les feux, c'est en dents de scie d'une année à l'autre», souligne-t-il. Mais des années aussi dévastatrices que 1910-1920 sont à craindre. Car «même avec des prévisions de réchauffement climatique optimistes, les modèles climatiques l'anticipent».

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Avec La Presse canadienne