Les mieux rémunérés au Québec ne sont plus ceux que l'on croit

La majorité des Québécois ignorent que les francophones touchent maintenant des revenus d'emploi supérieurs à ceux de leurs concitoyens anglophones, indique un sondage Léger Marketing réalisé fin mars pour le compte de l'Association des études canadiennes et du Quebec Community Groups Network.

Seulement 2,9 % des Québécois sont au courant de cette nouvelle situation; la proportion des Québécois francophones qui le savent serait encore plus faible, soit 0,5 %, selon l'enquête, qui précise qu'un peu plus du tiers de la population (34,7 %) pense que les anglophones continuent à gagner plus, que 30 % pense que les revenus des uns et des autres s'équivalent et que 31,6 % avoue son ignorance sur la question.

Le directeur général de l'Association des études canadiennes, Jack Jedwab, s'est dit étonné d'apprendre qu'aussi peu de Québécois francophones savent qu'ils occupent, dans l'ensemble, des emplois mieux rémunérés que les locuteurs de l'anglais, selon les chiffres du dernier recensement fédéral. Celui-ci établit à 26 388 $ et 24 617 $ respectivement le revenu d'emploi médian pour les deux groupes.

«Historiquement, il y a une perception voulant que les anglophones soient relativement à l'aise au Québec, a expliqué hier M. Jedwab. On n'a pas une vue d'ensemble de la réalité, qui a évolué depuis 50 ans. Dans les années 50, les anglophones gagnaient plus que les francophones parce que la langue anglaise était le moteur de l'économie.»

Selon le recensement de 2006, seuls les Anglo-Québécois de plus de 45 ans ont touché des revenus d'emploi supérieurs à ceux des francophones en 2005. Ces derniers ont gagné davantage que les anglophones dans toutes les régions du Québec, à l'exception de la municipalité de Hampstead, établissent les enquêteurs de Léger marketing après analyse des données de ce recensement.

La perception selon laquelle les anglophones occupent des emplois mieux rémunérés prévaut dans toutes les régions du Québec, quoique le pourcentage de réponses contraires soit un peu plus fort dans la partie ouest du territoire.

Plus les répondants sont instruits, plus ils ont tendance à penser que les anglophones occupent les meilleurs emplois, les détenteurs de doctorats faisant toutefois exception à cette règle. D'autre part, plus les personnes interrogées ont de bons revenus, plus elles ont tendance à croire que ce ne sont pas elles, mais les anglophones, qui sont les grands gagnants au jeu de l'économie.
2 commentaires
  • Claude Salois - Abonné 3 mai 2010 11 h 11

    Quels anglophones?

    Je serais curieux de savoir si les "anglophones plus pauvres" de ce sondage correspondent à la classe antérieure des "anglophones plus riches" ou si le groupe actuel contient une bonne part de nouveaux immigrants qui ne s'intègrent pas aussi bien au marché du travail "payant".

  • Rodrigue Guimont - Abonnée 7 juin 2010 09 h 07

    Faux. Le recensement de 2006 le confirme : per capita, nos Anglos gagnent toujours plus


    « Jack Jedwab n’a pas son pareil quand ça vient à culpabiliser les francophones. Le soir du référendum de 1995, on l’a immédiatement entendu sur les ondes de Radio-Canada donner au discours de Parizeau le spin que l’on sait.
    Nos médias se contentent trop souvent de servir de courroie de transmission aux élucubrations de cet effronté. Financé jusqu’au trognon par Patrimoine canadien, Jedwab n’a de cesse de déstabiliser la majorité québécoise à coups d’enquêtes de l’organisme fantoche qu’il dirige, son Association for Canadian Studies/Association d’études canadiennes.

    Jumping Jack rides again! « Les mieux rémunérés au Québec ne sont plus ceux que l’on croit », titrait Le Devoir du 3 mai dernier. En sous-titre : « Les Québécois l’ignorent, mais les francophones touchent maintenant des revenus d’emploi supérieurs à ceux des anglophones ».

    Faux. Le recensement de 2006 le confirme : per capita, nos Anglos gagnent toujours plus.
    Le Devoir fait néanmoins une confiance aveugle à une enquête que Jedwab et le Quebec Community Groups Network ont commandée à Léger Marketing. Jumping Jack et Christian Bourque, vice-président de Léger Marketing, en ont cosigné l’analyse qui porte un titre aussi croche qu’accrocheur : « Busting the Myth that Quebec Anglophones Earn More than Francophones ».
    Charles Castonguay, L’Aut’Journal, 7 juin 2010