Mont Orford: Québec recule

Le président de la Coopérative de solidarité du Mont-Orford, Bertrand Larivée, photographié au pied du mont Orford, hier. L’organisme pourrait faire une offre pour acquérir la station touristique. Québec veut se défaire de tous les équipements récréatifs, mais restera propriétaire des terrains.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le président de la Coopérative de solidarité du Mont-Orford, Bertrand Larivée, photographié au pied du mont Orford, hier. L’organisme pourrait faire une offre pour acquérir la station touristique. Québec veut se défaire de tous les équipements récréatifs, mais restera propriétaire des terrains.

La saga du parc du Mont-Orford pourrait se rapprocher de son épilogue avec le dépôt hier à l'Assemblée nationale du projet de loi 90 qui prévoit la réintégration des 459 hectares expropriés en 2006 pour y implanter un important complexe immobilier et hôtelier au profit d'un promoteur privé.

Mais le projet de loi 90 indique que Québec n'a toujours pas l'intention de gérer la station de ski ou d'en confier la gestion à la Société des établissements de plein air (SEPAQ), qui assume présentement cette responsabilité à titre transitoire.

En effet, le projet de loi prévoit que les équipements du centre de ski et du golf sis sur les terrains expropriés en 2006 vont faire l'objet d'un appel d'offres pour leur trouver acquéreur. Si Québec est décidé à vendre tous les équipements récréatifs en place, il entend conserver la propriété des terrains. Ces derniers vont se retrouver par la suite sous l'autorité entière de la Loi sur les parcs, ce qui n'empêchera pas Québec d'accéder à certains accommodements aux promoteurs immobiliers qui veulent s'implanter aux limites du parc et qui demandent de pouvoir être reliés à la station de ski par des gondoles qui survoleront les terrains publics.

Les conditions de cet appel d'offres ont d'ailleurs été rendues publiques hier. L'éventuel propriétaire des équipements récréatifs devra verser une caution de 4 millions pour garantir à Québec qu'il assumera la gérance du site pendant au moins cinq ans. Il n'a pas été possible de savoir hier si cette condition risquait de disqualifier la Coopérative de solidarité du Mont-Orford, qui jouit d'un important appui dans la population et auprès de nombreux élus.

Le projet de loi 90 prévoit par ailleurs que si aucun acheteur n'est trouvé, la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, devra procéder au «démantèlement de ces équipements de même que des bâtiments» qu'elle jugera à propos de démolir.

En entrevue au Devoir, la ministre Beauchamp, qui a déposé hier le projet de loi 90 avant de filer annoncer la réintégration des terrains à Magog, a expliqué que plusieurs élus de la région planchent présentement sur un plan de soutien afin d'inciter un éventuel acheteur à relever le défi de maintenir la station et le golf en activité. Si les acteurs économiques et politiques de la région arrivent à s'entendre sur ce plan de soutien, a-t-elle précisé, les balises de cette entente pourraient faire l'objet d'un projet de loi privé d'autant plus important que les deux équipements récréatifs sont à la fois un pôle d'attraction touristique majeur et une source de 500 emplois directs et indirects d'une valeur de 20 millions par an.


Encore de l'inquiétude

Du côté de la coalition SOS parc Orford, qui se bat depuis plus de quatre ans pour la réintégration complète des centaines d'hectares retirés du parc du Mont-Orford, on n'est pas complètement rassuré par l'annonce de la ministre. On fera le point aujourd'hui en conférence de presse.

Mélanie Desrochers, porte-parole de Nature Québec et membre de la coalition, estimait qu'il serait toujours «possible de nuire à l'intégrité écologique du parc».

Mme Desrochers est particulièrement inquiète de voir l'établissement de «chaises d'accommodement» qui relieraient la station de ski à d'éventuels projets immobiliers par des gondoles. En conférence de presse hier, la ministre Beauchamp s'est d'ailleurs dite ouverte à l'implantation de tels liens.

Les inquiétudes de Nature Québec se fondent sur une recommandation du comité de parrainage mis sur pied par la MRC de Memphrémagog pour assurer la survie des installations. Ce comité avait dit en février 2009 que la relance passait par l'implantation, en périphérie, de deux «projets immobiliers majeurs» reliés à la station touristique.

Ceux-ci seraient situés sur les côtés ouest et sud de la montagne. L'un est proposé par l'ancien président-directeur général de la station, André L'Espérance, et l'autre, par l'entreprise Vertendre. D'un côté, une cinquantaine de condos construits d'ici 2013 et dont le prix oscillerait entre 210 000 $ et 250 000 $. De l'autre, 75 unités bâties sur une période de 15 à 20 ans.

Hier, la mairesse de Magog, Vicki May Hamm, a d'ailleurs affirmé au Devoir que la possibilité d'implanter des «chaises d'accommodement» est «essentielle pour tout futur acquéreur». Elle compte défendre cette option en commission parlementaire.

Reste la caution de 4 millions, qui pourrait compliquer la recherche d'un acquéreur, ce que le plan de soutien en conception pourrait toutefois résoudre en partie.

Le président de la Coopérative du Mont-Orford, Bertrand Larivée, a déclaré pour sa part qu'il étudiera d'abord l'appel d'offres avant de se prononcer sur la possibilité de faire une proposition d'acquisition de la station touristique.
6 commentaires
  • Gilles Bousquet - Inscrit 24 mars 2010 08 h 58

    À reculons, évidemment !

    Bip, bip, bip, attention en arrière notre très provincial gouvernement, a les 2 mains sur le volant, dangereusement...danger d'écrasement du Québécois cocu content depuis longtemps en votant ou en s'abstenant.

  • Fernand Trudel - Inscrit 24 mars 2010 09 h 15

    SOS Orford devra sortir ses $$$

    C'est beau les organismes de sauvegarde mais encoire il faut des sous pour faire marcher les équipements existants. SOS Orford a réussi à sortir l'opérateurs privé pour en faire un parc public. Bravo maiontenant que vous êtes sous la coupole des impôts de tous, ne demandez plus rien, les poches sont vides...

    C'est au tour de l'organisme SOS Orford de sortir ses sous pour sauver ce qui existe. Sinon, ils devront se résigner à aller à la case départ de 2006 et permettre la construction de condos au pied de la pente de ski afin qu'un exploitant privé soit intéressé à ramasser vos dégats qui nous ont coûté plusieurs dizaines de millions.

  • Fernand Trudel - Inscrit 24 mars 2010 09 h 22

    Bousquet parle les mains dans mes poches

    Ce dossier a nécessité des dizaines de millions du gouvernement pour se ramasser à la case départ.

    Quel hàgâchis et Bousqueràt en rajoute. Ce sont pourtant ces gens gauchistes comme Bousquet qui ont réclamé la turàtelle gouvernementale pour opérer un centre de villégiature pour le golf et le ski. Il est temps que le gouvernement se retire d'opérations dont il n'a pas de compétence et qu'il retourne le tout aux exploitants privés qui n'engageront sûrement pas Gilles Bousquet. Évidemment comme en 2006, on a perdu quatre ans, le futur exploitant exigera la construction de condos au pied de la pente pour rentabiliser le tout car ce sont deux activités saisonnières. Ah les grandes envolées dogn^matiques de la gogaucjhe, ça coûte un bras...

    C'est beau parler Monsieur Bousquet surtout quand vous avez les mains dans mes poches...

  • P. Boutet - Inscrit 24 mars 2010 17 h 44

    Monsieur Trudel

    Le gouvernement n'avait qu'à consulter Wikipedia pour comprendre que les parcs n'ont pas été créés pour enrichir les poches du privé en détruisant le patrimoine naturel. Le gouvernement est l'artisan de son propre malheur et ce sont les écologistes qui avaient raison:

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Parcs_nationaux_du_Qu

    Les parcs nationaux du Québec sont des aires protégées qui on été créées dans le but de protéger des territoires représentatifs des régions naturelles du Québec ou des site à caractère exceptionnel tout en les rendant accessible au public pour des fin d'éducation ou de récréations extensives. Il y en en date de 2010 au Québec 24 parcs nationaux et un parc marin qui protègent 12 000 km2, soit 0,73 % du territoire de la province. Ils sont pour la plupart administrés par la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ) à l'exception de deux parcs administrés par Parcs Nunavik.

    Dans le but de renforcer la protection dans ses parcs et de respecter les critères[3] de l'Union internationale pour la conservation de la nature pour les aires protégée, le gouvernement légiféra en 1977 avec la loi sur les parc. Celle-ci divisa les parcs en deux catégorie: les parcs de conservation, privilégiant la protection du territoire naturel et les parcs de récréation, qui permettait l'installation d'équipement de récréation intensive.

    C'est à partir de 1999 que la Société d'établissement du plein-air au Québec (Sépaq) se vit octroyer le mandat de gérer tout les parc du Québec. En 2001, le gouvernement changea le statut des parcs de récréation et de conservation sous un seul statut, celui de parcs nationaux. Ce changement a eu pour but de renforcer le volet de conservation des parcs.

  • Stepheinstein - Inscrit 24 mars 2010 21 h 29

    Un autre vieux dossier qui revient hanter John James Charest.

    Ah John James, regarde loin devant en faisant du reculon avec to 'poids' lourd.

    T'as toujours été un grand tacticien pour le dévéloppement économique du Québec, même si t'as pas de diplôme en écoco-nono-mie ou en m-m-mar-ke-ke-t-t-ting! Il s'agit de penser comme ton maître Pti-Paul et le tour est joué!

    Je suis content comme ex-Sherbrookois que cette entourloupe pour 'i am the sky' échoue. Mais ne crions pas victoire trop vite. La protège-PM qui est Lyne Beauchamps va d'un coup de force à un autre avec ce projet de loi 90. Nions les échecs passés pour mieux en faire de le proche avenir.

    Il ne faut surtout pas protéger les parcs ici au Québec. Il faut surtout en profiter. Et les intermédiaires s'en mettrons encore pleins les poches! Qu'il y ai succès de l'opération ou non.

    Je suis échoeuré de ce premier ministre hautain de Westmount. Les accomodements obsessionnels envers les Juifs orthodoxes (follow the money), la mauvaise foi envers les employés dans la santé, le projet de loi sur le semi-laïcisme (avec le respect de l'inter-culturalisme avec ça oui monsieur) des services publiques, l'obstination de ne pas enquêter (commission d'enquête) sur les tours de passes-passes dans la construction (conflit d'intérêt des libéraux?!), jouer la vierge offencée envers les soupsons de son ex-ministre Marc Bellemare (refus d'une commission d'enquête publique sur un possible dénonciateur), salaire extra de 75.000$/an du partie au PM depuis les 12 deernières années pour aider a se payer son chateau de Westmount et faire partie du club des 'i am the sky'.

    Avec cette dernière péripécie sur le chapitre Orford créé de toute pièces par John James Charest est ses sbires au $$$ sur le frond, ça sent véritablement mauvais.

    John James, je sais qu'une des grande motivation de ta venue en politique québécoise et les motivations de tes bayeurs de fonds (Pti-Paul) est que tu puisse être la garantie vivante que le Québec ne se séparera jamais de Canada quoi que cela en coûte. La délibération consciente de la population (chut, c'est entre nous deux: on s'en ...). Le Québec est enfin une province comme les autres! T'es content là? Sur ce point, avec une très légère admiration crapuleuse, t'as réussi.

    Mais maintenant, le prix à la démocratie Québécoise et la dislocation de ses forces vives économiques se font sentir.

    C'est ça le prix à payer pour conserver la 'jack strap plein de marde' contre les méchants séparatistes psychotiques! Une très belle montagne sacrifié et dechiqueté a coups de lois stupides.

    Merci, monsieur le très honorable premier ministre John James Charest! 'JE SUIS PRÊT' pour te contester jusqu'aux prochaines élection.