Stress post-traumatique et problèmes psychologiques - Des militaires poursuivent les Forces armées

Québec — Les Forces armées canadiennes devront faire face à la plus importante poursuite en justice de leur histoire. Un groupe de soldats qui disent avoir été rendus malades lors de missions à l'étranger réclament un total de 60 millions, affirme la Presse Canadienne.

Environ 25 soldats ont déposé des poursuites individuelles disant avoir souffert de stress post-traumatique et de problèmes psychologiques. La liste des militaires, qui continue de s'allonger, inclut des membres en poste au sein des forces armées ainsi que d'anciens militaires. La plupart d'entre eux ont été impliqués dans des opérations de maintien de la paix à travers le monde. Parmi les 25, on compte quatre Albertains et trois Ontariens. Les autres sont tous québécois.

«Rien de tel ne s'est jamais produit, a expliqué hier Jacques Ferron, un avocat de Québec impliqué dans la poursuite. C'est la première fois que des soldats se regroupent pour poursuivre l'armée.»

Le groupe doit d'ailleurs préciser la nature des poursuites lors d'une conférence de presse, aujourd'hui, à Québec. Les soldats en profiteront pour rendre publique une lettre destinée au premier ministre Jean Chrétien.

L'ex-sergent Georges Dumont, originaire de Dubreuilville, en Ontario, n'aura pas attendu la formation du groupe pour engager sa propre poursuite contre l'armée. M. Dumont, qui a participé à des missions de paix à HaJiti, à Chypre, en Somalie et dans l'ex-Yougoslavie, a déposé une poursuite de 2,4 millions, l'année dernière, en Cour fédérale.

L'ex-militaire, qui a passé 20 ans dans les Forces armées canadiennes, affirme qu'il doit encore prendre des médicaments quotidiennement contre la dépression et pour l'aider à dormir.

Au ministère de la Défense nationale, la lieutenant Hollie Ryan a toutefois affirmé qu'elle n'était au courant d'aucune poursuite intentée contre les Forces armées canadiennes d'un montant équivalent à celui évoqué par Me Ferron.

Les requérants allèguent notamment souffrir de séquelles psychologiques à cause du manque de financement de l'armée. Selon M. Dumont, des militaires canadiens ont assisté impuissants à la mort de civils lors de missions de paix parce qu'ils n'avaient pas les moyens d'acheter les médicaments de base pour traiter leurs blessures.