Québec compte se mesurer à Strasbourg, la capitale de Noël

Le quartier du Petit Champlain, à Québec, dans son flamboyant décor de Noël.
Photo: Yan Doublet - Le Devoir Le quartier du Petit Champlain, à Québec, dans son flamboyant décor de Noël.

Québec — Inspirée par ce qui se fait à Strasbourg, en Alsace, la ville de Québec compte devenir, à compter de l'an prochain, la destination par excellence pour les Fêtes.

La Chambre de commerce s'en frotte déjà les mains. En une de la dernière édition de son magazine, une carte postale du Petit Champlain enneigé nous annonce que la capitale est en voie de devenir «LA» destination Noël. «À l'image des villes de Prague, en République tchèque, de Bâle en Suisse et de Lyon, en France, tout comme dans la région alsacienne, célèbre pour ses marchés de Noël, Québec pourrait bien devenir la prochaine destination par excellence pour se laisser transporter par la magie de Noël et du temps des Fêtes», peut-on lire.

Emballé par le succès des fêtes de clôture du 400e anniversaire au centre-ville, le maire, Régis Labeaume, a dit vouloir reprendre le «modèle de Strasbourg» et offrir dans sa ville un programme alléchant à compter de 2010.

Or, à Strasbourg, on n'entend pas se faire voler la vedette. «Je ne crois pas que Québec pourra se dire la capitale de Noël», lance d'un ton inquiet la directrice adjointe de l'Office de tourisme, Annie Dumoulin. «Ça ne sera pas possible. La marque a même été déposée. C'est Strasbourg, la capitale de Noël.»

Dans cette vieille ville de près de 300 000 habitants, la tradition du marché de Noël remonte à 1570, mais c'est seulement depuis 1990 que l'on a cherché à en faire un moteur touristique.

Centré autour de la vieille cathédrale gothique, l'événement aux origines modestes s'étire dorénavant sur un kilomètre à la ronde. Et là comme dans le Vieux-Québec, les résidants du centre doivent désormais faire du slalom pour leurs menus déplacements, reconnaît Mme Dumoulin.

Mais avec deux millions de visiteurs estimés et pas moins de 160 millions d'euros en retombées économiques, les Fêtes sont de loin la période la plus dynamique de l'année, poursuit-elle, une manne à laquelle personne n'oserait même penser à renoncer.

Au cabinet du maire de Québec, on dit ne pas tenir nécessairement à l'appellation «capitale de Noël». Des rencontres ont par ailleurs eu lieu entre les deux villes, ajoute-t-on.

Mme Dumoulin souligne que Strasbourg est ouverte à des partenariats. À la demande de la ville de Tokyo, la municipalité a même exporté son marché de Noël au Japon pour la première fois cette année. «Trois de nos employés sont présentement là-bas, il paraît que ça se passe très bien.»

Dans ce quartier de carton-pâte, les Japonais dégusteront des petits plats alsaciens dans le contexte enchanteur de circonstance. «Au Japon, ils n'ont pas ce genre de tradition, c'est le côté exotique qui leur plaît.»

À Québec, on souhaite proposer un circuit de Noël qui relierait différentes initiatives locales déjà existantes, comme le marché allemand dans le Vieux-Québec, l'animation dans les quartiers du Petit Champlain et du Vieux-Port ou encore la rue Saint-Joseph (Saint-Roch), dont les décorations attirent chaque année un nombre grandissant de visiteurs.

«Les astres sont bien alignés depuis 2008. On va tous dans le même sens», lance le directeur de l'Association des gens d'affaires Place Royale/Vieux-Port, Gilbert Tremblay. «On savait que le maire était intéressé, alors nous avons monté un projet de proposition avec d'autres gens d'affaires pour que Québec devienne une destination Noël.»

Et pour une fois, on ne se contente pas d'animer les quartiers touristiques. Ainsi, le vieux quartier du Trait-Carré dans Charlesbourg tient, lui aussi, un événement autour du personnage du Sieur de Noël, un géant nommé Charles Le Grand. Dans les rues du Vieux-Port, la compagnie du Théâtre de l'Aubergine fera bientôt apparaître des choeurs de personnages farfelus et féeriques.

Mais c'est sur la Grande-Allée que la ville a mis ses plus gros pions avec 510 000 $ d'investissements pour les célébrations de fin d'année de 2009, 2010 et 2011. Les organisateurs doivent convoquer les médias cette semaine pour dévoiler ce qu'ils entendent faire de cet argent.
1 commentaire
  • Michel Dubuc - Inscrit 15 décembre 2009 08 h 32

    Super.

    La fête de Noël sur la place Broglie à StBG est un pur enchantement.