Soigner la planète en mangeant moins de viande

L'achat local des aliments pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) attribuables aux transports n'est pas la meilleure façon de lutter contre le réchauffement de la planète, selon une étude de deux chercheurs du département des Politiques publiques de l'Université Carnegie Mellon de Pittsburgh.

Supprimer sa consommation de viande une journée sur sept épargnerait à la planète plus de GES que si toute la nourriture d'une famille nord-américaine provenait d'achats locaux, conclut la même étude récemment divulguée sur le site Internet pubs.acs.org.

Les deux auteurs, Christopher Weber et Scott Matthews, rappellent que plusieurs groupes sociaux ont valorisé jusqu'ici l'achat local pour éviter ce que les anglophones appellent les «food miles». La distance moyenne attribuable à la livraison de la nourriture n'est que de 1640 km en moyenne, ont-ils calculé, alors qu'elle grimpe à 6760 km si l'on considère le cycle de vie complet des étapes préliminaires de la production des aliments jusqu'à l'assiette du consommateur. En somme, les «food miles» ne représentent que 24 % du cycle réel.

Mais la différence est encore plus importante, expliquent les deux auteurs, si on l'exprime en GES. Des 8,1 tonnes de GES qui constituent «l'empreinte environnementale» du panier de provision familial sur une base annuelle, le cycle production-livraison ne représente que 11 % du cycle global et seulement 4 % des «food miles», soit le transport du lieu de production au consommateur.

L'étude met aussi en relief le fait que tous les aliments n'affichent pas la même intensité d'émissions de GES. En moyenne, y lit-on, les viandes rouges ont un bilan de GES de 150 % supérieur au poulet et aux poissons. C'est ce qui amène les deux chercheurs à conclure que remplacer les calories des viandes rouges par du poulet, du poisson ou des oeufs, ou encore par une alimentation végétarienne, réduit davantage notre empreinte écologique sur la planète et le climat que si toute la nourriture consommée pendant une semaine était constituée d'achats locaux, ce qui est de toute façon une vue de l'esprit, car nombre de denrées ne peuvent être produites localement.

Les gibiers sauvages, dont la croissance n'exige pas les intrants nécessaires à l'alimentation des animaux domestiques, pourrait aussi être une option beaucoup moins dommageable pour le climat, dans cette logique.

L'étude jette par ailleurs un éclairage intéressant sur les différents gaz à effet de serre rejetés dans l'atmosphère pour la production alimentaire. Ainsi, l'étape de la production, qui représente 6,8 des 8,1 tonnes de GES attribuables à l'alimentation annuelle d'une famille nord-américaine, génère 1,6 t (23 %) de GES sous forme de méthane et 2,1 t de GES (32 %) sous forme d'oxyde nitreux. Pour les chercheurs, ces chiffres constituent une surprise, car ils indiquent que la majorité des GES attribuables à l'alimentation nord-américaine provient de gaz qui ne sont pas du dioxyde de carbone (CO2). Les émissions d'oxyde nitreux sont essentiellement attribuables à la fabrication des engrais azotés, des techniques de gestion des sols agricoles et des fumiers. La digestion entérique des animaux de ferme est essentiellement à l'origine des importantes émissions de méthane.
 
4 commentaires
  • Dominic Pageau - Inscrit 3 septembre 2008 02 h 10

    Les GES doivent dicter notre vie?

    C'est vous comment les GES sont maintenant prétexte à des changements d'habitudes de vie, et on nous propose toujours une alternative à saveur nouvel age.

    Les changements climatiques peuvent être en totalité attribué à des phénomènes d'ordre naturels et ne coincident pas avec les émissions humaines de GES. Par exemple, on émet de plus en plus de GES globalement, pourtant, ça fait 10 ans que ça ne se réchauffe pas.

    Ça suffit le prcehi precha

  • Robert Mayrand - Inscrit 3 septembre 2008 07 h 30

    Et les chats et les chiens?

    A-t-on calculé l'impact des gaz à effets de serre prodouits pour entretenir et nourir les 90 millions de chats et les 70 millions de chiens servant comme animaux domestiques aux USA seulement? A-t-on calculé les déchets produits pour entretenir ces animaux? Est-ce que ça entre dans les calculs du plan vert de Dion?

  • Jean-Pierre Audet - Abonné 3 septembre 2008 08 h 25

    Voilà enfin une nouvelle donne

    M. Dion devrait se renseigner avant d'axer sa campagne électorale contre le CO2, «ce pelé, ce galeux», comme disait Lafontaine du pauvre âne de la fable. Voici donc maintenant que le méthane et l'acide nitreux constitueraient 55% de ce que l'on appelle des gaz à effet de serre. Le coupable serait donc l'agriculture et la production d'éthanol plutôt que nos voitures quand elles sont en bon état. Une étude récente très fouillée en fait d'ailleurs état. En voici l'adresse internet pour ceux qui veulent vraiment se renseigner sur la question :
    http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosclim/rechfran/4t

    L'erreur de Gore et de Dion, c'est de tout mettre sur le dos du gaz carbonique, celui-là même qui permet aux plantes et aux arbres de bien verdir en l'absorbant et de nous redonner en retour le précieux oxygène dont nos poumons ont besoin pour respirer. Le véritable problème se trouve donc dans le déboisement intensif partout sur notre planète. Et dans l'agriculture à forte utilisation de fertilisants. Si chacun diminuait de moitié sa consommation de viande et si l'on cessait de fabriquer de l'éthanol pour remplacer la gazoline, déjà un grand pas serait franchi dans l'assainissement de notre atmosphère.

  • Chryst - Inscrit 8 septembre 2008 17 h 36

    La planète et son corps

    Aussi, il a déjà été démontré que la réduction de consommation animale par toute espèce animale avait pour effet d'augmenter la durée de vie, raison de plus pour consommer moins de viandes