Montréal - 200 personnes manifestent contre les « usines à chiots »

Gary et son chien Bazou se sont joints hier à la manifestation pour dénoncer les conditions d’élevage des animaux de compagnie au Québec.
Photo: Jacques Nadeau Gary et son chien Bazou se sont joints hier à la manifestation pour dénoncer les conditions d’élevage des animaux de compagnie au Québec.

Plus de 200 personnes, accompagnées d'au moins autant de chiens de toutes les races et de toutes les tailles, ont manifesté hier à Montréal afin de dénoncer le laxisme qui existe au Québec en matière d'encadrement des élevages d'animaux domestiques. Des dizaines de milliers de ces petites bêtes, surtout des chiens, seraient élevées dans des conditions insalubres avant d'être écoulées dans les animaleries.

Le problème serait d'ailleurs endémique. «Si on parle d'usines à chiots, où les animaux sont carrément empilés les uns sur les autres, on peut estimer qu'il en existe au moins une cinquantaine au Québec. À cela, on peut facilement ajouter 1000 éleveurs qui agissent dans la clandestinité, explique Nancy Guénette, porte-parole de la marche. Les gens font ça dans leur garage, dans des granges, dans leur arrière-cour, parce qu'il n'y a pratiquement par de réglementation.»

Le Québec s'est pourtant doté, en 2002, d'une organisation provinciale, Anima Québec, chargée «d'assurer la sécurité et le bien-être des animaux de compagnie par l'inspection des lieux de garde et d'élevage de chiens et de chats». Toutefois, M. Guénette souligne que les ressources dont elle dispose sont nettement insuffisante. «En ce moment, Anima Québec a seulement deux inspecteurs pour couvrir toute la province», dit-elle.

Outre la nécessité d'accroître les capacités financières de l'organisme, elle croit que la Sûreté du Québec devrait être impliquée dans l'application de la réglementation existante, de façon à faciliter les saisis. Les différentes sociétés protectrices des animaux auraient aussi un rôle plus important à jouer, à condition qu'on leur en donne les moyens.

Les manifestants, qui ont marché hier à Montréal et à Québec, réclament aussi un renforcement de la réglementation déjà en place. Une Loi sur la protection sanitaire des animaux est peut-être en vigueur au Québec, mais elle manque de dents, selon Nancy Guénette. «Dans certains États des États-Unis, les éleveurs doivent se doter d'un permis d'élevage, en plus de se soumettre à des inspections régulières. Il nous faudrait ce genre de réglementation.»

Elle croit que le Québec pourrait même aller plus loin, en interdisant la vente d'animaux issus d'élevages dans les animaleries. «Ceux qui achètent en animaleries ne savent pas ce qu'ils achètent, alors ils se retrouvent avec des animaux qui ont des problèmes de socialisation, des maladies, des troubles génétiques, etc.», soutient Mme Guénette. Elle propose plutôt que la vente soit assurée directement par des éleveurs «mieux encadrés et structurés».

Pour l'instant, le regroupement informel de défenseurs des animaux de compagnie dit ne pas avoir reçu le moindre accusé de réception de la part des différents partis provinciaux qui ont été interpellés sur cette question. «L'écoute n'est pas là. Ils ont l'impression d'avoir fait leur part en créant Anima Québec. Mais ce n'est pas suffisant. C'est simplement un petit pansement sur un gros bobo», laisse tomber Nancy Guénette.
13 commentaires
  • Michel St-Pierre - Inscrit 16 avril 2007 07 h 20

    Québec : Usine à chiots

    Le Québec est la seule province au Canada à ne pas exiger de permis de la part des éleveurs de chiens afin qu'ils pratiquent leur commerce de façon civilisée. Il en résulte qu'une multitude d'individus viennent s'installer au Québec à la frontière de l'Ontario et des Etats-Unis dans le seul but de fournir clandestinement les animaleries extérieures au Québec. Cette pratique est unique au Québec et elle n'est pas à notre honneur. Quand allons-nous devenir aussi civilisés que partout en Amérique du Nord afin d'exiger un permis pour toute personne qui veut élever des chiots de telle sorte qu'elle assure un élevage de qualité et quand va-t-on embaucher suffisamment d'inspecteurs afin de minimiser les cas de cruauté animale ?

  • Monique Lévesque - Inscrite 16 avril 2007 10 h 05

    usines à chiots

    Je suis tout à fait d'accord avec les propos de Mme Guénette sur ces pauvres bêtes. La loi est très peu appliquée faute de moyens. Les fautifs s'en sortent avec une tappe sur les doigts et recommencent le lendemain. Bravo pour cette marche. C'est un bon début. Il faut continuer. Monique.

  • Maude Bolduc - Inscrite 16 avril 2007 10 h 53

    Usines à chiots!

    Super contente de cette marche! Plus les gens seront sensibilisé de ces usines, moins ils vont acheter dans les animaleries et centre canin et le marché de ses usines tombera doucement. Les problèmes de comportements important et héréditaires, en plus des maladies chroniques partira aussi! Faut pas lâcher! Faut continuer à en parler!!

  • Larouche Ghyslaine - Inscrite 16 avril 2007 11 h 04

    Une marche, un grand pas!

    Je suis entièrement d'accord avec Forum Action. Il faut éduquer la population sur la réalité des productions de masse, sur ce qu'on appelle les usines à chiots. Il existe des lois qui ne sont pas appliquées actuellement. Par exemple les animaleries qui affichent des noms de race de chien et qui les vendent en affirmant à l'acheteur que ces chiens sont de race pure, commettent un acte illégal. En effet, les chiens vendus sans papiers officiels émis par le Club Canin Canadien (CCC) NE SONT PAS des chiens de race pure. Ils sont souvent le résultat de divers croisements. Ils proviennent de lieux insalubres (usines à chiens) ou encore d'éleveurs de fond de cour qui ne connaissent rien à la génétique, qui ne font pas les tests de santé nécessaires avant de choisir leur reproducteur, qui reproduisent n'importe quel spécimen et à maintes reprises.

    Il faut savoir qu'un Éleveur de qualité ne reproduit jamais (ou très rarement) une chienne plus de deux fois. Le but de l'Éleveur éthique est l'amélioration de la race, la santé des sujets produits, et l'éducation du futur propriétaire. L'Éleveur de qualité donne un suivi à vie, une garantie sur la santé et le tempérament.

    Bravo encore pour marche du 15 avril!

    Ghyslaine Larouche

  • Micheline Robitaille - Inscrite 16 avril 2007 11 h 12

    Usines à chiots

    Nous devons agir et maintenant. Ces éleveurs sans permis, qui gardent des animaux dans des conditions épouvantables. On ne doit plus fermer les yeux. Agissons. Ne les abandonnons pas à leur triste sort.