Accommodements raisonnables - Des fenêtres claires munies de stores pour le YMCA du Parc

Le YMCA du Parc est au coeur d’une controverse depuis l’installation de fenêtres givrées pour satisfaire la communauté juive hassidique.
Photo: Pascal Ratthé Le YMCA du Parc est au coeur d’une controverse depuis l’installation de fenêtres givrées pour satisfaire la communauté juive hassidique.
Cette option a été retenue parce qu'elle a recueilli l'assentiment de 72 % des 302 abonnés sondés par la direction du YMCA montréalais pour trouver une solution de rechange aux controversées vitres givrées, qui avaient été installées l'année dernière à la demande de la communauté juive hassidique. Celle-ci avait alors assumé les coûts de l'installation.

Le directeur du YMCA du Parc, Serge Saint-André, a toutefois admis hier que le retour des fenêtres claires ne faisait pas l'affaire des représentants de la communauté juive hassidique. «C'est sûr que ce n'est pas la solution que eux [les juifs hassidim] souhaitaient, mais c'est la solution à laquelle on est arrivés. Nous sommes convaincus que notre décision est la meilleure possible dans la situation présente», a-t-il souligné.

«Leur demande est toujours la même, que ce qui se passe dans cette salle ne soit pas visible de l'autre côté de la ruelle. Notre réponse a été que le choix va venir de l'intérieur, de nos membres, les utilisateurs de la salle. Ce sont à ces personnes que l'on veut répondre davantage dans cette situation», a ajouté M. Saint-André. Il n'a pas été possible d'obtenir des commentaires de représentants de la communauté juive.

Un tollé

Le directeur du YMCA s'est par ailleurs dit «très surpris» par le tollé soulevé par toute cette affaire, qui avait balayé le Québec et soulevé un débat sur la question des accommodements raisonnables. M. Saint-André a rappelé que la décision d'installer des vitres givrées avait été prise strictement pour des raisons de «bon voisinage». «Cette solution permettait d'offrir plus d'intimité aux abonnés qui le désiraient, tout en satisfaisant la demande du voisinage de limiter la vue qu'elle avait sur cette salle d'entraînement», a-t-il expliqué.

En fait, la première décision de mettre des stores dans les fenêtres de la salle 2B remonte à 1995. À cette époque, le YMCA avait reçu plusieurs demandes de la part de la communauté juive hassidique pour limiter la vue qu'elle avait sur la salle d'entraînement. En mars 2006, les stores brisés devaient être remplacés. C'est alors que le choix des vitres givrées s'est présenté.

C'est la tempête médiatique de l'automne dernier qui a forcé la direction du centre d'activités physiques à se pencher sur sa décision, a avoué Serge Saint-André. Le dépôt d'une pétition de 250 noms d'usagers du YMCA opposés à la présence des vitres givrées y serait aussi pour quelque chose. Quelques-uns des signataires de cette pétition ont profité de la rencontre de presse très courue d'hier pour manifester leur mécontentement, soulignant notamment que l'ampleur que la contestation aurait dû, à elle seule, motiver le retour des fenêtres claires. Bref, que le sondage que la direction a mené était inutilement coûteux.

La personne à l'origine de la pétition, Renée Lavaillante, s'est néanmoins dite satisfaite de la décision prise hier, même si elle considère que les stores sont superflus. «Je n'aurais pas mis de stores parce que je trouve que vouloir fermer les fenêtres pour ne pas être vus des Hassidim, c'est la même question qu'on perpétue. On devrait permettre tout simplement l'ouverture et ne pas faire du tout de ghetto à leur égard», a-t-elle commenté.

Elle juge tout de même que le débat soulevé par cette question est important pour la société québécoise. «Tout le monde a le droit de demander n'importe quoi. C'est à nous de savoir quoi répondre pour rester nous-mêmes et garder nos valeurs», a dit Mme Lavaillante.

À voir en vidéo