Des friandises dans un emballage raciste

À l'heure des droits et libertés garantis par les chartes, même un emballage de friandises peut s'avérer discriminatoire. Alimentation Couche-Tard l'a appris à ses dépens dans une affaire réglée à l'amiable avec Laurraine Leblanc, une mère de famille qui en a soupé du «racisme subtil» s'exprimant au Québec.

En raison des pressions exercées par Mme Leblanc, Couche-Tard s'est débarrassée de son emballage de jujubes «fraises-araignées», qui dépeint un homme noir avec une araignée géante sur la tête, ses pattes velues faisant office de tresses. Mme Leblanc a porté plainte auprès de la Commission des droits de la personne en août dernier au sujet de cette caricature, qu'elle juge de mauvais goût. Les deux parties sont arrivées à un règlement à l'amiable au coût de 30 500 $ pour Couche-Tard.

«Le racisme subtil, je suis née au Québec et j'en ai vu beaucoup. Ç'a été la goutte qui a fait déborder le case», a dit Mme Leblanc hier. Quand elle s'est rendu compte qu'il n'y avait que des insectes ou des animaux sur les emballages de la série Sloche, à l'exception de cette caricature d'un Noir, elle n'a pu se résoudre à passer l'éponge.

Mme Leblanc a convaincu Couche-Tard de retirer des tablettes l'emballage fraises-araignées dans le cadre de séances de médiation orchestrées par la Commission des droits de la personne. Le stock en inventaire, d'une valeur de 12 500 $, a été détruit. Couche-Tard a également versé un don de 18 000 $ au groupe Youth in Motion, un organisme sans but lucratif oeuvrant auprès des jeunes Noirs de la Petite-Bourgogne. Couche-Tard a aussi promis de revoir sa méthode de validation de ses produits.