23 janvier 1961 - Les commissions scolaires favorisent la construction d'écoles secondaires mixtes

La Fédération des commissions scolaires du Québec s'oppose fermement à ce que le Comité catholique du Département de l'instruction publique interdise la construction d'écoles secondaires mixtes pouvant recevoir, dans des locaux séparés, des garçons et des filles d'une même localité.

Au cours d'une réunion du Conseil d'administration, les dirigeants de la Fédération ont adopté une résolution pour marquer leur désapprobation.

Dans ces écoles secondaires mixtes, on compte deux ailes où sont situées les classes: dans l'une de ces ailes, on a les salles de cours pour jeunes filles; dans l'autre, les salles de cours des jeunes garçons. Les deux ailes sont reliées au centre de l'école, qui abrite l'administration et certains services communs aux garçons et aux filles.

C'est ainsi que garçons et filles peuvent utiliser, quoique à des heures différentes, les laboratoires de physique et de chimie, le gymnase, l'auditorium, la bibliothèque.

Quant à la cafétéria, le comptoir de services est commun aux garçons et aux filles, mais les étudiants se servent d'un côté du comptoir et mangent à des tables installées du même côté de la pièce; ils sont séparés des jeunes filles par un mur.

A l'extérieur, la cour de récréation des garçons est adjacente à celle des filles; une clôture de quelque huit pieds de haut sépare cependant les deux groupes.

Tel est le plan général de ces classes secondaires mixtes.

Au cours d'une conférence de presse qui a suivi la réunion des dirigeants de la Fédération, le président de cet organisme, M. Paul Desrochers, a précisé que la construction de telles écoles permettait d'éviter le double emploi, notamment en ce qui concerne les services communs: laboratoires, bibliothèque, auditorium, gymnase, cafétéria, administration, etc.

Si le Comité catholique du Conseil de l'instruction publique interdit la construction d'écoles secondaires mixtes, a précisé M. Desrochers, cela signifie qu'il faudra construire des écoles complètement séparées pour les gars et pour les filles. Ceci représente des dépenses considérables et inutiles, a-t-il ajouté.

Bien plus, dans plusieurs localités rurales, la situation financière de la commission scolaire ne permet pas de construire deux écoles secondaires séparées.

M. Desrochers a manifesté son mécontentement à l'égard des autorités du Département de l'instruction publique qui laissent en suspens leur décision concernant certaines écoles secondaires mixtes que l'on projette de construire. [...]