Bêtes de musée

Jean-Paul Riopelle, Sans titre, de l’Album Riopelle, 1967. Lithographie, collection du Musée national des beaux-arts du Québec. © Succession Jean-Paul Riopelle/SODRAC (Montréal), 2005.
Photo: Jean-Paul Riopelle, Sans titre, de l’Album Riopelle, 1967. Lithographie, collection du Musée national des beaux-arts du Québec. © Succession Jean-Paul Riopelle/SODRAC (Montréal), 2005.

Pour célébrer en beauté la fin des vacances, le Musée national des beaux-arts du Québec offre ce week-end une programmation destinée à toute la famille. On peut notamment y visiter la toute nouvelle salle permanente dédiée au Mini-Bestiaire d'Alfred Pellan. C'est aussi la dernière chance de voir ou de revoir la magnifique exposition consacrée aux estampes de Riopelle.

Québec — Juste à temps pour le centième anniversaire de naissance d'Alfred Pellan en 2006, le Musée national des beaux-arts du Québec vient d'inaugurer sa nouvelle salle permanente. Situé dans les magnifiques voûtes de pierre et de brique de l'ancienne prison de Québec, l'Espace Pellan est un lieu consacré aux enfants, au jeu et à l'apprentissage, en hommage au grand peintre.

C'est l'achat par le musée du Mini-Bestiaire de Pellan, en 2004, qui a donné le souffle menant à la création de cette salle. «On y découvre un autre Pellan, précise John R. Porter, directeur général du musée, le Pellan joueur et bricoleur qui cherche à assembler des formes trouvées dans la nature pour en composer de nouvelles. Ce Mini-Bestiaire permet de découvrir le peintre par un aspect peu connu de sa production.» C'est en effet un Pellan accessible, lumineux, qu'on rencontre par l'intermédiaire de cette série de petits animaux multicolores.

Le Mini-Bestiaire fut produit par l'artiste entre 1972 et 1975. L'oeil inventif du peintre voit alors des animaux dans des galets ramassés sur les plages de la Gaspésie. À l'aide d'un peu de colle, de cotons-tiges et de peinture, les galets sont transformés en petites bêtes imaginaires et sympathiques.

On a pris soin, dans cette exposition, de présenter le travail de l'artiste comme un tout. Les différentes composantes de l'exposition s'imbriquent intelligemment pour situer le Mini-Bestiaire dans l'oeuvre du peintre, non pas comme une étape chronologique de sa production mais comme une porte ouverte sur un volet supplémentaire de son approche artistique.

L'Espace Pellan, en faisant directement appel à l'imaginaire, invite au jeu de l'art. «Cet espace dédié aux enfants nous permet de leur montrer un aspect séduisant de l'art, explique M. Porter. En les initiant à l'art non pas par son côté austère mais plutôt par son côté ludique et poétique, on arrive ensuite à les intéresser plus facilement à des oeuvres beaucoup plus complexes. L'Espace Pellan est un outil formidable nous permettant de remplir encore mieux notre mission éducative.»

Pour s'assurer de la participation des jeunes, le musée y proposera de nombreux ateliers de création tout au long de l'année.

Demain et dimanche, les enfants pourront d'ailleurs réaliser leur propre bestiaire à l'aide de bonbons et de jujubes. Un rendez-vous pour toute la famille, où art et gourmandise feront bon ménage.

Les estampes de Riopelle

Une fois rassasié de bestioles sucrées, il ne faut surtout pas rater l'occasion de se rendre à l'exposition Riopelle: impressions sans fin.

On y présente une rétrospective des estampes de l'artiste produites entre 1967 et 1996. L'estampe est une facette moins connue du travail de Riopelle mais elle offre un accès privilégié à son processus créatif. On y découvre en effet ses champs d'intérêt, notamment sa passion pour les animaux, mais également des clés essentielles à la compréhension de l'ensemble de sa production et de l'évolution de son langage pictural.

Le montage habile de cette exposition permet également de mieux saisir l'esprit bouillant du peintre. Riopelle avait pour habitude de recycler et de réutiliser des éléments venant d'impressions antérieures. La découverte des trames dont l'écho se répercute d'une oeuvre à l'autre devient une sorte de jeu de piste où la curiosité de l'artiste illumine le spectateur qui prend le temps de s'attarder aux détails.

L'exposition se termine dimanche. C'est donc la dernière chance, ce week-end, de voir ces estampes riches en mouvement et en énergie créées par notre «Trappeur supérieur».

Collaborateur du Devoir