Patrimoine religieux - Des monuments dédiés à l'histoire

Québec — À un jet de pierre du château Frontenac, tout piéton qui se promène dans le Vieux-Québec contournera inévitablement, souvent sans le savoir, le Monument de la Foi. L'oeuvre sculpturale, située Place d'Armes (entre les rues Saint-Louis, du Trésor, du Fort et Sainte-Anne), symbolise l'arrivée des quatre premiers missionnaires récollets en terre d'Amérique en 1615. Du point de vue de la foi et de la culture catholiques, ce monument a une valeur symbolique semblable à l'implantation de la croix de Jacques Cartier à Gaspé.

Dans le même esprit, le Monument de monseigneur de Laval qui surplombe la côte de la Montagne impressionne à juste titre car, lorsque François de Montmorency-Laval a été nommé évêque de Québec en 1674, le diocèse correspondait alors à l'ensemble de l'Amérique du Nord.

À quelques pas de ces deux monuments, la basilique-cathédrale Notre-Dame-de-Québec impose également par sa façade d'église néo-classique conçue par Thomas Baillargé, mais aussi par sa présence sur les lieux mêmes de la première église construite par Samuel de Champlain en 1633.

Outre ces incontournables monuments historiques, le Circuit du Patrimoine religieux de Québec offre aux visiteurs plus de quarante lieux de culte liés à diverses confessions religieuses. En cette période des Fêtes, les églises présentent leurs crèches d'art. Le coup de coeur de la directrice de la Corporation du patrimoine et du tourisme religieux de Québec, Annie Blouin, revient à la crèche de l'église Saint-Sauveur pour ses multiples personnages et ses cascades d'eau.

Cette église, avenue des Oblats, est aussi réputée pour ses 18 fresques en grisaille et ses cinq tableaux de la voûte peints par Charles Huot. À proximité de la Citadelle, rue Saint-Ursule, deux églises plus discrètes sont érigées l'une face à l'autre. Elles représentent des lieux exceptionnels de réflexion et de recueillement. Le sanctuaire Notre-Dame-du-Sacré-Coeur offre un espace de lumière et de sérénité égal à la piété de ses fidèles.

De l'autre côté de la rue, l'église unie Saint-Pierre dessert les paroisses Saint-Pierre et Chalmers-Wesley de l'Église unie. Ses vitraux et son orgue donnent une ambiance chaleureuse à cette église qui a accueilli le réfugié algérien Mohamed Cherfi, expulsé de ce lieu de culte par les policiers le 5 mars 2004.

La Capitale nationale n'échappe pas, elle non plus, aux difficultés financières rencontrées pour sauvegarder son patrimoine religieux. Signe des temps, deux de ses joyaux, les églises Saint-Roch et Saint-Jean-Baptiste sont en pleine campagne de financement pour tenter de corriger des situations déficitaires alarmantes. Le président de la Commission des biens culturels du Québec et ancien curé de la paroisse Saint-Roch, l'abbé Mario Dufour, constate qu'il est nécessaire de prendre en compte tout le patrimoine intangible exprimé par l'activité humaine des sous-sols d'églises qui ont favorisé la naissance de nombreux organismes communautaires, coopératives ou syndicats.

Il donne l'exemple du sous-sol de l'église Saint-Roch qui accueille les jeunes fugueurs mais dont la population de cette paroisse urbaine est passée de 18 000 personnes en 1920 à 5500 aujourd'hui. Saint-Roch a donc besoin de l'ensemble de la communauté québécoise pour survivre et continuer d'offrir ses services de première ligne.

Au coeur du même quartier, la bibliothèque Gabrielle-Roy présente jusqu'à demain une superbe exposition des crèches d'art des trois Amériques, un détour vers l'émerveillement. Pour sa part, l'église Notre-Dame-des-Victoires de la Place Royale perpétuait le 3 janvier, comme chaque année, la distribution des petits pains de Sainte-Geneviève. Cette tradition française remonte à l'an 451 de notre ère, au moment où sainte Geneviève a symbolisé, par ses prières, ses prises de position et ses actions, l'âme de la résistance de Paris contre ses divers assaillants.

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