Norbourg: Lacroix aurait personnellement détourné environ 28 millions $

Le PDG de la société d'investissement Norbourg, Vincent Lacroix, aurait personnellement détourné environ 28 millions $, a rapporté hier Radio-Canada.

La société télévisée d'État a obtenu les mandats de perquisition déposés en cour par les enquêteurs dans le cadre de cette affaire. Ces documents décrivent les stratagèmes utilisés pour camoufler les détournements de fonds, dont la création de faux documents et des falsifications comptables.

La perquisition effectuée chez Norbourg et ses filiales, le 25 août, repose sur les témoignages volontaires d'Éric Asselin et de Jean Hébert, deux anciens vice-présidents finances de Norbourg, et sur les documents qu'ils ont fournis aux enquêteurs.

Selon ces documents, au moment de la perquisition, le montant de la fraude présumée s'élevait à 93 millions $ chez la firme de gestion de fonds communs. La somme que le P.D.G. de Norbourg, Vincent Lacroix, est soupçonné d'avoir détourné à son bénéfice exclusif s'élèverait à au moins 28,1 millions $.

Selon les informations fournies par Éric Asselin, deux stratagèmes de falsification ont été mis en place pour masquer les pertes de Norbourg dans les rapports remis à l'AMF.

D'abord, de faux documents: par exemple, pour l'année financière 2001-2002, M. Lacroix aurait demandé à M. Asselin de faire une facture de 325 000 $ au nom de Tersio Trust, une entreprise qui appartenait à M. Lacroix. Le deuxième stratagème toucherait essentiellement les deux familles de fonds d'investissements, Norbourg et Evolution, dont les actifs étaient gardés à Toronto par la firme Northern Trust Company.

Tous les jours, un employé de Norbourg International aurait falsifié des rapports de Northern Trust pour masquer des détournements de fonds au bénéfice de Vincent Lacroix ou de ses entreprises. En plus des révélations de MM. Asselin et Hébert, la dénonciation repose aussi sur des documents préparés par le Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE). Dès le 10 février 2005, bien avant la perquisition, la CANAFE a remis aux enquêteurs des documents relatifs à des filiales de Norbourg et à Vincent Lacroix. Ces documents, selon la dénonciation, contiennent notamment les détails d'opérations bancaires, de virements et de dépôts en espèce.

À la suite d'une enquête de plusieurs mois, l'AMF a gelé les comptes bancaires de Norbourg, le 25 août, en plus d'ordonner le blocage, l'interdiction d'opérations sur les valeurs et la suspension des droits de l'entreprise. La firme gérait environ 200 millions $ provenant de 5000 petits investisseurs dans des fonds communs de placement et des portefeuilles institutionnels. Jusqu'ici, aucune accusation n'a été déposée contre Vincent Lacroix.