Négociations - Au tour des syndiqués de la santé de manifester

Alors que les syndiqués de l'éducation vivent au rythme des moyens de pression depuis plusieurs mois, c'était au tour hier de ceux de la santé membres du front commun CSN-FTQ de lancer la leur.

Quelque 200 syndiqués ont manifesté en fin d'après-midi devant les bureaux de l'Agence de santé et de services sociaux de Montréal pour réclamer une accélération des travaux à la table de négociation sectorielle. Cette modeste manifestation constitue un prélude à la recherche de mandats de grève de quatre jours, qui devraient s'exercer entre le 6 novembre et la mi-décembre.

Outre les demandes salariales, la CSN et la FTQ mettront l'accent, dans le secteur de la santé, sur la précarité d'emploi qui affecte 57 % de leurs membres. «Précarité, burn-out, privatisation, à partir d'aujourd'hui, c'est les trois mots clés qu'on va mettre dans la bouche de notre monde», a lancé le vice-président de la CSN, Louis Roy, devant les manifestants agitant pancartes et ballons rouges. «On va pousser tranquillement, pas vite, jusqu'au mois de novembre pour avoir des mandats de grève, parce que ces gens-là ne comprennent rien sans la grève», a poursuivi M. Roy.

Son collègue de la FTQ a renchérit en déplorant la lenteur des négociations. «À l'automne 2003, on a déposé nos demandes, en juin 2004, l'employeur a déposé une ébauche de réponse et, la semaine dernière, ils ont commencé à expliquer leur dépôt», a fait valoir Marcel Girard, qui assure que les équipes syndicales de négociations étaient disposées à discuter même si la CSN et la FTQ avaient renoncé à un règlement au printemps dernier, préférant attendre que la plupart des votes de changement d'allégeances syndicales soient derrière eux.

C'est que les fusions d'accréditations syndicales décrétées par le gouvernement ont davantage monopolisé l'énergie des syndicats de la santé que les négociations ces derniers mois. «Nos membres doivent débattre en même temps des nouveaux syndicats, de la cotisation syndicale, des structures, des statuts et règlements et là on leur dit qu'il faut parler de la négo et d'un vote de grève. C'est un gros défi, reconnaît Louis Roy. Si on ne fait que discuter des structures, la négociation va finir par se terminer d'elle-même. Il y en a d'autres qui négocient. [...] Plus on est absent, plus on risque de se ramasser avec des miettes.»

Tout en imposant les fusions d'accréditation, le gouvernement a aussi renvoyé plusieurs sujets de négociation directement au niveau local. «On recule 40 ans en arrière, alors qu'on avait réussi à centraliser la négociation», déplore Marcel Girard de la FTQ, soulignant que les discussions ne sont pas encore entamées réellement localement. «Il n'y a pas un employeur qui est prêt à négocier», fait-il valoir.

Si les parties n'arrivent pas à s'entendre après un an, un médiateur-arbitre peut entrer en jeu et trancher en adoptant soit la proposition du syndicat, soit celle de la direction.