La DPJ de Lanaudière rétablit sa réputation

La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de Lanaudière estime avoir restauré sa crédibilité en améliorant de ses services aux enfants vulnérables et à leur famille.

Cette crédibilité avait été ternie par une enquête de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse suivie d'une demande d'intervention auprès du ministre de la Santé et des Services sociaux. Une façon de faire exceptionnelle.

«Nous tenons à remercier tout le personnel qui a contribué à redresser la situation et à rétablir la confiance de la population envers les services des centres jeunesse», a indiqué, hier, dans un communiqué le directeur général de l'institution, Pierre Racette, au terme de plusieurs mois d'efforts importants alimentés par la dénonciation publique de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.

La commission, alertée par de nombreuses plaintes provenant d'établissements scolaires et d'organismes communautaires de la région de Lanaudière, avait demandé en janvier 2004 l'intervention du ministre de la Santé et des Services sociaux.

La commission a fait valoir que les normes en vigueur dans les autres régions du Québec en matière de signalements d'enfants n'étaient pas respectées dans Lanaudière et que, conséquemment, la sécurité d'enfants y était compromise.

«Cela a pour effet que des enfants échappent au filet de protection que vise à leur assurer la loi. En cours d'enquête, la commission a constaté des situations à ce point graves qu'elle a dû elle-même faire au-delà de 30 signalements», écrivait la commission en janvier 2004.

Parmi les principales lacunes observées, on comptait de nombreux cas de négligence grave et de mauvais traitements non retenus ainsi que des agressions sexuelles signalés par des tiers laissées sans suivi. Pour justifier l'absence d'intervention, les valeurs familiales, culturelles et l'origine ethnique des parents étaient évoquées.

Finalement, la commission constatait que le directeur de la protection de la jeunesse de Lanaudière recevait davantage de signalements que les autres régions québécoises, en retenait moins, en fermait davantage après évaluation et que le nombre de prises en charge était inférieur au reste de la province.

Ce qui faisait écrire au président de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, Pierre Marois, que «les listes d'attente, le manque de place et les conditions inacceptables dans lesquelles les jeunes sont hébergés sont des problèmes récurrents qui empêchent les enfants d'avoir les services auxquels ils ont droit».

Mais voilà que tout récemment, à la fin juillet, la même commission jugeait que les correctifs requis avaient été apportés et qu'il y avait amélioration de la qualité des interventions auprès des enfants et des familles de la région de Lanaudière.

Pour obtenir un tel revirement favorable, la Direction de la protection de la jeunesse de Lanaudière a analysé la charge de travail des membres de son personnel, a revu leur formation, a créé des places durables en hébergement en plus de voir à améliorer ses relations avec ses partenaires.