Économies d'énergie: Hydro-Québec plus ambitieuse

Encouragée par le succès de ses programmes d'efficacité énergétique, Hydro-Québec a décidé d'augmenter de 1,1 térawattheure (tWh) son objectif d'économie d'électricité pour la période de cinq ans allant de 2005 à 2010.

Au terme de cette période, l'entreprise de service public espère avoir fait diminuer de 4,1 tWh la demande globale d'électricité au Québec, alors que l'objectif prévu était de 3 tWh. Ce résultat équivaut à la consommation d'électricité annuelle d'une ville de la taille de Laval, a indiqué la société d'État dans un communiqué.

C'est en outre largement supérieur à la recommandation de 2,1 tWh faite par la Régie de l'énergie à l'été 2004, après le débat sur le projet de centrale thermique dans la région du Suroît.

Les nouvelles mesures, qui visent exclusivement les ménages et les grandes entreprises, coûteront environ 100 millions $ de plus à Hydro.

Au total, les investissements requis par le Plan global d'efficacité énergétique 2005-2010 (PGEE) s'élèvent donc à 1,1 milliard $ en cinq ans. Si le nouveau budget du PGEE est accepté par les autorités réglementaires, 176 millions $ seront dépensés l'an prochain.

En 2004, la consommation d'électricité des Québécois a totalisé 165,3 tWh. Elle devrait s'établir à environ 170 tWh cette année, notamment en raison de la mise en service de la phase 2 de l'aluminerie Alouette, à Sept-Iles.

Excellente nouvelle

Même s'ils croient qu'Hydro aurait pu être plus ambitieuse encore, les écologistes ont qualifié «d'excellente nouvelle» la plus récente mouture du plan. Ce document a été déposé lundi après-midi à la Régie de l'énergie.

«On est parti de 0,7 tWh et on est rendus en l'espace de deux ans à 4 tWh! Au delà des chiffres qui sont très importants, ce qu'on note le plus c'est le changement d'attitude. On sent vraiment une volonté d'aller vers ça», a souligné le coordonnateur de Greenpeace au Québec, Steven Guilbeault.

Hydro soutient que les économies d'énergie projetées lui permettront de réduire ses achats d'électricité à fort prix, notamment sur les marchés extérieurs. Cela pourrait modérer la hausse des coûts d'approvisionnement, qui se traduit généralement en augmentation de tarifs pour la clientèle.

«L'efficacité énergétique coûte moins cher que l'installation de nouveaux équipements. Et on dit souvent qu'un kilowatt économisé est un kilowatt qu'on n'a pas à produire», a fait valoir la porte-parole de la société, Isabelle Phoenix.