Le français sera bien présent aux Jeux de Turin

Paris — Lors des prochains Jeux olympiques d'hiver à Turin, les pays de la Francophonie, leurs athlètes comme leurs journalistes, devront faire des efforts pour défendre la langue française, selon Lise Bissonnette.

Nommée l'été dernier «grand témoin de la Francophonie», la directrice de la Bibliothèque nationale du Québec vient d'effectuer sa première mission dans la capitale du Piémont, pour s'assurer que la place du français sera respectée lors des JO.

Le français est, avec l'anglais, une des deux langues officielles du mouvement olympique.

Hier à Paris, la directrice de la Bibliothèque nationale du Québec a fait part de ses premières impressions au secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, qui lui a confié ce mandat. Elles sont encourageantes: à Turin, selon Mme Bissonnette, «tout semble en place pour que le français ne soit pas marginalisé», contrairement à ce qui s'était apparemment produit lors des jeux olympiques d'été à Athènes.

Qu'il s'agisse de l'accueil, des services aux athlètes, de communication ou de traduction simultanée, «les choses s'annoncent assez bien», a estimé l'ancienne directrice du Devoir, en signalant que la région de Turin, située à la frontière avec la France, était déjà passablement francophone.

Lise Bissonnette souligne toutefois que les pays de la Francophonie devront montrer à Turin qu'ils tiennent eux aussi à la langue française. Il est vrai que les athlètes et les journalistes sportifs (y compris en France) sont désormais largement bilingues et qu'ils s'accommodent souvent sans état d'âme de la prédominance de l'anglais.

Cela fait dire à Mme Bissonnette qu'on ne pourra pas, pour assurer la présence du français lors de Jeux d'hiver, se contenter de faire pression sur les organisateurs.

«Il faut regarder dans son propre jardin avant de donner des leçons, rappelle-t-elle. Il faut travailler sur la demande autant que sur l'offre, pour parler en termes économiques. À Turin, la présence de la langue française s'annonce bien, encore faut-il que les francophones la demandent et l'utilisent.»