Après le passage de Katrina et de Rita - Les évacués commencent à rentrer chez eux

Lina Nunez photographie l’intérieur de sa maison de La Nouvelle-Orléans qui a été en partie détruite par l’ouragan Katrina.
Photo: Agence Reuters Lina Nunez photographie l’intérieur de sa maison de La Nouvelle-Orléans qui a été en partie détruite par l’ouragan Katrina.

La Nouvelle-Orléans — Les digues de La Nouvelle-Orléans colmatées, la ville a pu reprendre hier ses préparatifs pour le retour de ses habitants, interrompu par le passage du cyclone Rita, moins dévastateur que Katrina qui mobilise le gros des efforts de reconstruction.

Le maire de La Nouvelle-Orléans, Ray Nagin, a annoncé son intention de rouvrir graduellement les quartiers secs de la ville en commençant hier par le quartier touristique du Vieux Carré, le quartier des affaires et le quartier résidentiel d'Algiers.

«Avec le cyclone Rita derrière nous, le travail qui nous attend est de refaire fonctionner La Nouvelle-Orléans», a déclaré M. Nagin.

Les nouvelles inondations causées par Rita dans un quartier défavorisé de la ville devraient être asséchées d'ici à une semaine, selon les militaires.

Des hélicoptères de l'armée survolaient hier les régions isolées de Louisiane durement frappées par Rita à la recherche de survivants isolés ou de cadavres.

Le président George W. Bush a déclaré hier que son administration était prête à recourir aux réserves stratégiques de pétrole du pays pour «compenser les difficultés d'approvisionnement» en pétrole brut consécutives aux cyclones Katrina et Rita.

Au Texas, les autorités contrôlaient les retours, rouvrant progressivement les villes pour éviter la formation d'embouteillages tels que ceux qui s'étaient formés durant l'évacuation la semaine dernière.

Plus d'un million de personnes étaient privées d'électricité au Texas, en Louisiane et au Mississippi sous l'effet combiné de Rita et de Katrina.

La Louisiane a demandé 250 milliards de dollars d'aide fédérale liée aux destructions de Katrina, dont 40 milliards pour financer les travaux du génie militaire sur les digues de La Nouvelle-Orléans afin de la mettre à l'abri de nouvelles inondations.

Cette enveloppe ne comprend pas les 31,7 milliards demandés dimanche par le gouverneur de la Louisiane, Kathleen Blanco, pour remédier aux effets de Rita, qui a dévasté des zones rurales de l'ouest de son État.

M. Bush s'est montré le plus présent possible durant le cyclone Rita qui a frappé la côte du golfe du Mexique ce week-end, tentant de corriger l'image d'absence qu'il avait donnée durant le passage de Katrina le 29 août.

Peu après le passage de Rita, il s'est rendu à San Antonio et Austin et à Baton Rouge.

Le bilan de Rita (neuf morts durant son passage, 25 morts durant l'évacuation) est en fort contraste avec les 1075 morts et le million de sans-abri de Katrina.

Les autorités avaient ordonné l'évacuation d'environ trois millions de personnes sur la trajectoire supposée de Rita, une décision qui explique le faible bilan, mais a mis en lumière la difficulté d'une évacuation de masse.

M. Bush en a tiré les premières conclusions dimanche à San Antonio, en estimant que «dans le cas d'une catastrophe naturelle d'une certaine taille, le département de la Défense pourrait prendre la direction des opérations pour coordonner la réponse», comparant cette mesure au dispositif qui serait mis en place en cas d'attentat.

Le directeur par intérim de l'Agence fédérale de gestion des crises, David Paulison, a voulu dimanche «féliciter la Louisiane et le Texas pour leur réponse à cette tempête». «Je suis convaincu que les évacuations étaient ce qu'il fallait faire pour éviter les pertes en vies humaines», a-t-il dit.

Rita a provoqué des dégâts minimaux dans les raffineries du golfe du Mexique. Cependant, la production de pétrole brut du golfe du Mexique était toujours totalement arrêtée hier afin de terminer l'évaluation des dégâts causés par les cyclones Rita et Katrina.