Manifestation à la Gare centrale - L'Est de Montréal réclame son train de banlieue

Le maire Gérald Tremblay est venu écouter les revendications des manifestants de l’Est de Montréal qui s’étaient donné rendez-vous, hier, à la Gare centrale pour réclamer la mise en service dans les plus brefs délais d’un train de banlieue.
Photo: Pascal Ratthé Le maire Gérald Tremblay est venu écouter les revendications des manifestants de l’Est de Montréal qui s’étaient donné rendez-vous, hier, à la Gare centrale pour réclamer la mise en service dans les plus brefs délais d’un train de banlieue.

C'était la cohue hier midi à la Gare centrale de Montréal alors que 600 résidants, gens d'affaires et maires d'arrondissement de l'Est de Montréal s'y étaient retrouvés pour réclamer du gouvernement du Québec la mise en service dans les plus brefs délais d'un train de banlieue. Les centaines de manifestants qui se considèrent comme les grands oubliés de la région métropolitaine ont pris d'assaut la station ferroviaire pour revendiquer ce qu'ils appellent une «mise à niveau» des infrastructures de transport sur leur territoire.

«Dans la grande région métropolitaine, toutes les banlieues nord et sud disposent de leur train et de leur métro. Nous, dans l'Est, nous n'avons absolument rien! Nous demandons d'être dotés des infrastructures nécessaires à un transport en commun adéquat afin d'assurer une libre circulation des marchandises et des usagers», a martelé Mario Larouche, président du Comité stratégique pour le train de l'Est qui regroupe le CLD/CDEC Anjou Montréal-Nord, la Société de développement économique Rivière-des-Prairies/Pointe-aux-Trembles et les chambres de commerce et d'industrie de l'Est de l'île de Montréal, de la Pointe-de-l'île, de Montréal-Nord et de Repentigny.

Mario Larouche a rappelé — notamment au maire Gérald Tremblay venu écouter les revendications des manifestants — que plus de 700 000 personnes et 30 000 entreprises avaient élu domicile dans l'Est de Montréal. De plus, près de 43 000 personnes se déplacent quotidiennement de l'est de la région métropolitaine vers le centre-ville, dont une bonne part dans leur propre voiture, faute de transport en commun efficace. «Or quelqu'un de Montréal-Nord mettra jusqu'à une heure et demie pour rejoindre le centre-ville de Montréal aux heures de pointe, a-t-il précisé. Pourtant, il ne vient pas de Saint-Jérôme mais d'un arrondissement de l'île de Montréal.»

Impact important

À titre de membre du conseil d'administration de la Chambre de commerce de l'Est de l'île de Montréal, M. Larouche déplore le fait que maintes entreprises du centre-ville qui envisagent de déménager en banlieue au moment de moderniser leur équipement évitent de s'établir dans l'Est de Montréal en raison de l'absence de transport en commun. «Les entreprises auraient trop de difficulté à recruter de la main-d'oeuvre. C'est donc une perte directe d'emplois pour l'Est de Montréal», a-t-il soulevé.

L'Est de Montréal, qui souffre d'un déficit non seulement du transport en commun, mais aussi du système autoroutier, propose donc que les voies ferrées qui existent déjà entre l'Assomption et la Gare centrale soient utilisées pour desservir la portion orientale de la région métropolitaine. «Le train de banlieue pourrait emprunter les installations du CN qui sont déjà en place, a-t-il expliqué. Il faudrait simplement y ajouter quelques gares et wagons supplémentaires.»

Mario Larouche, qui caresse le grand rêve de faire de l'Est de Montréal un parc industriel et résidentiel semblable au West Island, a aussi exprimé son impatience de voir la rue Notre-Dame enfin réaménagée en boulevard urbain autorisant la circulation de bus express. «Ça fait trente ans qu'on parle de ceinturer Montréal d'autoroutes. On a beaucoup de rattrapage à faire au niveau du transport dans le Grand Montréal», a-t-il lancé au moment de sauter dans le train à destination de L'Assomption.