Le Texas et La Nouvelle-Orléans tremblent - Les habitants fuient devant Rita

Des milliers d’automobilistes se sont jetés sur les autoroutes, fuyant avant que Rita ne les rejoigne.
Photo: Agence Reuters Des milliers d’automobilistes se sont jetés sur les autoroutes, fuyant avant que Rita ne les rejoigne.

Galveston — Rita, gigantesque ouragan en activité dans le golfe du Mexique, a fait trembler hier l'Amérique encore sonnée par les ravages de Katrina et a provoqué un exode massif de la côte texane, directement menacée.

Rita, qui devrait s'abattre sur la côte cette nuit ou tôt samedi, est «un ouragan majeur et potentiellement catastrophique», a mis en garde le Centre national des ouragans (NHC). La puissance de l'ouragan s'est légèrement réduite hier, passant de la catégorie maximum 5 à la catégorie 4 sur l'échelle de Saffir-Simpson, mais la tempête progresse encore et est accompagnée de vents soufflant jusqu'à 240 km/h.

Toute la journée, moins d'un mois après le passage de Katrina, la menace a fait fuir des centaines de milliers de résidants sur tout le croissant allant de Corpus Christi (Texas) à La Nouvelle-Orléans (Louisiane), provoquant des bouchons monstres.

À 21h, Rita se trouvait à 650 km au sud-est de Galveston, petit port du Texas où il devrait toucher terre si sa trajectoire se maintient. Non loin de là, soit à 80 km au nord-ouest, la grande ville de Houston pourrait subir les rafales les plus violentes.

À Galveston, site en 1900 d'un ouragan historique — de 8000 à 12 000 morts — chacun a pris la route, en voiture, à vélo ou en bus scolaire réquisitionné. Même les plus réfractaires semblent avoir obtempéré. Dans l'après-midi, la ville était évacuée à 90 %, selon un conseil ler municipal, Steve LeBlanc.

L'autoroute de la côte était bloquée sur des centaines de kilomètres et, aux sorties de Houston, que les résidants des zones inondables ont été invités à quitter, les voitures roulaient pare-choc contre pare-choc.

Le directeur intérimaire de l'Agence fédérale de gestion des crises (Fema) a exprimé son optimisme quant aux évacuations, en dépit des images d'autoroutes pratiquement transformées en terrains de stationnement. «Nous avons toujours le sentiment que nous aurons largement le temps de mettre ces gens à l'abri», a assuré David Paulison.

Tandis que planait sur le pays le spectre d'une nouvelle catastrophe humaine, écologique et financière, le président George W. Bush a assuré que les autorités «se préparaient au pire, à tous les niveaux du gouvernement».

Interrogé par la presse, le président Bush, éreinté par les critiques pour sa gestion de Katrina, a assuré que la situation était différente avec Rita: «Je pense qu'une des différences est que les gens comprennent plus clairement la nécessité d'évacuer.»

«Ensuite, nous avons l'amiral Hereth sur place... Il est là-bas au Texas, prêt à travailler», a ajouté le chef de l'exécutif, qui a lui-même prévu de se rendre dans cet État demain.

Troupes et ressources ont été prépositionnées dans la région, a indiqué M. Bush, tandis que le Pentagone a annoncé avoir dépêché au Texas des hélicoptères et des spécialistes en communication.

Après avoir effleuré Cuba et l'archipel des Keys, au sud de la Floride, Rita progresse dans le golfe du Mexique à environ 15 km/h.

Sa route pouvant toutefois dévier, une grande partie des côtes du Texas et de la Louisiane, y compris La Nouvelle-Orléans, sont considérées comme des endroits à risque.

Hier matin, le niveau de la mer était de 30 cm au-dessus de la normale le long des côtes du Mississippi et de la Louisiane, dans les régions déjà touchées par Katrina, où le ciel a commencé à se couvrir de nuages.

À La Nouvelle-Orléans, inondée à 80 % fin août, les autorités ont émis un avis de tempête tropicale et redoutent des précipitations et une montée des eaux pouvant à nouveau faire céder les digues endommagées. Ceux qui sont encore présents dans la ville dévastée ont reçu l'ordre d'évacuer.