«En ville, sans ma voiture!» - Piétons et cyclistes occupent la rue

La rue Sainte-Catherine avait fière allure hier avec ces piétons et ces cyclistes qui occupaient la chaussée, sans la partager avec les automobilistes.
Photo: Jacques Nadeau La rue Sainte-Catherine avait fière allure hier avec ces piétons et ces cyclistes qui occupaient la chaussée, sans la partager avec les automobilistes.

Pour la troisième année consécutive, piétons et cyclistes sont devenus rois et maîtres de la rue Sainte-Catherine au centre-ville de Montréal hier, à l'occasion de la journée «En ville, sans ma voiture!». De l'avis des organisateurs, l'événement a été couronné de succès et il ne fait pas de doute, pour eux, qu'on répétera l'opération l'an prochain.

En Europe, toutefois, le mouvement s'essouffle et plusieurs grandes villes, parmi lesquelles Paris, Vienne et Madrid, ont renoncé à fermer leur centre-ville aux automobilistes cette année.

Dès 9h30 hier matin, les policiers ont bouclé le périmètre délimité par les boulevards de Maisonneuve Ouest et René-Lévesque et les rues McGill College et Saint-Urbain, afin de permettre aux piétons et aux cyclistes de circuler à leur guise sur la chaussée. Pour les passants, c'était l'occasion d'en apprendre davantage sur les véhicules verts, puisqu'une partie du site avait été transformée en salle de montre en plein air. Le long du trottoir, les voitures électriques et hybrides appartenant aux parcs automobiles des Villes de Blainville, de Saint-Jérôme et de Montréal étaient sagement alignées. Des véhicules à énergie solaire, dont deux provenant du département de génie électrique de l'université McGill, complétaient la collection. Plus loin, Robin Pouliot, policier à Saint-Jérôme, faisait une démonstration de son Segway, un véhicule à deux roues à propulsion électrique et au design surprenant.

«Notre appel à la mobilisation a été fort bien reçu des Montréalais et de la population en général», a indiqué Joël Gauthier, président-directeur général de l'Agence métropolitaine de transport (AMT), qui organisait l'événement. Le laboratoire du ministère de l'Environnement a enregistré une baisse marquée du taux de pollution sur le site, a-t-il ajouté. Ainsi, les émanations de monoxyde d'azote ont chuté de 90 %, alors les émissions de monoxyde de carbone ont subi une baisse de 100 %. On a de plus estimé que le niveau de bruit était dix fois moins élevé que lors d'une journée normale.

En ce qui concerne la fréquentation du site, l'AMT avance que, à la période de pointe, soit à midi, les piétons étaient au nombre de 40 000 à avoir envahi la rue Sainte-Catherine, alors que l'an dernier on en avait compté 25 000. Même si cette journée n'a pas empêché bien des automobilistes d'utiliser leur voiture, M. Gauthier était satisfait. S'il affirme d'emblée qu'il veut répéter l'événement l'an prochain, il estime qu'il est encore trop tôt pour dire si le périmètre sera agrandi.

M. Gauthier croit que la formule choisie pour sensibiliser la population aux moyens de transport alternatifs est valable et profitable: «Ça vaut beaucoup de campagnes de publicité. On constate que la part du marché du transport en commun, qui déclinait depuis 1987, s'est stabilisée et qu'il y a une légère hausse. Est-ce que les journées comme aujourd'hui favorisent ça? Pour nous, la réponse est oui.»

En Europe, toutefois, la journée «En ville, sans ma voiture!» perd du terrain. Madrid a renoncé à fermer un périmètre aux automobilistes et aucune information particulière n'a été fournie aux habitants. En Autriche, 276 villes étaient inscrites, mais Vienne n'a pas fermé de rue car elle a gardé un mauvais souvenir des embouteillages records occasionnés par la fermeture de quelques boulevards en 2004. En France, seules dix villes ont participé à l'édition 2005 de l'événement, contre 99 en 2002. À Paris, l'administration du maire socialiste Bertrand Delanoë a invoqué le désengagement du gouvernement pour expliquer le refus de la Ville de participer à l'événement.