Le pont Jacques-Cartier fermé pendant 12 heures - Libéré, Srougi s'en prend à la magistrature

La justice familiale est corrompue à la moelle, et des pères victimes des machination ourdies par des juges partiaux sont sur le point de commettre un massacre d'une ampleur comparable à la tuerie de Columbine.

Dans l'esprit d'Andy Srougi, ce père de famille désespéré qui a passé 13 heures au sommet du pont Jacques-Cartier, le système est pourri. L'homme âgé de 39 ans s'est lancé dans une charge à fond de train contre les juges et avocates corrompus qui ruinent la vie des pères et de leurs enfants dans les causes de divorce, hier, lors de son enquête sur remise en liberté. Si les palais de justice ont été épargnés d'une tuerie, c'est bien parce que son organisation, Fathers for Justice, réussit à retenir ces pères aigris.

«Il y a des juges corrompus», a lancé M. Srougi, qui ne digère pas d'avoir perdu la garde de ses deux enfants lors de son divorce. «J'aurais eu plus de justice en Afghanistan», a-t-il dit, accusant son ex-femme d'avoir fabriqué de fausses déclarations à son égard.

En dépit de ce discours aux accents paranoïdes, le juge Gérard Girouard a remis M. Srougi en liberté, dans l'attente de son procès sous quatre accusations de méfait public, d'avoir mis la vie des gens en danger, d'entrave à un agent de la paix et de complot pour commettre un acte criminel, soit la fermeture du pont. Son présumé complice, Stéphane Dubé, subira lundi son enquête pour remise en liberté.

Le juge Girouard s'est dit confiant que M. Srougi allait renoncer aux actes de désobéissance civile. L'accusé s'est d'ailleurs excusé auprès du grand public pour sa conduite de lundi dernier. La fermeture du pont Jacques-Cartier pour la journée a causé un embouteillage monstre et perturbé la routine quotidienne de milliers d'automobilistes. M. Srougi, le coordonnateur canadien de Fathers for Justice, a enjoint aux membres du groupe, présents par dizaines au palais de justice de Longueuil, de ne pas l'imiter.

Le juge a passé son message au groupe avant de remettre M. Srougi en liberté. Bloquer les ponts ne constitue pas un bon moyen d'obtenir l'appui de la population, a-t-il dit. «C'est extraordinaire qu'il n'y ait pas eu de violence. À un moment donné, les citoyens auraient pu perdre patience», a lancé M. Girouard.

Andy Srougi a enfin profité de sa comparution pour réclamer de nouveau la mise en tutelle du Barreau et du Conseil de la magistrature, de même que la tenue d'une commission royale d'enquête sur l'administration de la justice. Il reviendra en cour le 14 novembre. D'ici la fin de son procès, il lui est formellement interdit de participer à des actes de désobéissance civile ou d'encourager les membres de Fathers for Justice à en faire autant.