Vioxx: Merck est responsable d'un décès

Angleton — Un tribunal texan a estimé hier que la multinationale pharmaceutique Merck était responsable du décès d'un homme qui avait pris son anti-inflammatoire Vioxx, et accordé 253,4 millions $US de dommages et intérêts à sa veuve.

La firme, dont l'action a perdu 3,3 % à la Bourse de New York après l'annonce du verdict, compte faire appel.

Robert Ernst est mort dans son sommeil en 2001 d'une arythmie cardiaque. Il prenait du Vioxx depuis huit mois pour apaiser des douleurs aux mains. Durant le procès, l'avocat de Carol Ernst a estimé que Merck a oublié sa mission sanitaire et préféré rechercher des profits à tout prix, provoquant la mort de certains patients.

Merck connaissait parfaitement les risques du Vioxx depuis des années et a seulement retiré le médicament du marché l'année dernière après la publication d'une étude qui a publiquement établi les risques d'attaque cardiaque, a ajouté l'avocat.

David Kiernan, avocat de Merck, a lui insisté sur les bienfaits du médicament et les précautions du fabricant. Il a expliqué que la mise au point du Vioxx avait débuté en 1991 et que le médicament avait réduit de moitié les saignements d'estomac, potentiellement mortels, provoqués par d'autres produits comme l'aspirine.

Le médicament a subi quelque 58 tests cliniques impliquant 10 000 patients avant d'être introduit sur le marché, a-t-il précisé, soit plus que les recommandations de la FDA, l'agence sanitaire américaine.

L'accusation a notamment attaqué le p.-d.g. de Merck Ray Gilmartin, décrit comme le premier patron ni médecin ni scientifique de la multinationale et qualifié d'«homme d'affaires formé à Harvard».

Le procès qui s'est tenu à Angleton, à 60 km au sud du Houston, s'était ouvert à la mi-juillet. Cette affaire marque peut-être le début de nombreux procès pour Merck, qui doit faire face à plus de 4200 plaintes aux États-Unis. Des poursuites ont également été engagées contre la multinationale au Canada, en Europe, au Brésil, en Australie et en Israël.