Prochaine navette dans l'espace - Objectif: mars 2006

Washington — L'agence spatiale américaine (NASA) a décidé de reporter, au plus tôt à mars 2006, le lancement de la prochaine navette, initialement prévu en septembre, selon un communiqué publié hier.

«La NASA vise maintenant mars 2006 comme date de lancement de la prochaine mission de la navette spatiale, STS-121», indique-t-elle.

«La navette Discovery sera utilisée pour cette mission au lieu de la navette Atlantis», a-t-elle aussi annoncé.

Le 11 août, la NASA avait indiqué que le prochain lancement d'une navette dans l'espace ne se ferait probablement pas en septembre, les ingénieurs tentant de comprendre pourquoi un morceau d'isolant s'est détaché de Discovery, 30 mois après qu'un débris de même nature eut causé la perte de Columbia.

Discovery avait décollé le 26 juillet et son retour s'est bien passé le 9 août, malgré de nombreux incidents techniques, dont le plus grave, la perte d'un morceau isolant du réservoir externe pendant le lancement, a donné des sueurs froides à la NASA. Les équipes d'experts penchées sur ce problème «font de très bons progrès. Mais nous n'avons pas terminé», a déclaré à la presse Bill Gerstenmaier, un administrateur adjoint pour les opérations spatiales de la NASA.

Pour sa part, le chef de la NASA, Michael Griffin, a expliqué à la presse que les responsables de l'agence spatiale avaient opté pour la prudence pour fixer la date de lancement de la prochaine navette.

«C'est la raison pour laquelle nous avons retenu la fenêtre de mars, afin de nous donner suffisamment de temps, nous l'espérons, pour évaluer où nous en sommes», a-t-il déclaré.

Dans un communiqué, la NASA a indiqué que le changement d'orbiteur pour la mission prévue en mars permettrait d'utiliser la navette Atlantis pour la mission suivante de ravitaillement de la Station spatiale internationale, les équipements à transporter étant trop lourds pour la navette Discovery.

Revenant sur les problèmes posés par les débris provenant de l'isolant en mousse du réservoir extérieur principal, M. Griffin a regretté que les ingénieurs de la NASA n'y aient pas prêté attention pendant des années.

«À tort ou à raison, et visiblement je devrais dire à tort, nous à la NASA avons laissé, pour notre honte, passer 113 missions avant d'examiner à fond le pourquoi de ces débris», a-t-il déclaré lors de cette conférence de presse à Washington.

Il a toutefois nié que la NASA traverse une «crise de confiance» en répondant aux sévères critiques lancées contre l'agence la veille par sept membres du groupe consultatif (qui en comptait au total 23) ayant été chargé d'évaluer la conformité de la NASA aux recommandations du comité d'enquête de l'accident de Columbia.

«Il est très possible, comme certains de ces commentaires l'indiquaient, que nous ayons encore certains problèmes à régler, et c'est à quoi nous nous sommes attelés depuis deux à trois ans [après l'accident de Columbia]».