Écrasement mardi dans le nord-ouest du Venezuela - L'enquête commence

À la morgue de Maracaibo, hier: «Collaborer de toutes les manières possibles.»
Photo: Agence Reuters À la morgue de Maracaibo, hier: «Collaborer de toutes les manières possibles.»

Maracaibo — Des experts venus de France et qui ont obtenu toute latitude du gouvernement vénézuélien pour travailler ont commencé hier à participer à l'identification des corps et à une enquête sur les causes du crash d'un avion colombien, dans lequel sont morts 152 Français mardi dans le nord-ouest du Venezuela.

Le vice-président vénézuélien José Vicente Rangel a assuré au ministre français de l'Outre-Mer, François Baroin, qui a effectué hier une visite-éclair au Venezuela, que son pays entendait «collaborer de toutes les manières possibles» avec la France. M. Baroin a précisé que, dans le cadre d'une information judiciaire ouverte par le parquet de Fort de France, les juges d'instruction désignés pourront coopérer avec les autorités judiciaires de Maracaibo (550 km de Caracas), la plus grande ville proche des lieux de l'accident.

Selon le ministre, les familles des victimes, toutes martiniquaises, qui revenaient d'une semaine de vacances à Panama, se rendront demain à Maracaibo, où une chapelle ardente sera dressée.

Une équipe de 12 experts en identification judiciaire du ministère français de l'Intérieur est arrivée hier à Maracaibo avec quatre tonnes de matériel réfrigérant et un laboratoire mobile d'analyses.

Elle a rejoint une cellule de soutien psychologique française qui prépare l'arrivée des familles ainsi que des techniciens et ingénieurs du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) de l'aviation civile française.

Ces experts participeront à l'analyse des boîtes noires afin de faire la lumière sur les causes de cette catastrophe, la plus meurtrière de l'histoire en ce qui concerne le nombre de victimes françaises.

L'avion, un biréacteur McDonnell Douglas MD-82 de la compagnie colombienne West Caribbean, s'est écrasé après être descendu en piqué à une vitesse de 2000 mètres par minute à la suite d'une avarie sur ses deux réacteurs. Des experts à Paris ont formulé l'hypothèse d'un problème de carburant.

Mais le directeur de l'aviation civile de Panama, Tomas Paredes, a assuré hier que le combustible fourni à l'avion accidenté était de bonne qualité et non pollué.

La compagnie West Caribbean, qui a suspendu ses vols jusqu'à nouvel ordre mercredi, est sur la sellette, de même que les services de l'aviation civile de Colombie, soupçonnés de laxisme par la presse locale. Sur les lieux du crash, à 170 km de Maracaibo, militaires, agents de la protection civile et de la Croix-Rouge continuent de ratisser la plaine marécageuse où est tombé le biréacteur de la compagnie colombienne West Caribbean. Selon le directeur de la protection civile vénézuélienne, Antonio Rivero, 95 % des corps ont été récupérés mais les cadavres, même identifiés, ne peuvent pas être remis aux familles tant que tous les restes humains n'ont pas été retrouvés.

Il a expliqué que les secours sur place «passent au peigne fin toute la zone, au niveau du sol, sous l'eau dans une zone marécageuse où se mêlent plantes et débris de l'avion» et ont trouvé hier «deux cadavres et d'autres restes humains».

Les corps de quatre des huit membres d'équipage colombiens ont été identifiés et leurs familles comptent les rapatrier dans les prochains jours à Medellín, la deuxième ville de Colombie, dont la plupart étaient originaires.

Devant la morgue de Maracaibo, l'odeur des corps en décomposition est insupportable. Une maternité proche a été évacuée et la zone a été fumigée par avion. Toutes les personnes participant à la récupération ou au transfert des corps sont vaccinées.