XXe Journées mondiales de la jeunesse à Cologne - Benoît XVI passe l'examen haut la main

Benoît XVI à son arrivée à Cologne, hier. Le pape a fait allusion à ces personnages de la religion populaire en saluant «tout particulièrement les jeunes venus de l’Orient, comme les mages».
Photo: Agence Reuters Benoît XVI à son arrivée à Cologne, hier. Le pape a fait allusion à ces personnages de la religion populaire en saluant «tout particulièrement les jeunes venus de l’Orient, comme les mages».

Cologne — Le pape Benoît XVI a noué hier un contact sympathique avec les dizaines de milliers de pèlerins des XXe Journées mondiales de la jeunesse à Cologne (ouest de l'Allemagne), pour son premier voyage à l'étranger marqué par un discours au ton chaleureux mais exigeant.

Un peu voûté, l'air intimidé et ému, l'ancien cardinal allemand Joseph Ratzinger, âgé de 78 ans, est descendu de son avion sous les cris de joie d'une délégation de jeunes qui scandaient «Benedetto», nom du pape en italien. Les pèlerins ont réitéré ce refrain dans l'après-midi lorsque le souverain pontife a descendu le Rhin en bateau pour se rendre à la célèbre cathédrale de Cologne, qui abrite depuis le XIIe siècle des reliques attribuées aux Rois mages.

Benoît XVI a fait allusion à ces personnages de la religion populaire en saluant «tout particulièrement les jeunes venus de l'Orient, comme les mages», dans son discours prononcé en cinq langues (allemand, anglais, espagnol, français et italien) durant sa croisière. La grande croix que Jean-Paul II avait confiée en 1984 aux jeunes, qui est devenue depuis la croix des JMJ et qui devait présider cette descente du Rhin à l'avant du bateau, s'était brisée sous l'effet du vent avant l'arrivée du souverain pontife. Elle a été réparée et remise sur pied.

«Je salue avec affection ceux qui parmi vous ne sont pas baptisés, ne connaissent pas le Christ et ne se reconnaissent pas dans son Église», a ajouté le pape. Il leur a demandé avec «insistance» d'ouvrir leur coeur à Dieu «en ces jours bénis de partage et de joie». «Faites l'expérience libératrice de l'Église», a souligné le souverain pontife. Pendant cette croisière d'une petite heure sur le Rhin, les ponts étaient coupés à la circulation et aux piétons, provoquant d'importants embouteillages, au point que les gens sortaient de leur véhicule à l'arrêt.

Des dizaines de milliers de jeunes, certains les pieds dans l'eau, ont fait, au passage du bateau, une ovation à Benoît XVI, qui répondait par des gestes de la main mais paraissait parfois las, tassé dans son fauteuil.

L'enthousiasme n'a pas atteint celui qui marquait les rencontres entre Jean-Paul II et les jeunes catholiques, certains se montrant déçus d'un contact trop lointain.

Le porte-parole du Vatican, Joaquin Navarro-Valls, a expliqué hier soir que Benoît XVI donnait beaucoup de place à la parole alors que Jean-Paul II en accordait beaucoup aux gestes. «Ce sera un pontificat d'idées et de paroles». Le bain de foule le plus chaleureux s'est produit après son pèlerinage à la cathédrale, lorsqu'il a parcouru la vieille ville dans sa papamobile, entouré d'un service d'ordre très dense, au milieu des hurlements de joie et de drapeaux du monde entier.

Contrairement à son prédécesseur Jean-Paul II, le pape n'a pas baisé le sol à son arrivée pour ce voyage de quatre jours, dont la coïncidence d'un calendrier établi de longue date fait qu'il a lieu dans son pays natal.

Évoquant «la République fédérale d'Allemagne qui m'est si chère», le pape a fait l'éloge des «grands objectifs sociaux, économiques et culturels qui ont été atteints», qui ont profité «aux autres peuples du continent». Il a salué la contribution des penseurs chrétiens allemands à la culture européenne. Le président allemand a déclaré qu'aujourd'hui «il est bon d'expérimenter la foi et la religion comme moyen de paix et d'humanité», à une époque «où tant d'hommes ont peur d'une terreur exercée pour des motifs prétendument religieux».

La visite de Benoît XVI jusqu'à dimanche a été placée sous haute sécurité: quelque 4000 policiers et 4000 vigiles privés sont mobilisés en ville où la circulation était très difficile. Des milliers de jeunes sont arrivés hier à Cologne, s'ajoutant aux quelque 405 000 jeunes se trouvant déjà depuis quelques jours dans la cité rhénane.