Prolongement de l'autoroute 25 - Le MAM signale son opposition

Les adversaires au prolongement de l'autoroute 25 vers Laval semblent avoir trouvé un nouvel allié au sein même du gouvernement. En effet, à l'instar de la Ville de Montréal, le ministère des Affaires municipales et de la Métropole (MAMM) ne cache pas être «préoccupé» par le projet que concocte le ministère des Transports du Québec (MTQ).

À la suite du dépôt, l'an dernier, de l'étude d'impact du projet, le ministère de l'Environnement a demandé aux ministères et organismes concernés de donner leur avis sur ledit document, comme l'oblige la loi en pareilles circonstances. Le 15 novembre, le MAMM faisait parvenir sa réponse: «[Le ministère] est préoccupé par l'évaluation des impacts de l'amélioration du réseau routier prévue sur les déplacements des résidants de la Rive-Nord vers l'Île de Montréal et, en conséquence, sur le développement de l'est de la Communauté urbaine de Montréal, sur la consolidation de l'agglomération et sur la pression au développement urbain de la zone agricole.»

Le MAMM explique à cet égard que le projet «devra être apprécié» en regard des orientations gouvernementales que l'on retrouve dans le cadre d'aménagement métropolitain rendu public en juin 2001.

L'ennui, c'est qu'il s'agit du prolongement d'une autoroute et de la construction d'un pont liant l'île de Montréal à un secteur non développé de Laval alors que le Cadre d'aménagement est sans équivoque: il vise à freiner l'étalement urbain, susciter et soutenir une forme urbaine privilégiant une utilisation accrue du transport en commun et des modes alternatifs ainsi qu'une réduction de l'utilisation de l'automobile.

C'est pour cette raison que le MAMM, sous la plume de l'urbaniste Benoît Bossé, indique sans détour que «le ministère des Transports aurait intérêt à exposer les solutions de rechange qu'il a examinées et écartées avant de retenir le prolongement de l'autoroute 25 comme solution privilégiée pour remédier aux problèmes identifiés».

Des questions sans réponse

Lors de l'étude environnementale d'un projet, une telle question posée au promoteur doit absolument trouver réponse. Dans le document Réponses aux questions et commentaires transmis par le ministère de l'Environnement publié en février dernier, le MTQ se voit donc dans l'obligation de répliquer au MAMM. Le hic, c'est qu'il ne répond pas à la question.

Certes le MTQ tente-t-il de justifier son projet et d'exposer son analyse de la gestion de la demande. Mais jamais n'aborde-t-il la question de front. Les solutions de rechange examinées et écartées sont absentes du document.

Joint par téléphone, hier, le directeur territorial Laval-Mille-Îles du MTQ, Pierre Fabi, a reconnu que la réponse était un peu «générale». «Il y a eu une rencontre subséquente lors de laquelle on a explicité davantage», a-t-il précisé.

Ainsi, le MTQ aurait étudié la possibilité de construire un pont à petit gabarit pour parachever l'A-25 et ainsi faire de ce tronçon un boulevard urbain similaire à Pie IX ou à Papineau. Mais en regardant sur un horizon de 15 à 20 ans les effets sur la circulation et le taux d'accidents moindre constaté sur un boulevard, le MTQ aurait abandonné l'idée.

En outre, M. Fabi croit que le projet s'inscrit très bien dans les orientations du Cadre d'aménagement puisqu'il favorisera à terme, croit-il, une utilisation accrue du transport en commun, surtout lorsque la ligne bleue sera prolongée jusqu'à Anjou, a-t-il conclu.