Colombie-Britannique - Internet pour porter plainte contre la police

Vancouver — À Vancouver, un nouveau site Internet offre aux citoyens qui en ont contre la brutalité policière la possibilité de prendre les choses en main s'ils estiment que leurs plaintes ne sont pas prises au sérieux.

Le site permet de dénoncer publiquement les policiers corrompus ou violents, en les identifiant par leur numéro d'insigne.

Le Work Less Party, un parti politique dûment enregistré en Colombie-Britannique, a construit le site dans l'espoir qu'il soit imité dans d'autres villes et attire l'attention sur ce qu'il considère comme de la corruption policière. Selon le parti, des organismes de Victoria et de Los Angeles s'intéressent à cette initiative, qui suscite l'intérêt et les éloges des groupes de défense des droits civils.

«Qui sait, peut-être qu'un site Internet comme celui-ci pourrait révéler des tendances intéressantes susceptibles d'être d'intérêt public (...)», commente Jason Gratl, le président de l'Association des libertés civiles de la province.

Le Work Less Party souhaite que la police prête attention au site et réalise que la population ne fait pas confiance au processus actuel de plaintes, par lequel la police enquête sur elle-même. «Nous espérons que si nous recueillons suffisamment de plaintes en ligne, la police regarde nos données et se dise "OK, le système ne fonctionne pas: nous devons avoir un enquêteur externe pour étudier certaines plaintes"», a affirmé le porte-parole du parti, Conrad Schmidt.

Un groupe de défense juridique à but non lucratif, le Pivot Legal Society, soutient que la commission des plaintes contre la police n'est pas transparente, et déplore que les gens qui portent plainte n'aient pas accès au dossier de l'enquête.

Mais la police de Vancouver affirme que les allégations qui seront publiées sur ce site ne seront pas prises au sérieux, et que les incidents en question ne feront pas l'objet d'enquêtes. «Si les gens ont des plaintes légitimes, ils devraient les soumettre à la police ou au bureau du commissaire aux plaintes contre la police», a indiqué le porte-parole Tim Fanning.

M. Schmidt a admis que les informations diffusées sur le site Internet de son parti ne sont évidemment pas vérifiées, mais il a expliqué que le parti n'avait pas les ressources ou l'autorité pour le faire.