Le nombre de Canadiens qui se défendent en cour sans avocat serait alarmant

Vancouver — Le nombre de Canadiens qui se défendent eux-mêmes en cour, sans avocat, s'accroît à un rythme alarmant, ce qui a des conséquences graves pour les citoyens et pour le système judiciaire, estime la juge en chef de la Cour suprême, Beverley McLachlin.

«Les juges canadiens signalent que de plus en plus de leurs causes sont menées sans représentation juridique», a déclaré samedi la juge McLachlin, dans le cadre d'une conférence de l'Association du Barreau canadien.

«C'est un problème difficile pour la justice. C'est un problème difficile pour les avocats. C'est un problème difficile pour les Canadiens qui ne peuvent se permettre, et ne peuvent obtenir, les conseils et l'aide juridique dont ils ont besoin.»

L'augmentation du nombre de personnes qui se défendent elles-mêmes est particulièrement troublante dans les cas de droit de la famille, croit la juge en chef.

Causes

Le coût élevé des consultations juridiques, la faible disponibilité d'avocats offrant leurs services bénévolement et des services d'aide juridique inadéquats sont des facteurs limitant tous l'accès du public à la représentation juridique, déplore la juge en chef.

L'absence de représentation juridique freine les procédures dans les tribunaux: les juges sont forcés d'informer les plaideurs sur des questions légales et sur leurs droits.

On dispose de peu de données sur le nombre de personnes qui se défendent seules au Canada. Pour avoir une idée plus précise de l'ampleur du problème, le Conseil canadien de la magistrature entreprend une étude visant à recueillir de l'information sur le nombre de Canadiens qui se retrouvent en cour sans avocat.

Mme McLachlin a appelé le gouvernement fédéral à consacrer plus d'argent aux programmes d'aide juridique et a invité les avocats à trouver du temps pour promouvoir une réforme juridique et pour offrir leurs services bénévolement.