Journées mondiales de la jeunesse - Benoît XVI entrevoit un nouvel élan pour l'Église d'Europe

Cité du Vatican — Le pape Benoît XVI espère que les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) de Cologne redonneront la foi aux chrétiens en Europe, continent malade car «en phase d'autoaccusation», a-t-il déclaré dans une interview à Radio Vatican, la première de son pontificat.

L'objectif idéal des JMJ est «qu'un vent de foi nouveau passe sur la jeunesse, surtout sur la jeunesse allemande et européenne», a-t-il affirmé au cours de cet entretien, réalisé samedi et rendu public hier.

«Nous sommes tellement occupés à résoudre des problèmes structurels que nous n'avons plus l'enthousiasme et la joie qui viennent de la foi», a-t-il déploré.

«Si cette bouffée air parvenait à donner un nouvel élan à l'Église d'Allemagne et de toute l'Europe, nous pourrions dire que les Journées mondiales de la jeunesse ont atteint leur objectif», a-t-il estimé, selon la traduction fournie par le Vatican.

«Une rencontre de ce genre, entre des personnes qui viennent de tous les continents, devrait donner un souffle nouveau même au vieux continent qui l'accueille», a-t-il expliqué.

«Cela devrait nous aider à regarder ce qu'il y a de malade, de fatigué, de raté dans l'histoire européenne. N'oublions pas que nous sommes dans une phase d'auto-commisération et d'autoaccusation», a-t-il souligné, invitant l'Europe à «retrouver ses racines» et «reconnaître les sources de sa foi».

Premier voyage à l'étranger

L'entretien, le premier accordé par Benoît XVI depuis son élection le 19 avril, a été réalisé samedi dans sa résidence d'été de Castelgandolfo, près de Rome. Son interlocuteur était le responsable des programmes en allemand de Radio Vatican, le père jésuite Eberhard von Gemmingen, et l'entretien s'est déroulé en allemand.

Près de 400 000 jeunes chrétiens venus du monde entier se retrouvent du 16 au 21 août aux Journées mondiales de la jeunesse à Cologne, où ils ont rendez-vous le 18 avec le pape, qui fait dans son pays natal son premier voyage à l'étranger depuis son élection le 19 avril.

Benoît XVI s'est déclaré «très heureux d'aller à Cologne, parce que la providence a voulu que mon premier voyage à l'étranger me conduise justement en Allemagne. Je n'aurais jamais osé l'organiser moi-même. Rencontrer les jeunes c'est toujours beau, parce que même s'ils ont de nombreux problèmes, ils portent en eux une grande espérance, tant d'enthousiasme, des attentes», a-t-il affirmé.

«Je voudrais leur faire comprendre que c'est beau d'être chrétien [...] et que l'Église n'est pas un plat devenu insipide sans cesse réchauffé», a-t-il insisté.

«L'idée largement répandue est que les chrétiens doivent obéir à d'innombrables commandements, interdits, principes [...] et que par conséquent le christianisme est épuisant, difficile à vivre et qu'on est plus libre sans tous ces fardeaux», a-t-il reconnu.