Pas question de déficit fédéral - Manley croit avoir l'appui de Chrétien

Ottawa — Le vice-premier ministre et ministre des Finances, John Manley, a affirmé hier qu'il bénéficierait sans doute de l'appui du premier ministre Jean Chrétien s'il refusait d'augmenter ses dépenses pour éviter de faire un déficit.

Lors d'une entrevue au réseau de télévision CTV, M. Manley a même dit qu'il «obtiendrait un aller simple pour les ligues mineures», s'il n'équilibrait pas son premier budget à titre de ministre des Finances. «Je fais assez confiance au premier ministre pour penser qu'il ne me forcera pas à prendre cette voie-là», a-t-il ajouté.

Vendredi, Manley avait déclaré que le gouvernement fédéral ne ferait pas de déficit, en dépit des demandes du premier ministre qui souhaite augmenter le financement des services sociaux.

Certains avaient alors laissé entendre que la prudence de Manley allait à l'encontre de la volonté de son chef. L'on s'attend en effet à ce que Jean Chrétien profite du discours du trône, prévu pour le 30 septembre, pour annoncer un important programme de dépenses dans les services sociaux.

John Manley estime cependant qu'il est encore trop tôt dans l'année fiscale pour évaluer de quelles sommes le gouvernement disposera pour son prochain budget. C'est sous la gouverne de Jean Chrétien que le Canada a renoué avec l'équilibre budgétaire, a-t-il ajouté. De plus, après les importantes compressions du milieu des années 1990, le premier ministre a rejeté toutes les demandes de ses ministres qui souhaitaient plus d'argent pour leurs projets.