La cathédrale de Valleyfield incendiée - Le curé de la paroisse prêche par l'exemple en sauvant plusieurs éléments

Le feu a pris naissance hier matin dans la partie centrale de la toiture métallique.
Photo: Jacques Nadeau Le feu a pris naissance hier matin dans la partie centrale de la toiture métallique.

Vitraux brisés, toiture complètement ravagée: les dégâts sont considérables. Les pertes matérielles se chiffreront par millions de dollars, mais rien ne remplacera le patrimoine authentique de l'une des plus grandes cathédrales du Canada. Valleyfield porte aujourd'hui le deuil de son symbole religieux, qui avait déjà brûlé en 1933.

Le feu a pris naissance hier matin, peu après 8h, dans la partie centrale de la toiture métallique de la basilique-cathédrale de Salaberry-de-Valleyfield.

On ne connaît pas encore les causes exactes de l'incendie. Cependant, comme en a témoigné le curé de la cathédrale, Mgr Hubert Julien, «on a été avertis de l'incendie par un ouvrier qui travaillait sur le toit ce matin. Il découpait une petite tuile avec une torche lorsque le feu a pris. Il a tenté de l'éteindre avec sa chemise».

Alors que les flammes semblaient être maîtrisées à l'arrière du bâtiment autour de 15h, elles ont repris en fin d'après-midi à la hauteur des deux clochers, rendant l'accès à l'intérieur toujours impossible. On ignore donc toujours l'ampleur des dégâts, les pompiers devant se battre à tout prix pour éviter l'effondrement du toit: «C'est une situation très délicate», a déclaré M. Ménard, directeur de la prévention des incendies de Valleyfield. «La toiture est doublée d'une couche de béton qu'il faut s'efforcer de maintenir à basse température pour éviter qu'elle ne s'effrite et s'écrase, mettant en danger la stabilité des clochers.»

Cependant, le pire a pu être évité. Si les vitraux représentant les apôtres et les figures majeures de l'histoire de l'Église depuis la création du Québec semblent bel et bien perdus, d'importantes pièces, dont des bibles datant du Moyen Âge, ont pu être sauvées par les pompiers. La cathédrale renfermait depuis novembre dernier plus de 400 bibles rassemblées par l'abbé Yves Abran. Des pièces d'une valeur énorme, dont une reproduction de la Bible de Gutenberg.

Depuis le 19 juillet, de nombreuses statues et icônes de la vierge Marie, exposées dans la cathédrale, étaient venues s'ajouter aux sculptures sur bois de Léo Arbour représentant les martyrs et bienheureux canadiens.

Plusieurs éléments ont été récupérés grâce aux efforts des membres de la paroisse, conjugués à la bravoure de Mgr Julien: «Dès mon arrivée, vers 8h15, je suis entré dans la sacristie pour y récupérer une quarantaine d'objets, dont des mitres, des cadres-souvenirs et mon calice ainsi que celui de Mgr Cyr [évêque du diocèse].»

Septembre semble être un mois maudit pour Valleyfield, qui connaît ainsi le deuxième incendie majeur de sa cathédrale. Le premier avait eu lieu le 21 septembre 1933, réduisant l'édifice en poussière. Spectateur impuissant pour une seconde fois, Mgr Marcel Lauzon, 89 ans, se souvient de ces mots confiés par l'évêque d'alors, Alfred Langlois: «On bâtira une très belle cathédrale pour remplacer celle qui brûle!»

L'actuel édifice avait été inauguré le 24 juillet 1935 par le cardinal Villeneuve. Hier soir, la structure de pierre était restée intacte, et Mgr Julien comptait bien la rénover à l'identique, sur la base notamment des nombreuses photos des vitraux dont il dispose.