Quatre autres jours de grève dans les garderies

Si les négociations n’aboutissent pas à un règlement au cours des prochains jours, les services de garde seront paralysés une fois de plus durant quatre jours.
Photo: Jacques Nadeau Si les négociations n’aboutissent pas à un règlement au cours des prochains jours, les services de garde seront paralysés une fois de plus durant quatre jours.

Les parents vont retenir leur souffle cette semaine. Les syndiquées des Centres de la petite enfance (CPE) membres de la CSN menacent de récidiver avec quatre autres journées consécutives de grève la semaine prochaine. Une lueur d'espoir pointe cependant à l'horizon: le gouvernement et les représentants syndicaux reprennent les pourparlers cet après-midi.

La CSN s'était retirée de la table de négociations jeudi dernier, jugeant que l'offre du gouvernement sur l'équité salariale ne constituait pas une base de négociations acceptable. Les 7000 éducatrices de 310 CPE ont déclenché vendredi une grève de trois jours qui se poursuit aujourd'hui.

Les négociations reprendront cet après-midi. Au cabinet de la ministre de la Famille Carole Théberge, on soutient cependant qu'il n'y a pas de nouvelle proposition sur la table pour l'instant. On discutera plutôt d'éléments qui n'avaient pas été débattus lors de la dernière séance. «C'est déjà un pas important [que les pourparlers reprennent]. Je l'ai dit et répété la semaine dernière: c'est en continuant le dialogue que nous pourrons en arriver à un règlement satisfaisant pour les deux parties. Je reçois cette nouvelle très positivement et je me réjouis de constater que le syndicat a répondu favorablement à notre invitation», a déclaré la ministre Carole Théberge par voie de communiqué hier soir.

À son cabinet, on juge qu'il serait «déplorable» que les syndiqués en viennent à mettre en application leur grève de quatre jours, prévue de mardi à vendredi prochain.

Le vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Jeff Begley, soutient que l'heure de vérité a sonné: «La question est simple: est-ce que le gouvernement injecte l'argent pour refléter la vraie valeur du travail ou non», a-t-il soutenu, notant que le terrain a déjà été «déblayé» pour le reste de la négociation. Il précise que le gouvernement et le syndicat ne s'entendent pas sur l'endroit où classer les éducatrices dans la courbe de salaires comprise entre les préposés à l'entretien et les contremaîtres, les emplois typiquement masculins utilisés comme base de comparaison.

L'offre du gouvernement amènerait le salaire horaire d'une éducatrice de 18,36 $ à 19,55 $ (en haut de l'échelle salariale), alors que le syndicat exige 21,78 $. M. Begley souligne que les salaires des autres corps d'emploi tels que les cuisinières et les responsables de l'entretien ne seraient pas majorés en vertu de la proposition de Québec. «Tout émane du fait qu'on surévalue le travail du contremaître. Si on ne résout pas ce problème, le règlement va être très difficile», ajoute-t-il.

Reconnaissant que les moyens de pression causent des maux de tête aux parents, M. Begley fait valoir que les éducatrices renoncent de leur côté à sept jours de paie en trois semaines, à l'aube des vacances d'été. «S'il n'y avait pas d'inconvénient, ce ne serait pas un moyen de pression efficace. [...] On ose espérer que le gouvernement va comprendre le sérieux de la situation», laisse-t-il tomber.

En mettant la grève en veilleuse jusqu'à la semaine prochaine, le syndicat estime laisser une chance à la négociation. «Si [le gouvernement] veut régler, il y a un espace pour le faire. S'ils ne sont pas sérieux, ils ne nous laissent pas d'autre choix que d'utiliser la banque de quatre jours de grève», fait valoir M. Begley, qui n'écarte pas la possibilité que les syndiquées se dotent de nouveaux mandats de débrayage.

Amorcés en 2000, les travaux sur l'équité salariale font suite à un premier redressement des conditions de travail des éducatrices en 1999. Le gouvernement et le syndicat devront également s'entendre sur les salaires et les avantages sociaux. Sur ce dernier point, on soutient à la CSN que les travaux sont déjà considérablement avancés et qu'un règlement pourrait survenir rapidement une fois réglé le litige sur l'équité salariale.