Hippodromes à vendre

Québec a calculé avoir englouti quelque 300 millions de dollars dans l’industrie des courses de chevaux entre 1997 et 2002 et veut s’assurer que l’avenir de ce secteur sera désormais assuré par le secteur privé.
Photo: Agence Reuters Québec a calculé avoir englouti quelque 300 millions de dollars dans l’industrie des courses de chevaux entre 1997 et 2002 et veut s’assurer que l’avenir de ce secteur sera désormais assuré par le secteur privé.

Québec — Après des mois d'attente et d'incertitude, les entreprises intéressées à mettre la main sur les quatre hippodromes du Québec pourront enfin rédiger leur proposition cet été, à la suite de l'appel d'offres qui sera lancé en juillet.

C'est ce qu'a confirmé hier le ministre des Finances, Michel Audet, qui espère céder au secteur privé ces quatre équipements, en bloc, avant la fin de l'automne.

Dans son appel d'offres, Québec demandera aux éventuels acquéreurs de s'engager à soutenir financièrement l'industrie de l'élevage des chevaux de course, une industrie en difficulté.

Québec a calculé avoir englouti quelque 300 millions de dollars dans cette industrie entre 1997 et 2002 et veut s'assurer que l'avenir de ce secteur — qui emploie au moins 3000 personnes en région — sera désormais assuré par le privé.

Cela fait près de deux ans que le gouvernement Charest promet une décision imminente dans ce dossier.

Québec vise donc à céder à un entrepreneur la gestion des hippodromes de Montréal, Québec, Gatineau et Trois-Rivières, mais surtout à lui confier la survie, voire le développement, de cette industrie, moribonde depuis des années.

«Des investissements devront être [...] maintenus, soutenus et renforcés à l'industrie des chevaux de course, pour maintenir l'industrie en très bonne santé», a déclaré le ministre Audet, lors d'un point de presse.

Pour ce qui est de l'emplacement de l'Hippodrome de Montréal (Blue Bonnetts), celui-ci sera vendu et l'équipement sera réimplanté au nord de Montréal.

Pour aider l'acquéreur à renflouer les coffres des éleveurs, on transférera, comme prévu, 1500 appareils de loterie vidéo dans les salons de jeux des hippodromes, une précieuse source de revenus pouvant atteindre quelque 30 millions annuellement.

Les salons de jeu seront gérés par Loto-Québec. Les appareils de loterie vidéo installés dans ces salons proviendront des bars, où l'offre de jeu sera réduite d'autant. Par ailleurs, 750 autres appareils seront retirés de la circulation.

Les soumissions présentées seront évaluées par un comité d'experts indépendant, a assuré le ministre Audet lors d'un point de presse. Ce comité devra remettre son rapport au ministre d'ici le 30 septembre.

Le ministre a demandé à la Société nationale du cheval de course (SONACC), l'organisme sans but lucratif chargé depuis 1999 de développer l'industrie, de participer à la rédaction de l'appel d'offres. Le président du conseil d'administration de la SONACC fera partie du comité d'experts.

Le sort réservé à la SONACC une fois le processus de transfert au privé complété, demeure nébuleux. Normalement, la société devrait être abolie, mais le ministre jongle avec l'idée de la maintenir en lui confiant un mandat de promotion.

Deux entreprises ont déjà manifesté de l'intérêt pour les hippodromes: la québécoise Remstar et l'ontarienne Magna, qui se sont montrées prêtes à investir plus de 100 millions chacune. M. Audet disait hier que d'autres entrepreneurs avaient manifesté de l'intérêt pour ces équipements. La valeur marchande des quatre équipements n'a pas été mentionnée.